la lanterne de diogène

23 avril 2017

Si l’on parlait du Vénézuéla ?

Ben oui, tiens, puisqu’on peut pas parler politique en ce jour de scrutin présidentiel.

Venezuela

Apparemment, rien que de très anodin. En plus, c’est bien pour l’ouverture d’esprit dont fait preuve Inter. Sauf qu’on ne parle du Vénézuéla, en France, que depuis que M. Mélenchon a fait connaître son intérêt pour son gouvernement qui a choisi de nationaliser les ressources naturelles, et donc le pétrole, et de redistribuer la rente à la population plutôt que de verser des dividendes à des étrangers qui n’investissent pas au Vénézuéla ; ni ailleurs.

Le Vénézuéla et la caricature de son ancien chef d’État, le Président Chavez, par les journalistes, a servi, au fil des ans, à discréditer le projet politique de M. Mélenchon. Quelle que soit l’émission, quel que soit le sujet, on ne manque jamais de l’interroger sur le Vénézuéla afin de convaincre le public qu’il soutenait un dictateur militaire et une politique démagogique puisque contraire aux nouveaux dogmes de l’ultralibéralisme et de la mondialisation.

Pourquoi cet acharnement contre la démarche politique de M. Mélenchon ? Tout simplement parce qu’elle met en cause le bipartisme qui a la faveur de la corporation journalistique. Le bipartisme est plus simple à commenter et favorise une alternance tranquille qui change les têtes mais pas la politique générale. Que survienne un intrus et il serait alors nécessaire de procéder à des analyses, des comparaisons. Qu’à cela ne tienne ! Il suffit qu’un seul journaliste épluche un programme ou, plus simplement encore, n’écoute un propos en direct pour qu’aussitôt, on en extraie un propos, une petite phrase qui va coller à la peau de l’intrus et qu’on ne manquera pas de rappeler. Le Vénézuéla de Chavez remplit cette fonction. Désormais, M. Mélenchon est lié irrémédiablement au Vénézuéla dont tout le monde se fiche par ailleurs, comme on se fiche de tout pays situé à cette distance. Il suffit de voir l’intérêt pour la Guyane, pourtant département français, pour réaliser que l’intérêt pour le Vénézuéla voisin n’apparaît que pour combattre M. Mélenchon. Comme il a de bonnes chances de figurer au deuxième tour, malgré toutes les attaques dont il fait l’objet de la part des médias, il y avait urgence, ce matin de premier tour d’inviter un spécialiste, peu sûr de lui, multipliant les « euh » pour asséner un coup contre un candidat alors que la campagne est terminée et que les bureaux de vote viennent d’ouvrir.

Alors, ceux qui crient à « radio bolcho » en parlant d’Inter doivent être satisfaits ce matin. La rédaction des journaux du matin des samedi-dimanche a bien jouer en proposant un sujet sur un pays dont « la situation est préoccupante » mais dont personne ne se préoccupe jamais, sauf pour dégommer M. Mélenchon. Les pays latins sont connus pour exceller dans l’art de contourner les règles. Les journalistes viennent de nous montrer comment ils se jouent de la règle d’égalité du temps de parole entre les candidats. Restait à nous montrer comment ils se jouent de la fin de la campagne. C’est chose faite. Comme La Fontaine qui utilisait les animaux pour faire la satire de la société, les journalistes se servent du Vénézuéla pour critiquer le candidat Mélenchon. Bien sûr, ils n’ont pas le talent du fabuliste mais le résultat risque d’être aussi efficace.


19 avril 2017

...à l'image d'Astérix

Quand je dis qu’Astérix est plus sûrement notre ancêtre que les Gaulois !

Je viens de faire un test proposé par GÉO et voici ce qu’ils écrivent : « Vous avez bien l’esprit français ! Et même gaulois, à l’image d’un irréductible petit guerrier gueulard ! C’est un esprit libre et rebelle, volontiers râleur et insatisfait, mais aussi farouche défenseur des droits de l’homme et pétri de bonne volonté. Bon vivant doté d’un sens aigu de la justice (…) »

Autrement dit, plus que le caractère français voire franchouillard, on a la description enjolivée d’Astérix ou, plutôt, de son village tel que présenté dans la page de garde. Le village qui résiste à l’envahisseur romain.

asterix_to_the_rescue_map

 

On sait que la vérité historique est tout autre et même complexe. Pour simplifier, il suffit de rappeler qu’il n’existait pas d’entité appelée « Gaule » qui correspondrait à la France actuelle mais des tribus éparses et se combattant. Encore une fois Gossiny a inventé ce village improbable pour s’affranchir de la réalité historique et dépeindre la France dans laquelle il évoluait en la transposant dans une autre époque. Le succès de la série est tel que, désormais, Astérix est tenu pour la vérité historique : bagarreur, râleur, gros mangeur, tricheur mais aussi sympa et surtout, surtout, RÉSISTANT. Alors que le souvenir de l’occupation était encore prégnant dans la société française du début des années 1960, cet aspect faisait oublier de façon bien commode les jours sombres de la collaboration.

Revenons un instant sur la tricherie. La potion magique, au départ, n’est qu’une facilité dont la BD use et abuse pour sortir son héros d’une situation impossible. Rocambole est le modèle du genre mais il ne pouvait plus être recopié. De même, les auteurs ne pouvaient pas recourir au super-héros à cape, pouvant voler, car trop marqué par la BD étatsunienne. La potion magique est un coup de génie. Certains y ont vu la parodie du « système D » à la française. Nous y voyons plutôt la tricherie caractéristique des pays latins. Il y a quelques années, un ancien international de rugby expliquait que, dès qu’un nouvelle règle apparaissait, aussitôt les Français élaboraient des stratégies pour la contourner ou faire semblant de l’appliquer. D’où, les nombreuses fautes sifflées contre les Français au Tournoi des 5 nations (à l’époque) et en rencontres internationales en général. D’ailleurs, les parties contre les équipes latines telles que l’Argentine ou l’Italie sont redoutées par tous, non pas à cause du niveau de ces équipes mais de l’anti-jeu pratiqué et toujours à la limite de la faute. Comme, au départ, Astérix se voulait avant tout une BD humoristique et parodique, on pouvait allègrement passer outre la faute, d’autant qu’Astérix s’en sert toujours pour la bonne cause. Il doit délivrer quelqu’un ou sauver une vie. La morale est sauve car, en plus de leur arrogance proverbiale, de leur complexe de supériorité, les Français se targuent d’agir toujours dans le sens de la morale.

 

Astérix chez les Bretons

 

 http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2015/04/29/31974721.html

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2013/11/12/28414433.html

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2012/06/03/24406971.html

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2016/10/27/34488646.html

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2016/09/22/34354667.html

 

Posté par la colere à 10:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 avril 2017

Regard sur la campagne 2017

D’abord, il faut rappeler que l’élection présidentielle est la plus populaire avec les élections municipales. Dans les deux cas, il s’agit de choisir un chef. Il faut croire que pour l’humain, rien n’est plus important. On ironise sur notre constitution qui ne fonctionne plus mais, force est de constater que l’humain a besoin d’un chef et qu’il préfère pouvoir le choisir mais s’accommode, finalement, quand on le lui impose. Le rôle du député n’est pas bien connu. Pour beaucoup, il ne sert à rien, il est grassement payé et trouve le moyen de dormir ou de s’absenter lors des débats à l’Assemblée. Pour la plupart, le député, l’élu en général est perçu comme celui qui va faire avancer un dossier et, surtout, réparer les erreurs et les injustices de l’administration. Concrètement, on va surtout le voir pour obtenir un logement et la crise a encore amplifié cette tendance. Ne parlons même pas des autres élus qui sont vus comme des intermédiaires entre le Président de la République, chef suprême, et le maire, chef de la tribu. Il suffit de voir ce qui s’apprête à se passer, un peu plus loin, en Turquie, pour être convaincu de ce besoin d’un chef fort.

Changer la Constitution, comme le réclament quelques candidats, vise, avant tout à réduire le pouvoir du chef suprême et renforcer celui du peuple par l’intermédiaire des législateurs et, directement, par le recours au référendum. Seulement, on voit bien que le peuple français demeure profondément monarchiste. À droite, on essaie de retrouver la figure royale et notamment dans son rôle de défenseur des privilèges de la classe supérieure. À gauche, où l’on se targue d’avoir aboli la royauté et mis Dieu sous le boisseau, on pratique volontiers le culte de la personnalité. Dans les deux cas, on met en avant un individu, un homme jusqu’à maintenant. Ce n’est pas l’affaiblissement du rôle du Président que veulent les partisans des candidats favorables à une nouvelle constitution soutiennent et encore moins le renforcement des partis politiques. C’est seulement l’arrêt de la casse de la protection sociale dont on a vu, à la faveur des derniers épisodes de la crise, qu’elle a permis de limiter les dégâts. Dans un sens, ce n’est peut-être pas aussi bien qu’il paraît. Un choc aurait provoqué des émeutes et hâté les changements et adaptations au monde actuel. Le changement de constitution intéresse peu ceux-là même qui vont voter pour. Les citoyens ont des préoccupations concrètes et veulent un homme fort pour résoudre leurs problèmes quotidiens.

 

Les dernières années ont été marquées par la montée en puissance de la finance internationale qui se joue des traités et des législations nationales. L’argent n’a pas d’odeur et n’a pas plus de patrie. Il est piquant de constater que la plupart des onze candidats à la Présidence déclarent ouvertement leur volonté de combattre les diktats de la finance internationale. Outre les deux candidats d’extrême-gauche, on trouve aussi les fameux « petits candidats » : MM. Chaminade, Lassale, notamment, auxquels s’ajoute M. Mélenchon. Ça fait déjà cinq ! Restent deux candidats ouvertement favorables à la finance, MM. Fillon et Macron, auxquels on peut ajouter ceux qui n’en parlent pas beaucoup mais dont on devine qu’ils ne renverseraient pas la table s’ils parvenaient à la Présidence. Si les candidats qui font campagne contre la finance internationale sont tout juste majoritaires parmi l’ensemble des candidats, on peut, au moins, se réjouir que le sujet apparaisse comme un thème majeur de la campagne. Maintenant, quand on comptabilise le nombre de candidats qui appellent à réformer l’Union Européenne parce que, justement, elle favorise la loi des marchés, des bourses, des banques, des actionnaires et de la finance, on arrive à un total de huit ou neuf candidats. Or, si le rôle de la finance n’apparaît pas clairement pour tout le monde, la gouvernance de l’UE est plus évidente et le rejet qu’elle produit est désormais majoritaire, malgré la caricature qui en est faite par les commentateurs.

Les commentateurs, justement, ont obtenu, après quinze ans de lutte acharnée, « l’équité des temps de parole » des candidats à la présidence. Ils s’arrogent ainsi le pouvoir de décider quels sont les candidats intéressants. Ils mettent en avant leur rôle de journalistes qui leur vaut compétence pour juger du sérieux des programmes et de ceux qui les portent. C’est ainsi qu’ils justifient le battage autour de la candidature de M. Macron (surtout au début) sur la nouveauté que sa démarche représente. Détenteurs de la parole, ils ont réponse à tout et, surtout, ont toujours le dernier mot.

Ils pestent parce que, malgré tout, il reste encore deux semaines (au lieu de cinq jusqu’à présent) où tous les candidats doivent être traités à égalité. Pourtant les journalistes ont déjà trouvé les parades pour contourner la règle. Si l’on prend Inter, on remarque que les « petits candidats » sont relégués dans des formats de dix minutes, à 6 h 20, 7h 50 ou le samedi matin. La règle oblige à ce que tous les candidats bénéficient du même temps de parole pendant la même tranche horaire. Qu’à cela ne tienne ! Les candidats qui sont plébiscités (pour ne pas dire favorisés) par les médias audio-visuels sont accueillis par « l’interviewer » vedette de la chaîne. En général, il s’agit du créneau de 8h 20 à 8h 30, largement dépassé sur Inter. Pour faire bonne mesure, Inter a inventé « l’interview grand format », c’est à dire que l’entrevue commence à 7h 50, s’arrête à 8h pour parler d’autre chose puis reprend à 8h 20 avec une petite pause de 6 mn pour la revue de la presse et l’on passe aux questions des auditeurs et des autres journalistes présents. Au passage, notons que, au milieu des années 1970, France-Inter, alors encore dans l’ORTF, avait inventé « les petits-déjeuners » avec la même formule d’entrevue entrecoupée par les journaux parlés. Rien que du réchauffé, donc. Sur BFM/RMC, l’invité intervient peu après 8h 30 avec M. Bourdin.

On verra après le scrutin que les temps de paroles ne sont pas égaux mais il sera trop tard et, gageons que les directeurs des rédactions ont déjà préparé leurs arguments pour justifier l’inégalité et l’iniquité. Ne parlons même pas de la différence de traitement. Du temps de Mme Pascale Clark, elle ne cachait pas son mépris pour les « petits candidats ». D’une manière générale, on leur pose des questions creuses ou anecdotiques qui ne permettent pas aux candidats de présenter leurs propositions ni, encore moins, de développer leurs arguments.

 

Pourtant, le débat à onze diffusé sur BFM et RMC a montré que le public a apprécié l’égalité de temps de parole entre tous les candidats. Il a découvert, à cette occasion, que les « petits candidats » n’étaient pas des farfelus mais des personnes qui connaissent la vie et qui dénoncent, à l’instar de chacun d’entre nous, les difficultés du quotidien. Le seul moment où le public présent dans le studio a manifesté, a été pour applaudir M. Poutou lorsqu’il envoyé dans les cordes l’arrogant M. Fillon, toujours prompt à défendre l’ordre établi mais qui ne s’applique pas à lui-même les contraintes qu’il promet de renforcer. De la campagne, on retiendra, outre la montée tranquille de M. Mélenchon, la formule de M. Poutou : « nous n’avons pas d’immunité ouvrière ». Cette petite phrase montre de façon éclatante la différence de traitement entre les citoyens. L’homme de la rue se voit soumis à de nombreuses lois et règlements auxquels il ne peut échapper, tandis que les défenseurs de la finance s’en affranchissent et trouvent ça tout à fait normal. Cette différence de traitement (comme la différence de traitement entre les candidats) est devenue insupportable. Le problème, c’est que ceux qui protestent sont partagés entre le dégoût et la recherche de pureté. Les deux conduisent à l’abstention. De l’autre côté, entre ceux qui trouvent l’inégalité de traitement tout à fait justifiée parce qu’ils en profitent ou qu’ils relèvent de la servitude volontaire et ceux qui sont résignés (ça sera pas mieux avec les autres), on a toujours une majorité molle qui entretient le système. Tout ça pour dire que c’est pas gagné mais c’est aussi ce qu’on pensait en 2005.

 

Enfin, dans la logique des critiques contre le succès du débat à onze, les commentateurs répètent à l’envi que les programmes des candidats sont vides. Là encore, c’est contredit par labase. Rarement on a eu autant de propositions. Les uns proposent de combattre et taxer la finance, donc. D’autres de sortir de l’UE quand d’autres encore proposent de renégocier les traités. Des candidats proposent de sortir de l’euro ou encore d’en changer le fonctionnement. Beaucoup de candidats parlent d’écologie et pas seulement le seul candidat écologiste en mesure de l’emporter, à savoir M. Mélenchon. Lui et d’autres proposent d’en finir avec cette constitution, soit-disant à bout de souffle. Chacun s’entend poser la question destinée à le piéger et montrer la maîtrise du sujet par le journaliste : comment allez-vous financer cette mesure ? Chaque fois, le candidat, quel qu’il soit, répond par une solide argumentation qui, bien sûr, n’est jamais reprise. Enfin, il y a le seul véritable candidat sans programme, le sourcilleux M. Fillon qui ne propose que d’abroger les lois qui protègent les citoyens, de ne pas remplacer les fonctionnaires, de ne pas dépenser et de régresser à la situation d’avant-guerre où tout le monde devait se débrouiller par ses propres moyens pour s’en sortir. Il ne propose, cependant pas, de relever l’ intérêt du livret d’épargne à 6 % (par exemple). Donc, avec lui, il faudrait se débrouiller avec les banques, les assurances privées mais avec des bas salaires et sans pouvoir compter sur l’épargne. Pourtant aucun commentateur ne s’avise de le dire ou de le laisser entendre. On ne sait jamais, des fois qu’il gagnerait.

 

Cette longue tirade entend mettre en évidence le pouvoir de prescription des commentateurs. On savait déjà que, beaucoup d’électeurs sont influencés par le quantitatif. Il suffit de voir, dans des réunions où il faut voter (associations, assemblées de copropriétaires, partis politiques etc.) comment des gens qui sont indécis ou qui ne savent pas quoi faire votent avec le groupe le plus nombreux. Au niveau d’un pays, c’est pareil. Et puis, personne n’aime être dans la minorité sans pouvoir être entendu ; sauf à disposer de la force. Donc, forcément, on a tendance à voter pour celui qui est en tête ou celui dont on annonce la montée. Inversement, on baissera les bras si son champion baisse dans les sondages, quand bien même il reste en tête. Concernant MLP, la réponse donnée aux sondeurs a toujours fait l’objet de tripatouillages. Autrefois, on surestimait les intentions de vote en avançant que les sondés n’osaient pas avouer leur préférence. À force, devant le succès sondagier, on n’hésitait plus à rejoindre un groupe porté par les sondages. Or, maintenant, c’est tout le contraire. On n’a plus peur d’afficher son intention de voter pour MLP qui a, par ailleurs, recentré son discours et argumenté ses propositions. Nombre d’entre elles figurent dans d’autres programmes (on nous dit que les candidats n’ont pas de programme). On en arrive à considérer comme acquis qu’elle sera au second tour, quoi qu’il arrive mais qu’elle y sera battue. Rien n’est moins sûr. Nombre de sondés répondent, à présent, qu’ils voteront MLP/FN pour adresser un avertissement à la classe politique en général. Rien ne dit qu’on reverra le coup de 2002 où nombre d’électeurs avaient voté LP persuadés qu’il ne parviendrait pas au second tour. Reste que nombre de personnes se situent dans la prophétie auto-réalisatrice. Par conséquent, rien n’est joué. Il faut simplement être attentif à ce qui ressort de l’humeur de la population : le rejet de l’inégalité de traitement devant la Justice, devant la police, devant l’administration ; le dégoût des partis politiques organisés pour alterner au pouvoir sans souci d’améliorer le quotidien des citoyens, au contraire ; le besoin d’être protégés contre les violences physiques, l’arbitraire des conseils d’administration des grandes sociétés et son corollaire, les licenciements, contre la détérioration de l’environnement, contre les maladies et les conséquences de la vieillesse. Pour la première fois, sans doute, le scrutin est ouvert et c’est ce qui dérange les journalistes qui font tout pour encourager la bipolarisation et l’alternance tranquille. Cette fois, il y a de réels possibilités de changements.

Posté par la colere à 12:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

09 avril 2017

MÉLENCHON à Marseille pour la PAIX et l'HARMONIE AVEC LA NATURE

Mélenchon 3

Mélenchon 6

à Marseille

la fierté retrouvée d'être Français

 

Mélenchon 8 - mélenchon président !

Mélenchon Président !

 

Mélenchon 11

L'olivier

nouvel emblème de la campagne des insoumis

à côté de la lettre grecque FI (France insoumise) symbole de l'harmonie

 

Poème de Yannis Ritsos lu par Jean-Luc Mélenchon

Le rêve de l’enfant, c’est la paix.
Le rêve de la mère, c’est la paix.
Les paroles de l’amour sous les arbres
c’est la paix.

Quand les cicatrices des blessures se ferment sur le visage
         du monde
et que nos morts peuvent se tourner sur le flanc et trouver
         un sommeil sans grief
en sachant que leur sang n’a pas été répandu en vain,
c’est la paix.

La paix est l’odeur du repas, le soir,
lorsqu’on n’entend plus avec crainte la voiture faire halte
         dans la rue,
lorsque le coup à la porte désigne l’ami
et qu’en l’ouvrant la fenêtre désigne à chaque heure le ciel
en fêtant nos yeux aux cloches lointaines des couleurs,
c’est la paix.

La paix est un verre de lait chaud et un livre posés devant
         l’enfant qui s’éveille.

Lorsque les prisons sont réaménagées en bibliothèques,
lorsqu’un chant s’élève de seuil en seuil, la nuit,
à l’heure où la lune printanière sort du nuage
comme l’ouvrier rasé de frais sort de chez le coiffeur du quartier,
         le samedi soir
c’est la paix.

Lorsque le jour qui est passé
n’est pas un jour qui est perdu
mais une racine qui hisse les feuilles de la joie dans le soir,
et qu’il s’agit d’un jour de gagné et d’un sommeil légitime,
c’est la paix.

Lorsque la mort tient peu de place dans le cœur
et que le poète et le prolétaire peuvent pareillement humer
le grand œillet du soir,
c’est la paix.

Sur les rails de mes vers,
le train qui s’en va vers l’avenir
chargé de blé et de roses,
c’est la paix.

Mes Frères,
au sein de la paix, le monde entier
avec tous ses rêves respire à pleins poumons.
Joignez vos mains, mes frères.
C’est cela, la paix.

Yannis Ritsos (1909 - 1990)
Texte traduit du grec par l'auteur,
Revue Europe, août-septembre 1983
in Guerre à la guerre - Éditions Bruno Doucey - octobre 2014

http://litterauteurs.canalblog.com/archives/2014/11/11/30919286.html

 

01 avril 2017

11ans !

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. L’an dernier, pour les dix ans, j’avais prévu de faire le point ; d’autant que le blog battait tous ses records de fréquentation. Tu penses : sans pub, sans notoriété, sans réseau, plus de 300 visiteurs nouveaux chaque semaine et pour lire les sujets les plus variés et les plus improbables.

11-ans-packshot

Je suis toujours navré de voir que les articles qui m’ont demandé le plus de recherche, le plus de réflexion, le plus d’originalité ; les articles qui dont je suis le plus fier, sont justement ceux qui ne sont lus. D’un autre côté, la critique des médias et, notamment d’Inter cartonnent sans que ça soit lié à l’actualité ou à une publication récente. Les cinquante ans de France-Inter sont toujours aussi lus. Pour avoir récemment assisté à l’enregistrement du « Jeu des milles € », j’ai pu constater que le public vient uniquement parce qu’il se passe quelque chose dans le village mais ne connaît rien, ni du jeu, ni de la station. En attendant que commence la sélection des candidats, les gens consultent leurs smartphones : « Dis-donc, ça fait plus de 50 ans que ça existe France-Inter ! » ou bien « Ils mettent que c’est le jeu radiophonique le plus anciens. Avant ça s’appelait le Jeu des mille francs... » etc. La population en âge de travailler et venant avec des enfants adolescents a toujours connu les radios locales et les radios commerciales. Ils ne savent rien des radios généralistes qui se partageaient l’audience, il y a plus de trente ans...Dommage que les patrons de ces vieilles radios ne l’aient pas compris et s’abritent derrière les résultats trompeurs de l’audience qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne reflètent en rien la réalité sur le terrain.

Et puis, il y a toujours l’article qui a le plus de succès depuis sa publication : « Il pleut ». Comprenne qui pourra.

Par conséquent, l’auteur se lasse. Désormais les réactions à chaud se font davantage sur les « réseaux sociaux » que sur les blogs qui pallient l’impossibilité de publier, sous forme de livre, les écrits souvent talentueux des blogueurs. Donc, le rythme de publication va encore baisser et ce, d’autant plus que ceux qui étaient les destinataires de ce blog, au départ, ne le fréquentent plus depuis longtemps et que j’ai établi d’autres relations avec les visiteurs les plus anciens et les plus fidèles. Certains (il se reconnaîtra) m’ont tendu une main secourable et amicale quand j’en avais besoin. Je me dois de faire encore quelque chose pour récompenser la fidélité. De nos jours, les choses évoluent très vite. Il y a 11 ans, les ordinateurs personnels (parfois portables) équipaient la plupart des foyers. C’était déjà une révolution quand on pense qu’il y a un peu plus de quinze ans, c’était encore rare et, ceux qui étaient « branchés » allaient au cyber-café ou dans des grands centres qui proposaient des dizaines de postes, très bien connectés. Ça, c’était dans les grandes villes. Pour communiquer, toucher un public plus large, se faire des amis, on créait un blog. Aujourd’hui, les PC se vendent encore pour les particuliers mais mal. Les PC portables tendent à disparaître des grandes enseignes de distribution. Tout le monde possède un smartphone et joue avec ses pouces pour voir les informations qu’on obtenait sur un écran de 40 cm de long. D’autres préfèrent la tablette. Les services publics et même certaines entreprises proposent des applications pour communiquer avec leurs clients via les smartphones. En très peu d’années, ce qui semblait une tendance lourde s’avère à bout de souffle. Les choses vont très vite. Il n’y a que la classe politique qui ne le comprend pas et surtout la partie qui est au service de la finance internationale qui, elle, l’a très bien compris mais fait durer le système pour en tirer les bénéfices jusqu’à la dernière goutte.

Cette année, la fréquentation a baissé de moitié mais je communique autrement et de façon plus interactive. C’est toujours ce que je regrette avec ce blog, le peu de commentaires. Donc, je m’adapte.

 

 

Posté par la colere à 11:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,


Des services publics : l'excellence (3)

Si la France est le pays le plus visité au monde, ça n’est pas seulement parce que c’est un beau pays. Des beaux pays, il y en a d’autres et où l’on est autrement mieux accueilli qu’en France. Les étrangers viennent massivement en France parce qu’ils savent trouver une qualité de vie qui n’existe nulle part ailleurs. Ils savent compter sur des divertissements de qualité qui ne sont possibles que parce que la culture est subventionnée : musées, spectacles, cinéma, monuments historiques, festivals d’été. Partout des fonctionnaires assurent le bon accueil ou le bon fonctionnement. Autre particularité française, le nombre de bénévoles qui s’affairent pour rendre possible tout cela. Les visiteurs savent aussi pouvoir compter sur un réseau de santé publique performant en cas de problème. Ils savent que la sécurité est assurée : en ville, sur route, à la plage, à la montagne. Ils savent qu’ils peuvent se déplacer partout dans de bonnes conditions. Et il y a peu de pays dans le monde où l’on trouve tout ça en même temps. Si, comme telle est la tendance, on devait employer de plus en plus l’imparfait, ça serait catastrophique pour ceux qui vivent en France mais aussi pour tout le secteur du tourisme. Ça n’est pas en placardant des affiches publicitaires à l’étranger ni en diffusant des vidéos pour vanter la France que les touristes vont venir. Tout le monde connaît la France. Si la France continue de perdre ce qui fait son charme, sa qualité de vie, parce que, pour des raison dogmatiques, on affaiblit ses moyens et ses leviers, on affaiblit un État fort et performant (en le rendant impuissant), les étrangers ne viendront plus aussi nombreux.

france-rendez-vous-en-france

Nous avons vu que certains services publics font tout pour diffuser l’idée qu’ils ne sont plus là pour rendre service mais pour commercialiser des produits dans leur « boutique ». Les employés ne doivent plus paraître comme des fonctionnaires mais comme des « commerciaux », et pas seulement pour faire sauter le verrou du CDI. Ces services publics ont honte de leur héritage, de leurs valeurs et veulent contribuer à diffuser cet égoïsme mondialisé qui veut mettre les pays en concurrence, les populations en concurrence et les individus en concurrence avec leurs semblables. Chacun est appelé à se débrouiller pour se soigner, pour se déplacer, pour sa retraite, pour l’aide aux anciens et au petits. Chacun est incité à écouter les conseils de ces « commerciaux » rémunérés à l’acte et qui cherchent à placer leur produit phare. La notion de solidarité, de nation, même, est mise en cause par cette évolution lente qui s’appuie sur les instruments de propagande que sont les médias aux mains des groupes financiers ou industriels (dont Bouygues) en reconversion. D’abord, on recourt à l’argument spécieux : la situation est grave, l’État coûte cher. Ensuite, vient la solution : quittez le navire tout seul, vous occupez pas des autres et confiez nous vos sous. Tous les jours des chroniqueurs viennent nous convaincre qu’il faut abandonner toute idée de collectivité. Ils sont relayés par les humoristes chargés de ringardiser les valeurs qui ont fondé les nations et particulièrement la France issue des Lumières.

À l’occasion du choc que représente l’actuelle mutation du monde et de chacun de ces composants – nations, individus, entreprises, collectivités – les puissances financières tentent d’imposer leurs intérêts à des individus désemparés, des collectivités affolées, un personnel politique dépassé. Pourtant, chaque soubresaut de la crise, chaque nouveau choc (crise de l’énergie, crise de l’immobilier, crises financières) met en évidence que ce sont les valeurs de solidarité, coordonnées par des pouvoirs publics forts (l’État) qui ont permis de limiter les dégâts et éviter aux plus vulnérables de rejoindre la cohorte de ceux qui sont à la rue et, qui plus est, aux responsables de ces crises de se renforcer grâce aux aides de l’État. Normalement, les services publics ne sont pas là pour renflouer les erreurs de gestion et les prises de risques des entreprises privées. Ils ne sont pas là non plus pour assurer le SAV de l’inconséquence de la recherche du profit à tout prix. Les services publics contribuent à une réelle qualité de vie et à faire que chacun voie dans l’autre, non pas un adversaire à éliminer mais un semblable qui partage le même sort sur bien des points de vue.

 

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2010/11/05/19521460.html

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2016/11/24/34604174.html

france tourisme

25 mars 2017

Il y a 10 ans...

DSC04827

c'était le bonheur

DSC04830

Posté par la colere à 17:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Des services publics : le reniement (2)

 

Malgré tout, tous les services publics ne se valent pas. J’ai aussi été confronté à l’incompétence et à des réponses non avenues. À la poste, le guichetier n’a pas su me répondre et est allé chercher un supérieur. Jusque là, rien à dire, au contraire. Ça évite les fameux « Je veux parler à un responsable ! ». Retour avec un rendez-vous avec un « conseiller en patrimoine » dont on me dit qu’il est « encore au-dessus du conseiller financier ». Rendez-vous pris pour passer une heure avec lui, pour une simple démarche administrative qui m’a, finalement, pris moins de cinq minutes par téléphone (temps d’attente non compris). Pourquoi ?

ptt-oiseau-bleu-1960

Simplement, parce que, depuis plusieurs années, La Poste fait tout pour casser son image de service public et notamment celui de distribuer le courrier. Bien sûr, la poste doit faire face à la baisse du volume échangé (dû à l’Internet après le fax et au téléphone mobile) et la concurrence des messageries privées étrangères qui ont racheté celles qui existaient ici. On comprend qu’il faille trouver des solutions pour éviter les licenciements massifs. Le bureau de poste de quartier ou de village aurait pu se transformer en maison des services publics et proposer le fameux « guichet unique » pour offrir un accès aux services à ceux qui ne peuvent pas se déplacer (vieux, handicapés et tous ceux qui n’ont pas de véhicule) puisqu’il disposait du local, du réseau, du personnel et du matériel ; donc pas d’investissement massif mais une extension de l’affectation. Au lieu de ça, chaque conférence de presse donne lieu à un exposé où l’on nous annonce tout ce que La Poste ne veut plus faire et qu’on attend d’elle et où l’on nous annonce tout ce qu’elle va faire et qu’on ne lui demande pas. À un moment, les bureaux de postes vendaient des jouets et l’espace dévolu au services habituels s’en trouvait réduit de moitié. Ensuite, on nous a imposé les automates : « ah, mais ça, il faut le faire avec la machine là-bas. Venez, je vais vous montrer comment on fait ». Pourquoi ne pas le faire, alors ? Non, La Poste ne veut plus qu’on demande aux guichetiers de faire le travail pour lequel ils ont été (bien) formés ! Si d’aventure vous avez besoin d’un timbre (ou d’un carnet), le guichetier est obligé de vous dire « vous savez que nous vendons des enveloppes pré-timbrées ? ». Comme s’il était ardu de coller un timbre sur une enveloppe.

La Poste veut surtout mettre en avant « la Banque Postale ». Finis les mandats, les chéquiers mêmes ! La poste (pardon, la banque postale) vend des produits financiers. Fini le « Livret A », d’ailleurs, il ne rapporte plus rien puisque, officiellement, les prix n’augmentent plus. Un conseiller financier va vous inciter à placer votre pognon péniblement gagné dans des portefeuilles d’actions. Si ça fait comme les actions de France-Télécom où les petits porteurs ont été floués avec les changements de nom et la filialisation… La « Banque Postale » développe ses assurances et, si possible, pas avec la CNP mais des partenaires du privé. Et puis, quand on vient signaler un sinistre, c’est comme pour remplir un formulaire : « Ah, mais, pour ça, il faut appeler un numéro de téléphone... ». Drôle d’assureur qui ne reçoit pas ses assurés quand ils ont besoin. La Poste veut se placer dans les télécom et, si possible pas avec son ancien partenaire des PTT, France-Télecom devenu Orange.

Le secteur financier des PTT s’était développé grâce à son réseau de bureaux de proximité. C’était justement la force des chèques postaux (CCP) par rapport aux autres banques ; et puis, ils ne payaient pas l’envoi des relevés de compte. Avec le gros Barre, on a mis fin à ces arrangements. Les CCP ont dû passer un accord avec La Poste (bien mentionné sur les enveloppes) et la poste a été tenue de fermer de plus en plus de bureaux. Ces dernières années, on a demandé aux mairies, aux bistrots, aux épiciers de bien vouloir faire un peu de place chez eux pour mettre une balance et une caisse afin d’assurer les services postaux de base.

Grâce à l’Union Postale Internationale (qui a adhéré à l’ONU à sa création), on pouvait utiliser des « post-chèques » dans le monde entier et retirer facilement de l’argent lors de déplacements à l’étranger. Il suffisait de se rendre au bureau de poste de la ville où l’on était. Ça marchait bien. Les immigrés pouvaient envoyer des mandats jusque dans leurs villages, au pays. Ça marchait bien. Eh bien non ! Maintenant, la poste travaille pour le compte de son concurrent, Western Union qui, justement, ne disposait pas d’un réseau aussi complet. Je crois que ça s’appelle « la concurrence libre et non-faussée ». C’est le service public qui se met au service d’entreprises privées. Après, on dira que les services publics marchent mal. Marchent tellement mal que les boites privées se servent d’eux pour se développer alors qu’ils ne le pouvaient pas tout seuls.

Si l’on se rend sur le site internet de La Poste, on trouve « la boutique » et « mon panier », comme sur les sites de vente par correspondance. Surtout, faire oublier qu’on est un service public qui fonctionne avec l’argent des impôts. Surtout, faire croire aux « clients » qu’ils ont à faire avec des « commerciaux » (pour ne pas dire des commerçants) et pas des fonctionnaires.

Idem chez Orange, l’autre branche des PTT qui ont fait envie au monde entier par leur excellence et leur réseau de proximité. Pour un simple changement d’adresse de facturation du téléphone, il faut entamer une démarche où, à chaque étape, on vous demande si vous ne voulez pas profiter de l’offre du moment et changer d’abonnement pour avoir l’Internet, le mobile, la TV, la 4G et bientôt la banque. La banque Orange, issue des PTT, ou plutôt « Orange Bank » va faire concurrence à la « Banque Postale » issue également des PTT…

sncf logos - Copie

La SNCF est aussi dans ce cas. C’est un autre service public qui bénéficiait d’une excellente réputation dans le monde entier. C’est un autre service public qui fait tout pour faire oublier qu’il en est un. D’abord, et depuis longtemps, la Sncf veut faire oublier qu’elle gère des trains. C’est ainsi que Calberson a été longtemps le premier transporteur routier de France. Aujourd’hui, c’est le groupe Géodis qui a pris le relais et qui veut se faire connaître en mettant son nom sur un bateau de course. Grâce à la loi Macron, la Sncf veut développer ses autocars. Le but est de supprimer les trains corail. Les omnibus ont été repris par les Régions sous le nom de « ter ». Les express et les rapides par le TGV, devenu une marque à part. La SNCF est devenue « SNCF » tout court, sans article car ça n’est plus un sigle mais une marque. Les marchandises ont été reprises par la concurrence. Le réseau a été repris par la SNCF qui entend bien déferrer partout où il reste encore des rails. La Sncf fait tout pour dissuader les opérateurs de faire rouler des trains en n’entretenant pas les voies, afin que le trafic soit reporté sur les routes dont on constate le bon entretien (hum!) depuis qu’elles relèvent des Départements. Et puis, à l’heure où l’on essaie d’attirer des opérateurs privés, ça serait le comble qu’il y en ait un qui gagne un peu de sous là où la Sncf n’a jamais pu. Donc, on enlève les rails mais il y a peu de chance qu’une entreprise privée veuille se lancer sur des relations modestes. Restent les Régions et la Sncf ne fait rien pour leur faciliter la tâche, au contraire. Peu importe, le TGV se porte bien et l’on propose maintenant aux « clients » de monter dans de vrais TGV même s’ils roulent sur voie normale et, donc, à vitesse normale. Les gens sont contents, ils ont pris le TGV… le plus fort, c’est que ça marche. Inversement, la Sncf va payer un péage exorbitant pour ses TGV entre Paris et Bordeaux puisque la voie rapide appartient à un réseau privé. Ça devient compliqué.

Donc, la SNCF oublie son vieux slogan « Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous », qui date du lancement du TGV, au même prix que les autres trains. Dans les grandes gares, on trouve partout des automates pour acheter son billet. Ça marche plutôt bien, tant que la carte de crédit est reconnue. Sinon, finis les guichets. Maintenant, on a une « boutique » pour vendre les billets classiquement. Et pour le TGV, impossible de connaître le prix sur un trajet donné : « à partir de 10€ (voir conditions etc.) ».

rena-pros-1983-2

En d’autres termes, des services publics ont honte d’être de rendre service. L’heure n’est plus au « service » mais au commercial, pour ne pas dire au commerce. Nous avons vu, autrefois, comment le service de renseignements téléphoniques gratuit (inclus dans l’abonnement au téléphone) avait dû devenir payant et s’ouvrir à la concurrence qui se vantait d’offrir en plus l’horoscope et les pronostics hippiques. On nous avait présenté ça comme un progrès. « La vérité des prix », comme disait le gros Barre. Il y a depuis tant d’années, de telles campagnes de dénigrement des services publics qu’il devient infamant d’y travailler ou de s’en réclamer. Pourtant, ce sont les services publics qui ont permis à la France de se reconstruire aussi rapidement après la guerre et d’offrir une qualité de vie unique en Europe (pour ne parler que du continent dévasté) . C’est le « plan » et son principal instrument, les services publics qui ont contribué au redressement économique et offrir 30 années de progrès et d’expansion, qu’on appelle depuis les « trente glorieuses ». Les fleurons de l’industrie française se trouvaient tous dans le domaine public, d’une manière ou d’une autre : EDF-GDF, SNCF, PTT, Renault, Thomson-CSF, Snecma, Aérospatiale . Ainsi que nous l’avons déjà expliqué, aucun investisseur privé n’aurait financé les études, la R&D, pour des projets tels que la fusée Ariane, le TGV, le parc nucléaire. On parle beaucoup de la fusée Ariane pour vanter l’Union Européenne alors qu’elle n’a rien à voir là-dedans. La fusée Ariane, c’est d’abord la France et son groupe Aérospatiale et quelques autres industries (publiques ou privées) en Europe ; souvent hors CEE comme la Suède et encore la Suisse ou la Norvège. On s’obstine dans la filière nucléaire en vantant « l’indépendance énergétique » mais l’indépendance énergétique, c’est d’abord EDF.

Aérospatiale

 

Il est facile pour un groupe financier, aujourd’hui, de se payer un géant industriel solide qui a bénéficié de l’assise des fonds souverains (autrement dit de l’État) quand tous les risques ont été pris et qu’il suffit de toucher les bénéfices. C’est ce qui s’est passé avec les autoroutes.

Il est même facile pour un groupe industriel de se lancer dans un projet comme le TGV après avoir attendu de voir si ça marchait en France. Siemens a beau jeu de lancer son Velaro et Bombardier son Zefiro après avoir vu le succès du TGV. De son côté, Alstom privatisé a été incapable de lancer un produit vraiment nouveau pour se maintenir tout en conservant ses marchés traditionnels. Et ne parlons pas des chantiers navals. Bouygues, actionnaire de référence d’Alstom, privatisé, a cédé sa branche d’excellence dans le matériel électrique aux États-Unis pour réaliser une belle opération financière. Il veut, à présent, liquider la construction ferroviaire pour maintenir le rendement de ses actions. C’est, une fois de plus, l’État qui va renflouer Alstom d’une façon ou d’une autre en attendant que Bombardier rafle la mise après l’élection présidentielle (en octobre) et profite néanmoins de la commande de l’État.

On ne demande pas à la SNCF de concurrencer son ancien partenaire des Trains Italiens (privatisé désormais), chez lui, mais d’offrir des trains à ses « clients » français, en nombre suffisant et au meilleur prix. On ne demande pas à EDF de racheter des compagnies boiteuses en Italie (décidément) ou en GB ni de construire des centrales nucléaires à l’étranger pour y prendre des parts de marché et d’être obligé d’augmenter ses tarifs parce que ça marche pas mais de distribuer de l’électricité à tous, en France, et le moins cher possible ; comme avant . On ne demande pas à GDF de s’associer avec un ancien géant franco-belge de l’énergie pour avoir une taille internationale si c’est pour voir sa facture augmenter afin de verser des dividendes aux anciens actionnaires privés. On ne demande pas à la poste de servir les intérêts de WU quand elle a les moyens d’offrir de bien meilleures prestations.

Le service public, ça marchait et ça marche encore quand il est vraiment un service public.

 

19 mars 2017

Des services publics : la bonne volonté (1)

Des événements personnels m’ont amené à fréquenter pas mal de services publics, ces derniers temps. Chaque fois, j’ai été, agréablement, surpris par la compétence du personnel, son amabilité, son souci de bien accueillir et de bien faire.

 

Il est facile de louer les pompiers. Chacun connaît le sens de l’engagement, le dévouement de jeunes garçons qui ressentent, très tôt, la vocation d’aider les autres dans des difficultés extrêmes. Ils sont épaulés par de plus anciens qui leur prodiguent des conseils pour ne pas se blesser (ou pire) à chaque intervention délicate. Les pompiers utilisent un matériel ultra performant. On connaît tous les grandes échelles et les combinaisons ; qui vont changer bientôt d’ailleurs. On connaît pas forcément le matériel médical, compliqué, sophistiqué mis à la disposition de tous, sans distinction sociale ou autre. Tout ça coûte cher, très cher et ça fait moins regretter de payer des impôts quand on le voit en action.

En général, on n’a pas une sympathie naturelle pour la police et les policiers. La notion d’ordre qu’ils véhiculent est contraire à bien des valeurs humanistes. Les images désastreuses de répression des récentes manifestations ont achevé de discréditer la police dans son ensemble. Et puis, surtout, chacun s’est trouvé confronté à un policier, parfois un petit groupe, bien décidé à ne pas intervenir : « on se déplace pas pour ça », « on se déplace que quand... », « si l’on devait se déplacer à chaque fois que... », « c’est un incident de voisinage, faut voir avec votre propriétaire », « ah, mais, on n’est pas là pour ça, on est là pour », ce qui revient à dire qu’on peut crever à côté ou tuer quelqu’un à côté, ces messieurs-dames ne bougeraient pas puisqu’ils ne sont pas là pour ça. Ou bien, la police (ou la gendarmerie qui bénéficie d’une popularité injustifiée) met du temps pour parcourir une distance qui prend dix minutes à pieds, afin d’arriver lorsque les auteurs d’infraction grave seront partis. Ou bien encore, un contrôle d’identité pointilleux, un peccadille qui vaut une amende disproportionnée et qui rappelle, justement, le nombre de fois où l’on a appelé « police-secours » et qu’elle n’a pas voulu venir.

police_nationale,_Paris

Eh bien, la police aussi fait du bon boulot et beaucoup de policiers sortent du lot et « sont à votre service », « N’hésitez pas à nous appeler ». Oui, des policiers répondent qu’ils sont « à notre service » ou qu’ils vont voir ce qu’ils peuvent faire. Le problème, c’est que cette bonne volonté évidente est contrée par des ordres contraires à toute éthique et qui les met, justement, en porte-à-faux, avec la population qu’ils sont censés protéger. Après la sale répression des manifestations contre la « loi travail », certains d’entre eux ont manifesté, à leur tour. Des bien-pensants ont hurlé qu’ils n’avaient pas le droit de le faire en uniforme. Peu importe ! Il faut toujours entendre les revendications, même maladroitement exprimées, même en uniforme. Tous les flics n’entrent pas dans la police pour cogner sur les gens ; loin de là. Beaucoup sont animés de cet esprit de service public et désapprouvent le comportement d’une minorité agissante de leurs collègues et la plupart essaient juste de trouver un compromis entre leur bonne volonté et les contraintes imposées par « la maison ». La morgue dépend de la préfecture de police : accueil digne, presque agréable.

L’hôpital a ses faiblesses. Le mot d’ordre est « il faut faire des économies ». La campagne électorale nous offre un festival de candidats ou de leurs soutiens qui annoncent qu’avec eux, on fera encore plus d’économie qu’avec leurs adversaires. Les économies, ça veut dire moins de flics, moins de pompiers, moins de toubibs et d’infirmiers et de personnel d’accueil à l’hosto, moins de profs, des routes encore plus mal entretenues. L’hôpital fait tout pour supprimer des lits et donc pour dissuader l’hospitalisation. Dès qu’on est opéré, on rentre. Si l’on doit recevoir un traitement lourd, pas de problème, c’est l’hôpital qui vient à domicile (quel que soit l’état du domicile) : ce sont les soins « ambulatoires » qu’il faut favoriser. À l’heure où les médecins de ville n’assurent plus de garde, où ils ne se déplacent plus en urgence, l’hôpital aurait dû évoluer pour prendre en compte cette réalité qui s’impose. Donc, aux « urgences », il faut attendre et parfois très longtemps et parfois une journée entière et, très rarement, un patient meurt en attendant son tour, faute de personnel et de locaux pour accueillir tout le monde en urgence. Malgré tout, une fois reçu, une fois hospitalisé, on met à la disposition de chacun, quelle que soit sa situation, du personnel qualifié, des locaux propres, du matériel ultra-performant. Tout ça coûte cher, très cher et malgré tout, ça n’est pas réservé aux seuls qui peuvent payer mais à tous, grâce, aussi, à la sécurité sociale dont on vient de célébrer les 60 ans, à l’occasion de la sortie d’un film qui rend hommage à son principal fondateur : Ambroise Croizat. http://www.lasociale.fr/

Donc, chapeau les services publics et bravo à leur personnel qui fait ce qu’il peut avec les moyens qu’on lui retire de plus en plus !

 

03 mars 2017

Des nouvelles du TGV

Nous avons vu à plusieurs reprises que l’actualité du TGV en dit plus long sur l’état réel du pays, sur son évolution, que bien des commentaires avisés sur des sujets économiques communément mis en avant.

la crise - 2e épisode

L'Europe, c'est la paix ?

L'actualité du hard (discount)

Débattre en France / Mes convictions 1

Débattre en France / Mes convictions 2

Nous nous sommes penchés sur la France au cours des trente années qui ont vu le TGV arriver puis s’imposer dans la vie quotidienne. c’était l’occasion de montrer comment une bonne idée, celle de proposer la grande vitesse au même prix que les autres trains – moyennant une réservation obligatoire – avait progressivement glissé vers un train réservé à l’élite puis a constitué le laboratoire d’une nouvelle politique tarifaire. Désormais, le prix de la place ne dépend plus de la distance, ni même du confort, mais du remplissage de la rame. Les prix varient donc tous les jours, d’une heure à l’autre et même selon qu’on réserve son billet en ligne ou qu’on préfère aller l’acheter à la gare.

Regards sur la France en 30 ans de TGV

TGV et démocratie

À l’automne dernier, Alstom, fleuron industriel, renfloué par la nationalisation de 1981 puis par celle déguisée de 2005, a annoncé la fermeture de l’usine historique de l’Alsacienne de Constructions Mécaniques, celle-là même qui construit le TGV. Significatif de l’impuissance des États depuis la mondialisation. On a d’abord laissé le secteur stratégique des équipements électriques partir aux États-Unis et ensuite laissé continuer le conseil d’administration brader l’outil de travail pour renforcer le capital financier et le rendement des actions. C’est ce qu’on appelle le « capitalisme financier » dont, même le très libéraliste M. Sarkozy, dénonce cette perversion d’un modèle qu’on dit, parfois parfait, mais toujours seul possible.

Quoi qu’il en soit, le Gouvernement ne reculant devant aucun sacrifice a décidé de sauver l’emploi à Belfort, à l’approche de la présidentielle, en achetant, sur fonds de l’État, 15 rames de TGV et de les rétrocéder à la Sncf qui n’est pas demandeuse. Déjà, cette histoire illustrait l’absurdité de l’économie d’aujourd’hui. L’État est le seul actionnaire de la Sncf mais sa comptabilité est différente. Donc, la Sncf ne paie pas sur son budget et ne risque pas d’afficher un déficit dû à cet investissement. Ensuite, l’acheteur – l’État donc – destinait ces rames pour de liaisons qui relèvent au mieux des trains Corail, dont la liaison Perpignan-Montpellier, soit environ 150 km…

On aurait pu penser qu’on achèterait 15 rames, voire 10, mais de nouvelle génération et de les destiner aux lignes à grande vitesse. Ensuite, comme tant de voix le réclament depuis des années, affecter les plus vieilles rames aux relations inter-cités. Mais non.

Alsthom, sans h et sans rien

l'aquitaine

Dernières nouvelles du front, l’inauguration, fin février 2017, de la nouvelle ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux, afin de mettre Paris à un peu plus de deux heures de Bordeaux, au lieu de trois heures et quinze minutes aujourd’hui. Pour en arriver là, il en a coûté 7 milliards d’euros afin de gagner une heure et quinze minutes sur l’horaire actuel. Rappelons que dès 1971, le train TEE dit l’Aquitaine, effectuait sur ligne classique, le parcours en trois heures et cinquante minutes, avec des pointes à 220 km/h, ce qui était un record, à l’époque. Donc, en 46 ans, on aura gagné une heure et trois quart. Bel exploit ! D’autant plus que le projet était contesté en raison de son coût élevé et de son impact sur l’environnement. Ce sont, en effet, environ 300 km linéaires de terres riches et faciles à cultiver qui ont été irrémédiablement bétonnées. Justement, ce coût exorbitant a été pris en charge par un des rois du béton, l’inénarrable Vinci (celui de Notre-Dame-des-Landes) qui entend se payer sur la bête en retour en exigeant des péages élevés sur sa ligne. Comme la Sncf n’était pas demandeuse, on peut imaginer qu’elle n’enverra pas un TGV tous les quart d’heures ni même toutes les heures. On peut penser que les TGV à deux étages, emportant davantage de passagers, seront privilégiés afin de limiter les passages. À partir de là, il est facile d’extrapoler : la ligne sera déficitaire. Selon le type de Gouvernement saisi du problème, on peut penser qu’il obligera la Sncf à faire rouler davantage de trains pour sauver le modèle amené à se développer.

Dans ce dossier, on voit que les besoins de transports, la décentralisation, l’équilibre du territoire et tout ce qui relève de l’intérêt public n’entrent en jeu que de manière anecdotique. Ici, il s’agit de montrer que l’État n’est plus le maître de l’économie, n’a plus un rôle de planificateur (horreur keynésienne!), ni même d’investisseur puisque le privé peut en faire autant et mieux. Pour dire à quel point on nage en pleine idéologie – pour ne pas dire utopie – c’est qu’on pense même que des opérateurs privés vont se précipiter pour y faire rouler leurs trains afin de démontrer qu’ils font mieux que l’affreuse Sncf. Comme on a fait autrefois pour mettre Air-France en difficulté, on offrira les meilleurs faisceaux à ces opérateurs, laissant les créneaux les moins rentables au service public (donc au contribuable) pour ensuite dénoncer le déficit. Attendons de voir mais, si ça fait comme les « cars Macron »…

 

La vitrine de l’ultra-libéralisme

À plusieurs reprises, dans ces pages, nous démontrons que l’ultra-libéralisme, dernier avatar du capitalisme, appelé parfois « capitalisme financier », est un totalitarisme. Comme les autres totalitarismes, il pratique le matraquage de sa propagande. À longueur de journées, les médias nous disent, depuis des années, que l’État est l’horreur absolue, qu’il ne sait rien faire d’autre que lever des impôts pour combler les déficits de sa mauvaise gestion. Pourtant, chaque fois que le privé se plante, les mêmes en appellent à l’État pour recevoir des aides. Dans ces cas-là, on ne parle plus « d’État » mais de « fonds souverains ». Les totalitarismes excellent dans l’art de changer les mots et de lancer des projets tout aussi pharaoniques qu’inutiles. Le but est d’impressionner, de frapper les esprits. On décide d’un aéroport international privé, dans le grand ouest, surdimensionné, sans rapport avec les besoin du bassin concerné. Peu importe : il convient de faire du gigantisme et de montrer la supériorité du montage financier. D’ailleurs, pas de danger qu’on dénonce la supercherie ni la gabegie. Lorsqu’on ne pourra plus dissimuler l’échec, ce sera après et le tapage sera moindre que celui réalisé au moment de la réalisation du projet. Dans le cas de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, on sait que le trafic aérien est anecdotique, qu’il sert à amener les riverains de l’actuel aéroport à soutenir le nouveau, éloigné de toutes les villes mais qui offrira un espace foncier à aménager sur des terrains bradés qu’il sera facile de rentabiliser avec une offre commerciale. Du moins, c’est toujours ce qu’on espère mais l’exemple de Vatry (en Champagne) prouve le contraire.

Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement de gauche en rase-mottes !

Autre leçon de cette LGV contestée : son choix. Passons sur la pression de l’édile de Bordeaux, soucieux de développer sa ville. Il a fait son boulot de bon maire et ses électeurs apprécient. c’est normal. La Sncf avait d’autres projets et la ligne sud-ouest n’était pas prioritaire. Le parcours est plat, au contraire de Paris-Lyon, parsemé de nombreuses côtes raides. Beaucoup, devant le coût des travaux, demandaient un aménagement de la ligne existante et des gares. Si l’on a pu gagner une demi-heure entre 1971 et les dernières années, on peut supposer qu’on pouvait encore faire mieux. En revanche, l’article du JDD nous apprend que le tronçon entre Perpignan et Montpellier (déjà évoqué pour d’autres raisons) n’est même plus à l’ordre du jour.

 

TGV Seine-Rhin

Pourtant, il est le chaînon manquant et indispensable pour réaliser enfin le TGV Rhin-Rhône.

Nous avons déjà dénoncé, ici même, la supercherie consistant à dénommer «  TGV Rhin-Rhône », une relation entre Paris et Strasbourg par la Franche-Comté et Dijon.

Au départ, le projet, soutenu en France par M. Chevénement, député-maire de Belfort (déjà évoquée pour d’autres raisons) consistait à relier Amsterdam à Marseille en passant par Cologne, Strasbourg, Belfort et Lyon. Le but était de présenter un projet à vocation européenne et de contourner Paris qui était encore une étape inévitable. Aussitôt connu le projet, la Catalogne et l’Espagne en général ont rejoint l’initiative et travaillé à la réalisation d’une ligne à grande vitesse de Séville à Amsterdam en passant par les vallées du Rhône et du Rhin. Donc, on peut traverser à grande vitesse ferroviaire la péninsule ibérique et rejoindre Perpignan en passant par Madrid puis Barcelone et par le tunnel privé du Perthus mais une fois rendu en Perpignan, il faut changer de braquet avant de retrouver la grande vitesse en Avignon. Pour aller à Amsterdam, il faudra changer à Lyon ou à Paris. Pour aller à Strasbourg, il faudra quitter la LGV après Lyon pour rejoindre Dijon et reprendre la LGV franc-comtoise. Ça montre que la France n’a plus de vision d’avenir. Les projets et les réalisations ferroviaires n’en sont qu’un des nombreux aspects. L’État impose des choix idéologiques. Les Régions font du clientélisme. La Sncf voudrait se concentrer sur quelques lignes qui rapportent et impose la fermeture progressive des autres, faute d’entretien. De son côté, longtemps à la traîne, l’Espagne fait figure aujourd’hui de modèle ferroviaire en possédant le plus grand réseau d’Europe de LGV. Rappelons aussi que ce réseau s’est construit à partir de la technologie française puis délaissée au profit de ses concurrentes. aujourd’hui, seule la ligne construite pour l’exposition universelle de Séville est sur base française. Le déclin ferroviaire de la France accompagne la désindustrialisation et la braderie des fleurons industriels, souvent détenus ou soutenus par l’État. Il y a, peut-être, un lien entre tout ça.

 

Sources et corrélats

http://www.lejdd.fr/Economie/Avec-l-ouverture-de-la-ligne-Tours-Bordeaux-le-TGV-passe-au-prive-851048

https://www.lesechos.fr/industrie-services/dossiers/0211837443918/0211837443918-les-nouveaux-defis-du-tgv-2068497.php

http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/tgv-paris-a-2-heures-une-vraie-bonne-nouvelle-pour-bordeaux_1884276.html

 

http://www.aeroport.fr/view-statistiques/paris-vatry

http://www.cesdefrance.fr/pdf/9666.pdf

http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/vitry-le-francois/aeroport-paris-vatry/toujours-questions-autour-aeroport-vatry-1194671.html

 

Universalité ou mondialisation ?

PSA : début du 3ième tour financier