08 novembre 2009
Anne Consigny émerge des herbes folles
Les herbes folles, le dernier film d’Alain Resnais nous permet de revoir une actrice rare, trop rare, Anne Consigny. Cantonnée dans un second rôle, elle rayonne et occupe tout l’écran de sa fraicheur tandis que les deux protagonistes évoluent avec talent dans un registre qu’on leur connaît déjà. Celle en qui l’on voyait la nouvelle Isabelle Adjani a connu une carrière démarrée sur les chapeaux de roues avant de retomber dans un oubli relatif car l’époque n’était plus aux Isabelle Adjani mais à des beautés moins discrètes et moins cultivées.
la Cerisaie
Pour moi, Anne Consigny, c’est l’inoubliable Ania de
Anne Consigny, telle que je l’ai rencontrée en 2001 était
une comédienne d’une grande gentillesse doublée de simplicité. Elle était toute
surprise que je veuille l’interroger elle, et non pas le premier rôle (Rufus)
de la pièce dans laquelle elle jouait. Elle m’a surtout parlé de son
personnage, incapable de se mettre en avant. Même l’habilleuse semblait passer
avant elle dans son esprit. Une fois dit l’essentiel de la pièce de Schmitt,
nous avons évoqué la Cerisaie
Ces dernières années, Anne Consigny enchaîne les rôles au cinéma et ce n’est que justice. Mieux vaut tard que jamais. Alors, dans Les herbes sauvages, on retiendra Suzanne, seul personnage équilibré qui tempère les excès de Georges (André Dussolier), son mari, et accueille sa passion pour une aviatrice inconnue (Sabine Azéma). On attend maintenant un grand premier rôle. J’aimerais que ce soit au théâtre.
19 octobre 2009
Diam's noir's
On apprend la conversion de la rappeuse Diam’s à l’islam. Jusque là, rien à dire. Pourtant, les photos publiées dans la presse montrent une sorte de spectre sombre d’où seul un visage grave apparaît. Les commentaires indiquent qu’elle refuse, désormais, de faire la moindre bise à un garçon, contrairement à ce qu’elle revendiquait dans ses chansons. En d’autres termes, elle adhère à la vision la plus rétrograde de la religion, celle qui confine la femme dans la stricte sphère familiale d’où elle ne peut sortir que déguisée et sous surveillance. Là encore, n’était la notoriété de la personne, ça ne vaudrait pas la peine de gloser ; encore que.
Ce qui est frappant, c’est que, depuis qu’il existe des religions, ceux qui se convertissent se précipitent dans tous les artifices, toutes les restrictions et semblent n’aimer que les interdits. Quel parcours suit donc celle ou de celui qui se convertit à une religion ? Quelle réponse cherche-t-il ? Pourquoi croire en une force supérieure et spirituelle conduit à adopter un mode de vie plein de contraintes, oblige à porter des vêtements inconfortables, à manger mal, à restreindre le cercle de ses relations ? Pourquoi adopter une religion conduit à la caricaturer en n’en adoptant que les apparences ? Pourquoi l’adhésion à un mode de vie et de pensée pousse à l’exclusion de l’autre et s’exclut soi-même avec un complexe de supériorité clairement revendiqué ? Pourquoi cette attirance des nouveaux convertis ou adhérents pour ce qu’il y a de plus radical, de plus violent, de plus anachronique, de plus misogyne, enfin ? Curieusement, la misogynie se retrouve dans presque tous les extrêmes, religieux ou politiques. Pourquoi, pour les nouveaux convertis, l’alternative se situe entre se couper du monde ou emmerder tous ceux qui ne font pas comme eux ? Car, au delà d’un choix de religion, c’est la question de l’intolérance qui se pose. Tous les nouveaux convertis rejoignent les intégristes pour lesquels il n’est pas question que d’autres profitent de la vie et s’amusent quand eux s’internent volontairement. Il est vrai, aussi, que l’intégrisme présente le gros avantage sur toutes les autres activités de ne coûter pas cher. Au contraire, la simplicité des vêtements, la frugalité des repas, l’interdiction de tout loisir et de toute promiscuité avec les autres attire les pauvres qui sont économiquement exclus et parviennent à une reconnaissance par le biais d’une vision restrictive et réactionnaire d’une religion. La promesse de connaître une vie meilleure après une mort que l’on côtoie ajoute à l’attrait. D’ailleurs, partout on a pu noter que l’amélioration du niveau de vie éloigne des religions. A partir du moment où l’on prend un peu d’avance sur le paradis, on ressent moins le besoin de le placer en perspective.
En fait, le bien être est le seul rempart contre l’intolérance des religions et surtout des religieux. Alors que la crise commencée au milieu des années 1970 perdure et fait chaque année plus de victimes, on observe un retour du religieux notamment chez les exclus de plus en plus nombreux. Ce n’est sans doute pas un hasard si les prisonniers se convertissent si facilement à l’islam en prison. Ça ne coûte rien et ça permet de retrouver un groupe, voire une famille quand la sienne est détruite ou vous rejette.
Dans le cas de Diam’s, il semble que ce soit le contraire. C’est le succès qui lui aurait fait perdre la tête et elle aurait trouvé dans la religion de son mari les réponses à sa détresse. L’histoire abonde de parcours similaires : le jeune débauché qui rencontre Dieu…Certains ont même écrit des livres tel saint Augustin qui a trouvé le moyen d’inventer le mythe du péché originel avec ses conséquences. Une chose est sure, face aux excès et aux restrictions des religions, la spiritualité ne fait pas le poids. Quant à la révolte qui était celle de la rappeuse Diam’s, elle a été bien canalisée et ça, c’est tout bénéfice pour une société profondément inégalitaire. Dans le fond, c’est peut être ça l’essentiel.
09 octobre 2009
Souffleuse de feuilles
L’automne revient et revient la souffleuse de feuilles. Oh, c’est beaucoup moins poétique que tout ce qu’on a écrit dans le passé sur ces feuilles qui virevoltent avant d’effleurer le sol où elles forment un tapis que les enfants s’empressent de mélanger pour en extraire les plus beaux spécimens et en faire des bouquets.
La souffleuse de feuille est la machine la plus stupide jamais inventée. Elle pousse les feuilles éparpillées en un tas, non sans avoir signalé sa présence cent mètres à la ronde par son bruit et son nuage de fumée. L’ouvrier –ou plutôt le technicien –ganté et casqué imprime un mouvement à ce gros tuyau noir qui décolle une dernière fois ces pauvres feuilles mortes qui n’en demandaient pas tant.
Quel est l’avantage de cet appareil ? On m’a répondu que, par rapport au balai traditionnel, « ça va plus vite ! ». Voire. J’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises, d’observer, côte à côte, un ouvrier –pardon, un technicien – armé d’une souffleuse et un autre d’un balai. Il ne m’a pas semblé que l’un terminait avant l’autre. Admettons qu’il y ait, effectivement, un gain de temps. Le progrès n’est pas significatif, de toute façon. On peut aussi se demander quel est l’avantage à gagner du temps pour une telle opération qui consiste à mettre en tas des feuilles mortes.
Ensuite, il me semble que le bruit produit par le petit moteur ainsi que la pollution qu’il engendre compensent largement le gain de temps supposé. Moteur, signifie aussi carburant, entretien, panne. Si l’on ajoute ces opérations, quel est le gain de temps réel ? Ensuite, cela signifie une ligne de budget rien que pour acheter, entretenir et maintenir cet appareil qui ne fait pas (beaucoup) plus qu’un simple balai et qui ne fonctionne que quelques jours par an, en automne, justement.
Alors, on peut se demander l’origine du succès d’une machine aussi inutile que dispendieuse. La curiosité, le talent des commerciaux ont permis de lancer le produit. Ensuite, mettons-nous à la place de l’ouvrier –pardon, du technicien –qui voit cette machine. Il comprend tout de suite l’intérêt qu’il a à le manipuler. Il va échanger son balai, instrument à forte connotation péjorative, pour une machine. Il passe du statut de balayeur à celui de technicien, sans abus de langage, cette fois. Il signalera sa présence par le bruit intempestif de l’appareil et la pollution qu’il dégage ainsi qu’il se doit dans notre société. Il n’est plus une ombre drapée d’une salopette verte. Il voit son champ d’action étendu. Alors qu’avec un balai, il occupe une surface égale à la portée du manche, avec la souffleuse, il prend tout un périmètre infranchissable même après échange de politesse. Il occupe le terrain par le bruit, l’odeur et la zone de travail. On ne peut pas ignorer sa présence : tout le monde se retourne pour comprendre d’où vient le bruit et à quoi ça sert. De plus, une machine nécessite un minimum de connaissances : savoir réaliser le mélange pour le carburant, savoir faire démarrer, savoir quoi faire en cas de panne simple. En cas de panne plus compliquée, il faudra téléphoner, décliner son identité, négocier le délai de réparation et le prix. Il y a un carnet d’entretien : à chaque page figure la mention « signature du responsable ». De balayeur, on devient « responsable ». Malgré l’exposition du technicien au bruit, aux vibrations (légères), à la pollution, il n’y a aucune chance pour que cette machine soit remisée. Au contraire, tous les autres veulent en avoir une. En revanche, malgré les promotions dans les grandes surfaces, peu de particuliers investissent dans cet appareil, à part quelques m’as-tu-vu.
Le pire c’est qu’il est totalement vain de lutter contre et qu’il faut prendre son mal en patience. La souffleuse de feuilles, stupide et inutile annonce la déprime saisonnière par son bruit et sa fumée.
06 octobre 2009
Dénis de démocratie
Ils ont voté et puis après ?
C’est par ces mots que Léo Ferré fustigeait la démocratie qui demeure pourtant le moins mauvais de tous les régimes politiques. Or, ces dernières années, la plupart des décisions importantes sont prises par les gros intérêts privés par-dessus les Etats tandis que les résultats des suffrages démocratiques sont ignorés. Dans le premier cas, les grands groupes multinationaux exercent un chantage sur les pays démocratiques y compris les mieux installés comme ceux de l’Europe. Leur arme tient dans le chômage organisé. Il suffit de fermer une unité de production dans un pays pour lui couper les jambes et faire infléchir la politique intérieure. Ailleurs, on nage dans le virtuel puisqu’il s’agit de faire miroiter des investissements.
C’est dans ce contexte que se situent les différentes élections européennes depuis une vingtaine d’années. D’une part, les pays fondateurs de l’unité européenne voient leurs populations se désintéresser de la chose. D’autre part, les référendums organisés tournent à la mascarade quand les électeurs osent avouer qu’ils n’adhèrent pas à des projets technocratiques. Autrefois, le Danemark a été sommé de faire revoter ses gens afin de ne pas faire mauvaise figure. En échange, on a concédé un certain nombre de prérogatives qui, en passant, vident les traités de leur substance. On a rejoué le même navet avec l’Irlande en rassurant les susceptibles insulaires. D’autre part, quand on craint le résultat, on préfère ne pas convoquer d’élection. Le parlement, qui d’ailleurs est issu du suffrage démocratique s’arroge le droit de décider du sort de la population. Ces pratiques sont dignes des régimes totalitaires.
Dans ces conditions, on se demande s’il faut continuer à faire voter. Alors que l’on réclame partout plus de prise en compte des opinions, on s’ingénie à limiter l’usage des référendums. D’ailleurs, le fait que l’on se prononce davantage pour ou contre le pouvoir en place plutôt que sur la question ne plaide en faveur ce scrutin. Faut-il, dès lors s’interdire ce recours ? Quant aux échéances électorales, elles donnent, trop souvent, l’impression qu’elles servent à maintenir un personnel politique de plus en plus éloigné du quotidien de la population tandis que l’on pressent que les grandes décisions échappent aux chefs d’Etats eux-mêmes ; alors à plus forte raison par l’élu local.
C’est dans ce contexte aussi que, faute de pouvoir se faire entendre par les voies démocratiques institutionnelles, par les manifestations de rue, des syndicats et des organisations politiques ont provoqué une consultation qui, à l’exception de bureaux de votes définis, avait tous les aspects d’un scrutin banal. Il s’agissait de demander à la population son avis –par référendum –sur l’avenir du statut de la poste. Or, ainsi qu’indiqué plus haut, on craint l’opinion. Donc, un véritable référendum qui tournerait au désaveu de la politique libéraliste du gouvernement n’a aucune chance d’être organisé. Pourtant, comment se faire entendre si tous les moyens habituels sont déniés ? Attention, les moyens pacifiques ne sont indéfinis. On en aura vite fait le tour. Dès lors, que restera-t-il pour faire entendre sa voix ?
01 octobre 2009
France-Télécom : ligne de morts²
Dire qu’il y a encore des gens pour en sourire. 24 suicides en une vingtaine de mois à France-Télécom. Oui, il se trouve encore des gens pour penser, le plus sérieusement du monde que c’est parce qu’on veut faire travailler ces fonctionnaires ultra-nantis qu’ils préfèrent mourir. Décidément, en France, on croit toujours que la fonction publique serait une sorte d’atelier national destiné à fournir un salaire aux bons à rien. D’ailleurs, certains fonctionnaires eux-même le pensent. France Télécom ne peut plus être considéré comme un service public. Il a les mêmes contraintes qu’une entreprise avec, en plus, les stéréotypes issus de l’administration qui font que les cadres supérieurs nommés en CA s’imaginent qu’il faut changer les habitudes de ces employés peu au fait des règles du marché.
Pour l’heure, la question est de trouver les raisons de ces suicides et les responsables, car il ne saurait y en avoir qu’un seul. Imaginons qu’au lieu de 24 suicides on ait eu 24 milliards de pertes. Le PDG aurait aussitôt été contraint de démissionner tel Jean-Marie Messier en son temps à Vivendi, entreprise qu’il avait pourtant montée. Là, on attend. On attend un vingt-cinquième, sans doute ? Le PDG a parlé de « mode » de suicide avant de présenter des excuses mais le mal était fait et il demeure significatif. Dans la guerre que mène le capitalisme financier aux salariés, il est entendu que les dits salariés sont des privilégiés puisque assurés d’avoir les mêmes revenus à la fin de chaque mois, si faibles soient-ils. Tandis que les autres, les actionnaires ne peuvent se permettre de perdre ne serait-ce que vingt-quatre centimes. Et encore, tous les actionnaires ne sont pas égaux. Les petits épargnants sont considérés comme négligeables et variables d’ajustement des cours.
Dans le même ordre d’idées, le président de la république annonce que la prise en charge des accidents du travail sera soumise à l’impôt. Il est entendu pour les libéralistes que le salarié en arrêt maladie, voire consécutif à un accident dû au travail profite d’un privilège et qu’il convient non seulement de le lui faire comprendre mais en plus de le harceler pendant sa convalescence. Celui qui se suicide n’a, lui, rien compris aux lois du marché et à « la concurrence libre et non faussée ». Donc, il vaut mieux qu’il disparaisse.
Chez France-Télécom, d’après ce que l’on sait, ce sont des objectifs insensés qui sont mis en cause. Pour ceux qui ne le sauraient pas, « les objectifs » sont des résultats à atteindre. Ils sont annoncés en début d’année par les salariés mais fortement révisés à la hausse par les chefs d’équipes. De sorte que les salariés se voient contraints d’effectuer des tâches qu’ils savent ne pas pouvoir faire. Il y a des variantes selon les entreprises mais le principe demeure. Autre cause avancée : l’obligation de mobilité pour les cadres tous les trois ans. Tout le monde sait à quel point il est facile de déménager tous les trois ans, de payer le déménagement et de payer pendant un mois le loyer de l’appartement quitté et du nouveau, de passer quelques semaines ou mois à prendre ses marques, de trouver une école pour les enfants et un travail pour le conjoint. Déjà en période de plein emploi et de logement accessible, ce n’est pas évident. Alors, en période de crise immobilière avec la hausse que l’on connaît sur les loyers et les achats en propriété, on imagine ou plutôt, tout le monde sait ce qu’il en est pour soi ou pour ses enfants. D’ailleurs, les cadres de la direction générale de sont pas soumis à cette obligation de mobilité. Pourtant, eux, ont des facilités et peuvent même se payer le luxe de garder l’ancien logement et d’y retourner tandis qu’on s’en paie un autre.
Malheureusement, les suicides chez France-Télécom sont un peu comme l’arbre qui cache la forêt. En entendant les témoignages des employés de cette entreprise, chacun peut reconnaître tout ou partie de son quotidien. On part avec l’estomac noué. On a peur de ne pas y arriver et de se faire « encore » engueuler. On doit affronter les remarques méprisantes d’un supérieur pas si supérieur, d’ailleurs. On craint pour sa place en période de pénurie d’emplois. On pense aux conséquences du moindre pépin sur la vie de famille, sur l’environnement immédiat. On hésite à aller consulter le médecin. Si c’est déjà fait, on s’habitue à avaler des antidépresseurs et autres anxiolytiques. Il est tout de même significatif que tout le monde connaît les noms des ces médicaments. Tout le monde a eu à en prendre ou en prend encore. A chaque fois qu’on peut, on culpabilise encore ces Français qui consomment trop de ces tranquillisants sans jamais se demander pourquoi. On est convaincu que c’est du tir au flanc jusqu’au jour où ça vous arrive. C’est, sans doute, parce que, précisément, chacun reconnaît un peu ses conditions de travail dans celles de France-Télécom qu’on hésite, en haut lieu, à prendre les mesures qui s’imposent. On sait que, partout, on réclamera la même chose.
Ce qui est arrivé n’est pas nouveau. Il y a quelques années, au Japon, les employés se suicidaient pour des raisons identiques. Comme d’habitude, les Français, convaincus de leur singularité et de leur supériorité raillaient cette société japonaise axée sur le travail et le patriotisme. Aujourd’hui, personne ne fait le rapprochement. Personne ne demande quelles solutions on a trouvé là-bas. Non, les Japonais ont inondé le monde avec leurs produits, nous devons en faire autant, coûte que coûte. Si on laisse des gens sur le carreau, peu importe. C’est la sélection naturelle : il fallait en licencier, les suicides évitent une procédure qui entache l’image de l’entreprise.
En attendant, il est particulièrement odieux d’encore se demander s’il faut renvoyer le PDG. D’abord, lui-même devrait avoir la décence de démissionner. Ensuite, c’est toute la direction générale qui doit être changée. Encore une fois, qu’on songe à ce qui se passerait s’il s’agissait d’un déficit.
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2008/03/30/8532696.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2008/12/03/11615956.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2008/10/09/10892767.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2008/07/26/10050674.html
29 août 2009
Grippe A : la porte ouverte à tous les fantasmes
Cette histoire de grippe A présente tous les symptômes pour devenir une psychose avec des conséquences graves à la clé. Depuis la découverte de cette nouvelle pandémie, après la maladie de Creutzfeldt-Jakob et la peste aviaire, les pouvoirs publics ont pris le contre-pied de tout ce qui se faisait jusqu’à présent. Au nom, sans doute, du principe de précaution, on nous jure que, cette fois, rien ne sera laissé au hasard et on en parle !
Alors que l’opinion publique affiche une souveraine indifférence, la ministre (que je ne citerai pas par charité) se montre volontiers alarmiste. Pourtant, des sommités tel le professeur Debré répètent qu’il n’y a pas lieu de paniquer. Dans le même temps, des messages circulent sur l’Internet pour nous mettre en garde contre les vaccins qui vont être disponibles.
D’après eux, la maladie serait le fait de manipulation à partir de plusieurs éprouvettes mélangées de divers virus de grippe dont celui de la terrible « grippe espagnole ». Si j’ai bien compris, le but serait d’obliger les populations à se faire vacciner. Une fois injecté le vaccin, les populations seraient décimées selon un plan diabolique dont la finalité m’échappe pour dire la vérité.
Ce genre de délire est tout à fait caractéristique de ce qui peut se développer lorsque le public a le sentiment qu’on lui cache quelque chose, ainsi que l’a expliqué, le professeur Kapferer, grand spécialiste des rumeurs. Pour lui –je cite de mémoire –il suffit qu’une personne ou une chose soit mise en avant puis qu’elle ne fasse plus parler d’elle pour alimenter toute sorte de rumeurs. C’est ce qui était arrivée à la trop discrète Isabelle Adjani dont l’absence et le silence avaient laissé penser qu’elle avait développé le Sida.
Ici, nous avons affaire à une maladie dont peu de gens ont été témoins mais dont les pouvoirs publics ne cessent de nous mettre en garde. A l’heure où les laboratoires sont régulièrement accusés de faire leur graisse sur le dos des malades solvables (donc des systèmes de protection dans les pays où il en existe), le pas est vite franchi qui laisse penser qu’un vaste complot à l’échelle planétaire a été mis en place pour éliminer le surcroît de population. La rumeur a des chances d’évoluer encore vers les fantasmes traditionnels mettant en accusation des groupes ethniques, religieux ou mystérieux. On va probablement lire que des liens peuvent être établis entre tel groupe pharmaceutique et telle personnalité ou tel pays. On va probablement nous dire que, dans le plus grand secret, toute la population d’un village éloigné de tout, dans un pays lointain, a été éliminée après avoir été utilisée comme cobayes humains. Attendons pour voir dans nos boites aux lettres électroniques.
Personnellement, la seule chose positive que je trouve dans toute cette affaire, c’est le rappel des règles d’hygiène quotidienne. Je me souviens qu’un médecin qui a publié il y a moins de cinq ans un livre à ce sujet a fait l’objet des ricanements des humoristes autoproclamés et médiatiques et de leurs laudateurs. Maintenant, les émissions de radio et de télé interactives prétendent nous apprendre à nous laver les mains. Si ça pouvait servir de leçon…
En attendant, un million de personnes meurent chaque année du paludisme dans le plus grand silence mais ce ne sont que des nègres sans fortune donc inintéressant pour les laboratoires.
27 août 2009
Michel-Edouard Leclerc sans voix
Une nouvelle passée totalement inaperçue alors qu’elle touche près de trois millions de salariés en France : à partir du 31 août, les magasins d’alimentation ne pourront accepter qu’un maximum de deux titres repas (Chèques-déjeuner et autres) par personne et ce, seulement sur certains articles et toujours sans pouvoir rendre la monnaie. Ces produits, qualifiés ailleurs de « junk food » sont essentiellement les sandwiches, les parts de pizzas, les croque-monsieur, les hotdogs ainsi que les horribles kébaps qui prolifèrent. Si l’on donne un chèque de 6 €, il est bien évident qu’on va y perdre.
Autrement, les titres repas continueront à être acceptés par les restaurants et dans des conditions probablement restreintes aussi. D’ailleurs, nombre de restaurateurs limitent l’usage des ces titres alors qu’ils sont sûrs d’être payés.
Jusqu’alors, les magasins qui acceptent les titres repas sont essentiellement les traiteurs. On pouvait donc acheter un plat cuisiné et le déguster tout chaud dans la cuisine de l’entreprise quand il y en a une, ce qui est souvent le cas. Ce ne sera plus possible ! Les Centre E.Leclerc acceptent pour quelques jours encore ces titres pour toute l’alimentation à l’exception des boissons alcoolisées et des sodas. Cela n’est pas absurde puisque ces produits servent à préparer des repas. Or, M. Michel-Edouard Leclerc n’a pas émis la plus petite protestation contre une mesure qui va lui causer un manque à gagner certain.
Cette mesure est d’autant plus étrange que le président Sarkozy avait émis le souhait que l’on puisse acheter ses cinq fruits et légumes par jour au moyen des titres repas.
http://www.vedura.fr/actualite/5212-tickets-restaurants-acheter-fruits-legumes
Pour lui, c’était surtout un moyen de ne pas rogner davantage le pouvoir d’achat des ménages. Il n’en sera rien. Le titre repas est une mesure sociale qui arrange tout le monde
notamment les entreprises qui augmentent indirectement leurs salariés sans être pénalisés. Voilà un nouveau coup porté contre les salariés et dans l’indifférence absolue ; comme les précédents. Cette fois, la majorité trouve que les salariés mangeaient trop bien et entendent y mettre fin : pour eux, ce sera régime « junk food » et kébap !
Allons, M. Leclerc,
dites quelque chose !
http://cozop.com/le_blog_de_fleche/une_loi_pour_les_tickets_restaurant
21 août 2009
Gros lot
On apprend qu’un boucher bordelais accumule les ennuis depuis qu’il a gagné la somme de 26 petits millions d’euros. L’alcool semble être l’un de ceux-là ajouté à tous les tapeurs qui viennent lui demander de l’aide. Dans le même temps, le lotto italien ne trouve pas preneur, ce qui signifie que le montant augmente chaque semaine et promet à l’heureux gagnant une somme inimaginable : 140 millions d’euros, déjà. Heureux ? il semble que non. On dit que l’argent ne fait pas le bonheur. C’est vrai mais il améliore l’existence. En tous cas, ceux qui n’en ont pas du tout voient leurs problèmes singulièrement amplifiés. Curieusement, l’alcool touche aussi ceux qui n’ont pas d’argent. Au delà de ces faits qui, n’en doutons pas, font ricaner, tant l’humaine nature est méprisante, se pose le problème de ces sommes. A force de vouloir attirer les plus modestes en leur faisant miroiter une vie sans commune mesure avec leur misérable existence, on a fini par pervertir ce qui peut apparaître comme un coup de pouce de la providence.
Au-dessus de 60 millions d’euros (en fait même avant), cela devient tout à fait inutile voire indécent. Personne n’a besoin d’autant d’argent, ni en ayant la chance de les gagner, ni –encore moins –sur le dos du travail des autres. Faisons une estimation à la louche. On gagne les fameux 60 millions. On se paie un restaurant avec tous les amis pour fêter ça. On se paie la maison de ses rêves. On se paie ce dont on a toujours rêvé. On se paie un grand voyage. On se paie une nouvelle voiture (symbole de la réussite bien plus que la maison confortable). On paie à ses proches ce que l’on sait qui leur manque. Il reste plus de 55 millions ; de quoi vivre plus que confortablement le reste de sa vie sans avoir à la gagner. On ne dépensera jamais un million dans l’année (sauf la première année ainsi qu’évoqué plus haut). Que faire ? c’est là que le vice intervient et que surviennent tous les soucis. L’alcool est le premier, l’envie de changer de partenaire dans la vie peut survenir (comme si l’on pouvait acheter les sentiments), la peur de se faire voler, d’être abusé par tous les nécessiteux suivent et obsèdent. Finalement, ça ne vaut pas le coup.
La solution ? plafonner ces sommes. Au delà des fameux 60 millions et même 20 millions, le gros lot est partagé entre tous ceux qui s’approchent de la combinaison. Il vaut mieux trois gagnants à 20 millions qu’un seul à 20. Trois personnes au lieu d’une seule verrait son sort sensiblement amélioré. Trois foyers participeraient à la vie économique au lieu d’une seule qui, de toute façon, ne pourra jamais tout dépenser et ne dépensera pas plus. Autre cas de figure : la somme est versée à des associations bienfaisantes tirées au sort également. On joue jusqu’au bout.
En attendant, ces sommes pharamineuses sont indécentes, insultantes, malsaines, perverses. Elle causent plus de dommages qu’elles ne résolvent de problèmes réels. Il est temps que ça change là aussi. Au fait, comme dirait l’autre : si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le !
17 août 2009
Dans la rue, l'épée et la pierre.
La
Poste
Près du Jardin du Luxembourg, à Paris, il est une petite rue au nom étrange où se situe une église de belle pierre : c'est la rue de l'Abbé de l'Epée. La petite église n'a rien à voir avec lui. En fait, l'Abbé de l'Epée, comme son nom ne l'indique pas, était un bienfaiteur de l'humanité, trop peu connu, hélas, comme tous les gens de son espèce. C'est lui, l'Abbé de l'Epée, qui a inventé le langage des sourds-muets et a sorti ces malheureux du silence de leur infirmité. Dans le monde entier, et quelque soit la langue ou l'alphabet, les sourds-muets utilisent le même langage fait de mouvements de la main. Les sourds muets peuvent, au moins, communiquer entre eux et avec ceux qui ont fait l'effort d'apprendre ce langage gestuel. Dans son très beau film, Ridicule, le réalisateur Patrick Leconte lui rend hommage. C'est peu pour un tel homme, eu égard à l'œuvre considérable qu'il a humblement accomplie auprès d'enfants rejetés. Un tel personnage méritait bien davantage qu'une ruelle aux marches du quartier latin et où peu de gens habitent. Il aurait fallu une avenue ou une grand place afin que tous se rappellent son invention universelle et le calvaire qu'enduraient les sourds-muets avant lui.
Oh, Louis Braille, autre Français bienfaiteur de l'humanité a à peine plus de renommée mais a, également, donné son nom à une petite rue dans le 12ième arrondissement. Quelle honte ! En plus, ce sont des Français et ils ne sont même pas célébrés dans la capitale de leur propre pays. En revanche, Ornano, Coty, Suffren, Malesherbes, Faure, les batailles de Magenta, Rivoli et même d’Alésia se voient attribuer des artères prestigieuses et peuplées.
la Grande Armée. la Gare
Explication. Sous la
houlette du fameux baron Haussmann, qui a donné à Paris son aspect actuel, les
grandes artères de la capitale ont été tracées. Napoléon III, parvenu au
pouvoir par un coup d'État, a voulu utiliser les gloires du premier empire pour
légitimer le sien. Ainsi, les rues de Paris portent elles les noms des généraux
qui se sont illustrés au cours des nombreuses batailles de
La gauche n'est pas en reste. Tout le monde sait que l'on reconnaît les municipalités communistes aux noms de Paul Vaillant-Couturier, Henri Barbusse et même Lénine. Le reste de la gauche essaie d'imposer Mitterrand après avoir eu quelque succès avec Vincent Auriol ou Léon Blum. En revanche, Pierre Mendès-France reste beaucoup moins coté. Il n'est que jusque au maire de Paris actuel, M. Delanoë qui a imposé, en 2006 soit un an seulement après sa mort, le nom du pape Jean-Paul II pour le parvis historique de Notre-Dame d'où partent toutes les grandes routes nationales.
Pour l'Abbé Pierre, autrement moins contestable, on attend toujours.
Pourtant, ce serait bien de lui donner le nom de la nouvelle grande Avenue de France,
dans le 13ième arrondissement, dans le quartier de Tolbiac,
là où, justement, le grand résistant avait manifesté en fauteuil roulant et en
arborant l'écharpe de la Légion
En effet, Paris, de par sa position capitale dans un pays centralisé à l'extrême, se doit d'honorer les gloires nationales. En province, on ne fait guère mieux. Ces dernières années, on a donné aux maires ayant exercé depuis la fin de la guerre et décédés le nom de la place la plus importante de la commune. Ce faisant, on a bloqué définitivement toutes les possibilités pour leurs successeurs, y compris s'ils ont été meilleurs maires. Alors, il ne reste plus à ces méritants échevins que le nom d'une salle d'un bâtiment communal ou une allée dans un nouveau lotissement puisque la rue principale s'appelle déjà De Gaulle ou Jaurès dans les plus grandes communes et que l'école maternelle s'appelle Anne Franck, l'école primaire Pierre Perret, le collège du nom d'un Résistant et donc, la place principale devant la mairie du nom d'un ancien maire, souvent pas le meilleur. (À noter que les noms cités sont méritants.)
04 août 2009
Rendre à l' Europe
Coïncidence, c’est autour du 4 août, où l’on devrait célébrer l’abolition des privilèges votée, lors d’une soirée épique, par l’Assemblée Constituante de 1789
http://www.m-pep.org/spip.php?article1463
que l’Union Européenne rappelle son rôle néfaste qui l’emporte de plus en plus sur son action bénéfique auprès des populations européennes.
Cette fois, il faut de rendre l’argent. De quel argent
s’agit-il ? de subventions versées illégalement aux producteurs de fruits
et légumes français pendant une dizaine d’années. L’argent vient-il de
l’Union ? nenni ! Alors, de quoi je me mêle ? Eh bien, après
mure et longue réflexion –puisque les faits remontent à une période comprise
entre 1992 et 2002 – la
Commission
On peut se dire qu’il n’est pas tout à fait aberrant de
soutenir la production locale, la production de proximité dans une démarche de
développement durable afin de limiter les transports, cause majeure de
pollution. Cela l’Union européenne ne l’entend pas. Donc, pas la peine
d’ergoter là-dessus. En revanche, on peut prendre la Commission
En fait, cette histoire cache de nombreux éléments ainsi
qu’une tentative sournoise pour démanteler un peu plus la protection sociale.
On sait que l’affaire qui concerne des faits datant de plus de quinze ans a été
dénoncée à la Commission
Comment expliquer autrement le bruit autour de ces
subventions indues quand l’Europe et chacun de ses membres distribue des
subventions à tire larigot, souvent à fonds perdus pour soutenir des secteurs
voués à l’arrêt, pour acheter puis détruire la production afin de maintenir les
cours et ce qui reste d’emploi ? Les sommes en jeu peuvent paraître
considérables pour le Smicard ou le Rmiste mais représentent peu pour un Etat
ou une association d’Etats. En revanche, on passe sous silence les sommes que la France
Certains sites font état d’amendes record : 20 millions
d’euros en 1991 pour la pêche et 58 millions en 2005 pour chaque période de
violation de six mois, toujours concernant la pêche.
On sait que le non respect des périodes de chasse, la pollution
des nappes phréatiques bretonnes par les éleveurs de porcs et la mauvaise
volonté des gouvernements successifs à investir dans les énergies renouvelables
pour ne pas porter ombrage à la vitrine nucléaire de la France
Non seulement le citoyen de base est importuné par les
conséquences du non respect de la législation par les chasseurs mais en plus,
ses impôts servent à payer les amendes afin que les contrevenants puissent
continuer leurs activités gênantes. Quant au non respect des règles
environnementales, elles sont légion particulièrement concernant le retard
de la France
C’est cette accumulation de petites choses qui dégoûte d’une Union européenne perçu, à juste titre, comme tatillonne mais incapable d’imposer un véritable statut du citoyen européen. Alors face à ces dérives habituellement passées par profits et pertes, c’est bien la suppression du Smic et, à terme, la baisse générale des salaires qui se profile. On nous a fait le même coup avec les retraites. Une longue préparation des mentalités et puis, finalement, les salariés eux-mêmes finissent par trouver normal d’allonger la vie de travail. On peut s’attendre à d’autres affaires mises au jour concernant les écarts de salaires entre les salariés européens.
