la lanterne de diogène

Il suffit d'AIMER (sœur Emmanuelle)

04 août 2009

Rendre à l' Europe

Coïncidence, c’est autour du 4 août, où l’on devrait célébrer l’abolition des privilèges votée, lors d’une soirée épique, par l’Assemblée Constituante de 1789

http://www.m-pep.org/spip.php?article1463

que l’Union Européenne rappelle son rôle néfaste qui l’emporte de plus en plus sur son action bénéfique auprès des populations européennes.

 

Cette fois, il faut de rendre l’argent. De quel argent s’agit-il ? de subventions versées illégalement aux producteurs de fruits et légumes français pendant une dizaine d’années. L’argent vient-il de l’Union ? nenni ! Alors, de quoi je me mêle ? Eh bien, après mure et longue réflexion –puisque les faits remontent à une période comprise entre 1992 et 2002 –

la Commission

estime que ces subventions destinées à soutenir les producteurs faussent la concurrence. Et ça, pour la commission européenne, c’est impardonnable ! « La concurrence libre et non faussée », vous connaissez.

 

On peut se dire qu’il n’est pas tout à fait aberrant de soutenir la production locale, la production de proximité dans une démarche de développement durable afin de limiter les transports, cause majeure de pollution. Cela l’Union européenne ne l’entend pas. Donc, pas la peine d’ergoter là-dessus. En revanche, on peut prendre

la Commission

au mot : la concurrence n’est pas « libre et non faussée » dans la mesure où tous les salariés des producteurs européens ne sont pas soumis au même statut. Des profondes distorsions existent à partir du moment où des salariés, en France par exemple, bénéficient d’un traitement plus favorable que leurs homologues espagnols ou polonais travaillant en Allemagne. La différence de salaires peut aller de 5€ de l’heure pour ces derniers à 12€ pour les Français. Dans un cas, les cueilleurs sont peu déclarés, dans l’autre, la législation permet de faire travailler les étrangers à un tarif de misère. Il s’agit bel et bien d’une entrave à la concurrence. Or, cette dérive n’est nullement sanctionnée, bien au contraire. Dès lors, on peut raisonnablement penser que tous les grands principes contenus dans le « Traité de Lisbonne » ne sont que balivernes quand il s’agit, en réalité, de soumettre les classes moyennes et de favoriser les emplois précaires.

 

En fait, cette histoire cache de nombreux éléments ainsi qu’une tentative sournoise pour démanteler un peu plus la protection sociale. On sait que l’affaire qui concerne des faits datant de plus de quinze ans a été dénoncée à

la Commission

de la concurrence par une lettre anonyme. D’abord, on peut s’étonner qu’on sorte cette affaire maintenant. Ensuite, on peut se demander qui a intérêt à affaiblir les producteurs français en ce moment. Enfin, comme c’est l’énorme différence entre les traitements des cueilleurs qui est au fond du problème, on peut penser qu’on est en train de préparer les esprits à une suppression –au moins partielle –du Smic.

 

Comment expliquer autrement le bruit autour de ces subventions indues quand l’Europe et chacun de ses membres distribue des subventions à tire larigot, souvent à fonds perdus pour soutenir des secteurs voués à l’arrêt, pour acheter puis détruire la production afin de maintenir les cours et ce qui reste d’emploi ? Les sommes en jeu peuvent paraître considérables pour le Smicard ou le Rmiste mais représentent peu pour un Etat ou une association d’Etats. En revanche, on passe sous silence les sommes que

la France

doit verser chaque année à l’Union Européenne pour non respect de la réglementation européenne notamment en matière de chasse et d’environnement.

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2008-12-09/ogm-la-france-condamnee-a-10-millions-d-euros-d-amende/917/0/298293

Certains sites font état d’amendes record : 20 millions d’euros en 1991 pour la pêche et 58 millions en 2005 pour chaque période de violation de six mois, toujours concernant la pêche.

On sait que le non respect des périodes de chasse, la pollution des nappes phréatiques bretonnes par les éleveurs de porcs et la mauvaise volonté des gouvernements successifs à investir dans les énergies renouvelables pour ne pas porter ombrage à la vitrine nucléaire de

la France

nous pénalisent régulièrement.

 

Non seulement le citoyen de base est importuné par les conséquences du non respect de la législation par les chasseurs mais en plus, ses impôts servent à payer les amendes afin que les contrevenants puissent continuer leurs activités gênantes. Quant au non respect des règles environnementales, elles sont légion particulièrement concernant le retard de

la France

dans les énergies renouvelables.

 

C’est cette accumulation de petites choses qui dégoûte d’une Union européenne perçu, à juste titre, comme tatillonne mais incapable d’imposer un véritable statut du citoyen européen. Alors face à ces dérives habituellement passées par profits et pertes, c’est bien la suppression du Smic et, à terme, la baisse générale des salaires qui se profile. On nous a fait le même coup avec les retraites. Une longue préparation des mentalités et puis, finalement, les salariés eux-mêmes finissent par trouver normal d’allonger la vie de travail. On peut s’attendre à d’autres affaires mises au jour concernant les écarts de salaires entre les salariés européens.

 

Posté par la colere à 18:19 - politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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