la lanterne de diogène

Il suffit d'AIMER (sœur Emmanuelle)

06 octobre 2009

Dénis de démocratie

Ils ont voté et puis après ?

C’est par ces mots que Léo Ferré fustigeait la démocratie qui demeure pourtant le moins mauvais de tous les régimes politiques. Or, ces dernières années, la plupart des décisions importantes sont prises par les gros intérêts privés par-dessus les Etats tandis que les résultats des suffrages démocratiques sont ignorés. Dans le premier cas, les grands groupes multinationaux exercent un chantage sur les pays démocratiques y compris les mieux installés comme ceux de l’Europe. Leur arme tient dans le chômage organisé. Il suffit de fermer une unité de production dans un pays pour lui couper les jambes et faire infléchir la politique intérieure. Ailleurs, on nage dans le virtuel puisqu’il s’agit de faire miroiter des investissements.

 

C’est dans ce contexte que se situent les différentes élections européennes depuis une vingtaine d’années. D’une part, les pays fondateurs de l’unité européenne voient leurs populations se désintéresser de la chose. D’autre part, les référendums organisés tournent à la mascarade quand les électeurs osent avouer qu’ils n’adhèrent pas à des projets technocratiques. Autrefois, le Danemark a été sommé de faire revoter ses gens afin de ne pas faire mauvaise figure. En échange, on a concédé un certain nombre de prérogatives qui, en passant, vident les traités de leur substance. On a rejoué le même navet avec l’Irlande en rassurant les susceptibles insulaires. D’autre part, quand on craint le résultat, on préfère ne pas convoquer d’élection. Le parlement, qui d’ailleurs est issu du suffrage démocratique s’arroge le droit de décider du sort de la population. Ces pratiques sont dignes des régimes totalitaires.

 

Dans ces conditions, on se demande s’il faut continuer à faire voter. Alors que l’on réclame partout plus de prise en compte des opinions, on s’ingénie à limiter l’usage des référendums. D’ailleurs, le fait que l’on se prononce davantage pour ou contre le pouvoir en place plutôt que sur la question ne plaide en faveur ce scrutin. Faut-il, dès lors s’interdire ce recours ? Quant aux échéances électorales, elles donnent, trop souvent, l’impression qu’elles servent à maintenir un personnel politique de plus en plus éloigné du quotidien de la population tandis que l’on pressent que les grandes décisions échappent aux chefs d’Etats eux-mêmes ; alors à plus forte raison par l’élu local.

 

C’est dans ce contexte aussi que, faute de pouvoir se faire entendre par les voies démocratiques institutionnelles, par les manifestations de rue, des syndicats et des organisations politiques ont provoqué une consultation qui, à l’exception de bureaux de votes définis, avait tous les aspects d’un scrutin banal. Il s’agissait de demander à la population son avis –par référendum –sur l’avenir du statut de la poste. Or, ainsi qu’indiqué plus haut, on craint l’opinion. Donc, un véritable référendum qui tournerait au désaveu de la politique libéraliste du gouvernement n’a aucune chance d’être organisé. Pourtant, comment se faire entendre si tous les moyens habituels sont déniés ? Attention, les moyens pacifiques ne sont indéfinis. On en aura vite fait le tour. Dès lors, que restera-t-il pour faire entendre sa voix ?

Posté par la colere à 21:02 - politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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