Une réaction à chaud, pour une fois, sur la nomination de Mathieu Gallet à la présidence de Radio France ou, comme il faut dire à présent, du « groupe Radio France ».

 

Donc, le CSA a tranché. Le collège a consulté, reçu, écouté. Le collège a finalement nommé le moins favori de tous. Moins favori car il est jeune (37 ans), n'a pas d'expérience de la radio et se trouvait face à des candidats autrement plus chevronnés.

http://www.telerama.fr/radio/radio-france-six-candidats-pour-un-seul-siege,108793.php

nous apprend qu'il est surtout connu pour avoir voulu privatiser en partie la société dont il est l'actuel PDG, à savoir l'INA et le fonds prestigieux qu'il recèle. On devine aussi qu'il est brillant et charmeur puisqu'il se fait nommer aux postes les plus intéressants après un vulgaire entretien. C'est assez rare pour être souligné à notre époque où l'on ne peut rien avec ses seules compétences personnelles si l'on n'a pas de sérieux appuis. C'est valable pour les emplois les plus alimentaires comme pour les postes d'encadrement et de direction.

 

En lisant l'article, on comprend que le CSA prend date. La révolution numérique est en cours et il ne s'agirait pas de tenir la radio dite de « service public » à l'écart. Mathieu Gallet arrive en voulant transformer un simple groupe radiophonique en un véritable groupe multimédia. On verra si l'intersyndicale de Radio France publiera un communiqué intitulé « Nous sommes une radio », afin de s'opposer à la transition.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2014/02/15/29218938.html

 

Un ancien journaliste de Radio France a rappelé que, de retour en France après avoir été longtemps correspondant du groupe aux États-Unis, M. Jean-Luc Hees aurait déclaré : « Internet, ça marchera jamais en France ». Tout le monde a le droit de se tromper dans ses prévisions. C'est facile, après coup, de distribuer les bons et les mauvais points, mais certainement que le peu d'enthousiasme de M. Hees vis à vis du numérique a dû compter dans le non renouvellement de son mandat. Sûr que M. Hees qui a dû mettre en avant son bilan avec, notamment, les bons scores d'Inter, doit l'avoir mauvaise. On peut penser raisonnablement qu'il paie sa nomination par le Président Sarkozy. On se souvient de l'invraisemblable flot de commentaires à propos de l'amitié entre Madame et le petit Philippe Val et les renvois d’ascenseurs mutuels qui ont fait oublier les compétences réelles de M. Hees. Il doit l'avoir mauvaise, surtout après avoir rebondi, après avoir pris le fauteuil de celui (M. Cluzel) qui l'avait viré de son poste directorial quelques années auparavant. On sait l'homme posé. Il restera de glace quand le jeune impétrant fera son entrée dans le bureau présidentiel et y restera.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2010/01/17/16554106.html

 

Il connaîtra quelque peu les sentiments qui animent ceux qui ont réussi dans leurs fonctions et qui se trouvent licenciés alors même qu'ils espéraient, sinon une promotion, au moins quelques compliments. Rappelons qu'un an après sa nomination, son directeur d'Inter, M. Val, avait viré six animateurs producteurs et, quelques mois avant, le duo Addès et Dambert.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2010/05/01/17750903.html

 

Il avait aussi « remercié » Mme Brucy, autre candidate au fauteuil, alors qu'elle avait imposé le réseau France Bleu. Évidemment, ce n'est pas ça qui a été retenu par le CSA mais plutôt le souvenir de sa nomination. En effet, le CSA voulait, par dessus tout, montrer son indépendance. On peut douter un peu de cette indépendance si l'on se rappelle que son président actuel, M. Schrameck n'avait pas non plus d'expérience dans l'audiovisuel mais une bonne connaissance des cabinets ministériels de gauche. Par conséquent, nommer quelqu'un connu pour se sympathies à droite montre plus que tout l'extrême indépendance du collège... Et puis, M. Schrameck a dû penser aussi que, en cas de retour probable de la droite aux affaires, il conservera son poste. L'histoire de l'audiovisuel prouve le contraire mais il ne doit pas la connaître. Qu'on se souvienne de Mme Langlois-Gandier, nommée sous la gauche. Elle avait cru garder son poste en s'entourant, avant le retour de la droite aux affaires, d'un encadrement très marqué à droite. Ça n'est jamais assez lors du retour des émigrés. Elle avait été remplacée à la présidence de FR 3 par l'un de ceux qu'elle avait propulsé : M. Han.

 

M. Gallet, lui, est surtout connu pour être entré au cabinet du Ministre de la Culture où il a, notamment, fréquenté M. Frédéric Mitterrand. Gageons que celui-ci, recyclé en animateur culturel sur le bateau amiral du « groupe Radio France » conservera son poste quel que soit le directeur d'Inter qui préparera la grille de rentrée. Renvois d’ascenseurs, disions-nous.

 

En attendant, Pascale Clark a déjà lancé une pique. Alors qu'elle ironisait sur l'actrice Julie Gayet, voici qu'elle conclut son éditorial à la manière d'un Frédéric Pommier par une question absurde concernant Mathieu Gallet. Ainsi, elle suggère que la nomination de son patron serait dû à un favoritisme inspiré au plus haut. Il est vrai qu'elle en connaît un rayon puisqu'elle est revenue sur Inter en raison de ses bonnes relations avec Jean-Luc Hees. Gageons qu'elle retournera sur RTL ou Canal + où la soupe n'est peut-être pas meilleure mais plus abondante.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2010/09/14/19060609.html

 

On va sans doute gloser sur le sort de M. Val, le très controversé directeur d'Inter qui affiche des scores plus qu'enviables. Sans doute va-t-il se répandre sur le fait qu'il a été injustement sanctionné, que ses ennemis ne manquaient pas parmi ses salariés. Il est vrai qu'il en connaît un rayon en matière de conspiration. On ne s'inquiète pas pour son avenir. On peut penser que plus personne ne l'embauchera nulle part, sauf, peut-être, comme intervenant sur les ex radios périphériques comme il le faisait avant. On peut penser alors qu'il va créer son propre journal ou un média original (du moins dans son idée) et qu'il s'entourera de Pascale Clark et quelques autres. Peut-être que M. Hees y tiendra-t-il un éditorial sur le monde équin. Qui vivra verra.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2006/07/08/2256761.html

 

La lanterne de Diogène suivra attentivement l'évolution, d'autant que, depuis le mois d'août 2013, le nombre de visiteurs a presque doublé et que les articles qui concernent M. Val assurent la moitié de ce score

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2013/08/14/27824192.html

 

et que les autres articles consacrés aux animateurs d'Inter suivent dans la foulée. Forcément, tout ne nous plaira pas dans la grille de la rentrée, surtout si elle s'inscrit dans la continuité de la parlote. On ne change pas les habitudes en quelques mois. Nous serons attentifs, surtout, à l'évolution des pratiques d'écoute de la radio.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2013/02/22/26476272.html

 

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2012/03/09/23715631.html

 

M. Gallet est un homme de ce siècle (ce qui n'est pas notre cas). Il est né en écoutant les « radios libres », a connu leur extinction et leur remplacement par les radios privées commerciales. Il connaît les appareils multimédia actuels – et notamment les smartphones – qui permettent d'avoir accès à tout, avec un appareil de la taille d'un portefeuille.

 

Concernant la grille, suggérons-lui seulement de s'ouvrir au monde et de rétablir une grande émission d'information internationale à la manière de celle de MM. Four et Duvic lorsqu'ils faisaient, alternativement, « Et pourtant elle tourne ». Une telle émission n'est possible que sur une radio affranchie des contraintes publicitaires. Cette émission accordait, chaque jour, plusieurs minutes à l'actualité du numérique. D'abord déplacée, la chronique d'Hélène Chevallier est passée à la trappe. Il est vrai qu'un PDG qui ne croyait pas à l'Internet ne doit pas non plus imaginer qu'on puisse faire de la radio autrement que comme il a toujours connu. On peut d'ailleurs penser que son âge n'a pas plaidé en sa faveur.

 

Parlant de chroniques disparues, mentionnons celle, hebdomadaire aussi, de Nathalie Fontrel sur l'environnement. À l'heure de Fukushima, on comprend qu'il vaille mieux ne pas affoler les bobos parisiens. Dormez tranquilles, bonnes gens.

 

À notre tour de poser une question à la manière de Frédéric Pommier. En confiant de nombreuses interventions (en tout genre) à des personnes comme Nicolas Beytout, Jean-Marie Colombani, Dominique Reynié, Caroline Fourest plutôt qu'à des journalistes maisons comme Hélène Chevallier, Nathalie Fontrel, M. Philippe Val voulait-il donner des gages à la droite ou bien traduisait-il une réelle évolution de sa pensée ?

 

On relira :

 

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2011/07/10/21579281.html

 

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2010/10/15/19334491.html

 

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2010/09/14/19060609.html

 

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2010/07/10/18547409.html

 

 

PS

Je sais que ça n'a rien à voir avec notre propos mais, ce vendredi 28 février, il est curieux d'entendre sur Inter, une nouvelle réclame maison pour le DVD du film d'Abdellatif Kechiche alors que la cérémonie des César va avoir lieu ce soir et que, n'en doutons pas, « La vie d'Adèle » va réaliser une razzia. Inter veulent-ils faire pression ou ont-ils des tuyaux que le grand public ignore ?