Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. L’an dernier, pour les dix ans, j’avais prévu de faire le point ; d’autant que le blog battait tous ses records de fréquentation. Tu penses : sans pub, sans notoriété, sans réseau, plus de 300 visiteurs nouveaux chaque semaine et pour lire les sujets les plus variés et les plus improbables.

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Je suis toujours navré de voir que les articles qui m’ont demandé le plus de recherche, le plus de réflexion, le plus d’originalité ; les articles qui dont je suis le plus fier, sont justement ceux qui ne sont lus. D’un autre côté, la critique des médias et, notamment d’Inter cartonnent sans que ça soit lié à l’actualité ou à une publication récente. Les cinquante ans de France-Inter sont toujours aussi lus. Pour avoir récemment assisté à l’enregistrement du « Jeu des milles € », j’ai pu constater que le public vient uniquement parce qu’il se passe quelque chose dans le village mais ne connaît rien, ni du jeu, ni de la station. En attendant que commence la sélection des candidats, les gens consultent leurs smartphones : « Dis-donc, ça fait plus de 50 ans que ça existe France-Inter ! » ou bien « Ils mettent que c’est le jeu radiophonique le plus anciens. Avant ça s’appelait le Jeu des mille francs... » etc. La population en âge de travailler et venant avec des enfants adolescents a toujours connu les radios locales et les radios commerciales. Ils ne savent rien des radios généralistes qui se partageaient l’audience, il y a plus de trente ans...Dommage que les patrons de ces vieilles radios ne l’aient pas compris et s’abritent derrière les résultats trompeurs de l’audience qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne reflètent en rien la réalité sur le terrain.

Et puis, il y a toujours l’article qui a le plus de succès depuis sa publication : « Il pleut ». Comprenne qui pourra.

Par conséquent, l’auteur se lasse. Désormais les réactions à chaud se font davantage sur les « réseaux sociaux » que sur les blogs qui pallient l’impossibilité de publier, sous forme de livre, les écrits souvent talentueux des blogueurs. Donc, le rythme de publication va encore baisser et ce, d’autant plus que ceux qui étaient les destinataires de ce blog, au départ, ne le fréquentent plus depuis longtemps et que j’ai établi d’autres relations avec les visiteurs les plus anciens et les plus fidèles. Certains (il se reconnaîtra) m’ont tendu une main secourable et amicale quand j’en avais besoin. Je me dois de faire encore quelque chose pour récompenser la fidélité. De nos jours, les choses évoluent très vite. Il y a 11 ans, les ordinateurs personnels (parfois portables) équipaient la plupart des foyers. C’était déjà une révolution quand on pense qu’il y a un peu plus de quinze ans, c’était encore rare et, ceux qui étaient « branchés » allaient au cyber-café ou dans des grands centres qui proposaient des dizaines de postes, très bien connectés. Ça, c’était dans les grandes villes. Pour communiquer, toucher un public plus large, se faire des amis, on créait un blog. Aujourd’hui, les PC se vendent encore pour les particuliers mais mal. Les PC portables tendent à disparaître des grandes enseignes de distribution. Tout le monde possède un smartphone et joue avec ses pouces pour voir les informations qu’on obtenait sur un écran de 40 cm de long. D’autres préfèrent la tablette. Les services publics et même certaines entreprises proposent des applications pour communiquer avec leurs clients via les smartphones. En très peu d’années, ce qui semblait une tendance lourde s’avère à bout de souffle. Les choses vont très vite. Il n’y a que la classe politique qui ne le comprend pas et surtout la partie qui est au service de la finance internationale qui, elle, l’a très bien compris mais fait durer le système pour en tirer les bénéfices jusqu’à la dernière goutte.

Cette année, la fréquentation a baissé de moitié mais je communique autrement et de façon plus interactive. C’est toujours ce que je regrette avec ce blog, le peu de commentaires. Donc, je m’adapte.