Quelques impressions en vrac à l’issue des premières rencontres :

 

Les habitués de la lanterne de Diogène ont, sans doute, remarqué cet étrange drapeau brandi par un spectateur vers la fin de la rencontre Espagne-Portugal.

Nous aurons reconnu sur fond blanc, les lignes brisées bleues et rouges convergeant vers une sorte d’étoile à quatre branche au centre. Il s’agit du drapeau des Assyriens. Or, aucune équipe correspondant au territoire revendiqué par les chrétiens d’Orient de langue arabe ou persane mais dont la liturgie s’exprime dans un dialecte araméen ; la langue parlée par Jésus lui-même.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2015/03/03/31638857.html

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2012/05/04/24114310.html

Bien sûr, rien n’empêche quelqu’un de brandir le drapeau de son choix mais on peut y voir aussi la preuve que le retour de la Russie au Moyen-Orient est bien perçu par les minorités chrétiennes comme un espoir, sinon d’obtenir une certaine autonomie, au moins un statut leur permettant de vivre en paix.

 

Les commentateurs français n’accordent que très peu d’intérêt aux déclaration du Président Poutine concernant la religion. Les Français ont consacré plus d’un siècle à écarter les curés du pouvoir tout en s’apprêtant à accorder un statut de faveur à l’islam, deuxième religion de France mais très minoritaire malgré la place qu’elle occupe dans les médias et dans les commentaires. Dès la chute du communisme, la Sainte Russie est revenue et avec elle la primauté à la religion dans l’affirmation de l’identité russe. Pourtant, les Français préfèrent gloser sur les frasques de l’autocrate russe plutôt que d’analyser sa diplomatie offensive au Moyen-Orient par le prisme de la religion. Il faut bien dire que, d’une part, l’orthodoxie russe est largement méconnue par ici et, d’autre part, les interventions militaires russes en Syrie compliquent notre vision des choses. En apparence, la Russie soutient la dictature d’Assad mais dans quel but et jusqu’à quel point ? Toujours est-il que la Russis n’a jamais cessé de vouloir être reconnue comme la puissance de référence au Moyen-Orient et est en passe de le redevenir.

drapeau assyrien (diogène)

Un mot sur le drapeau assyrien, à la base de ce commentaire. Nous avons déjà fait remarquer que beaucoup de nations sans État ni même autonomie ont opté pour un étendard compliqué et difficile à reproduire. Reproduire, signifie pouvoir le confectionner soi-même, à partir de chutes de tissu, de bombes de peintures sur un mur. Force est de constater que tant le Tibet que l’Assyrie brillent par leur invisibilité. On ne peut pas dire que ça aide à faire connaître leur cause ; déjà que quasiment personne ne sait où situer leurs territoires et encore moins ce que les aléas de l’Histoire leur ont fait subir.

Les Assyriens ont soi-disant voulu représenter avec ces lignes ondulées bleue, blanche et rouge, les trois fleuves qui baignent leur territoire. On croyait pourtant qu’il n’y en avait que deux : le Tigre et l’Euphrate entre lesquels s’étend la fertile Mésopotamie, où commence l’Histoire du monde occidental ; bien que située au Moyen-Orient. En haut, se trouve un soleil et autres symboles liés au dieu Assur qui a donné son nom à l’Assyrie. Au centre, on trouve deux losanges bleus qui se croisent. On cherche, en vain, un symbole chrétien sur ce pavillon alors même que les Assyriens n’existent en tant que tels que par leurs langues (dérivées de l’araméen donc) et leurs religions issues de la toute première communauté chrétienne de l’Histoire. Il y a là quelques aberrations qui ne vont certainement pas aider à connaître leur cause et encore moins à la défendre. Une autre explication à la présence de ce drapeau dans un stade russe, il y a une communauté assyrienne reconnue en Russie.

 

Retour au football

Lors du choc, Espagne-Portugal, on apprend incidemment que Ronaldo a marqué après avoir remonté la jambe de son flottant. On a rappelé qu’il y a vingt ans, Zidane avait aussi marqué après relevé la jambe de son flottant. Dès lors, on peut se demander s’il n’est pas temps d’en finir avec ses culottes ridicules qui descendent jusqu’aux genoux, seule partie de la jambe découverte puisque les mollets sont aussi recouverts par de longs bas qui cachent les protège-tibias. On sait que c’est Daniel Hechter, président du PSG, qui a relancé la mode des « shorts » longs. Évidemment, en tant que couturier, il a tendance à rajouter du tissu, ce qui nous vaut ces culottes courtes à rallonge du plus mauvais effet.

 

Sur le plan technique, remarquons que le 4-3-3 est de retour après près de 30 ans d’absence. Pendant ce temps, on avait surtout vu des 5-4-1 car le plus important était de ne pas prendre de but. On s’interrogeait sur la manière de favoriser le marquage. On avait même proposé d’allonger la cage. Finalement, on revient à la raison avec 3 attaquants.

 

Et puis, une curieuse façon de parler : on dit que Messi a raté un pénalty. En fait, c’est le gardien adverse – islandais en l’occurrence – qui a arrêté le tir de l’Argentin. Il faudrait en finir avec ce point de vue qui minimise systématiquement le gardien des cages alors que, depuis la fin des années 1970, on a enfin compris que le gardien n’est pas le mec sympa mais incapable de courir et de marquer, tout juste bon à attendre, casquette vissée pour ne pas prendre froid, que les attaquants adverses visent sa cage.

 

iran bat maroc

Regrettons parmi les parraineurs officiels de la Coupe du Monde, la présence de cet hideux marchands de poulets aux hormones produits dans un des États-Unis. Le bonhomme qui est l’emblème de la marque illustre parfaitement ce dialogue emprunté au film « Un éléphant, ça trompe énormément » : il a le type antisémite !

 

Après la première journée, les grandes équipes se sont neutralisées : le Portugal et l’Espagne et le Brésil et la Suisse. De sont côté, l’Allemagne, tenante du titre a été battue par le Mexique. L’Iran est en tête de son groupe. C’est à cause de choses comme ça qu’on aime la Coupe du Monde.