Nous poursuivons nos chroniques du Mondial par le petit bout de la lorgnette.

Suite des drapeaux. Après celui des Assyriens, on a pu en voir quantité d’autres, incongrus dans la mesure où il s’agissait de nations qui ne sont pas qualifiées.

Curieusement, les supporteurs français, peu nombreux, semblent être ceux qui bénéficient le plus du renforts de ces nations lointaines. Ainsi, contre l’Uruguay, drapeaux libanais, algérien, pakistanais, ouzbek… Insistons sur le drapeau algérien qui montre bien que les anciens colonisés, qu’ils vivent en Algérie indépendante ou en France, soutiennent les Bleus. Pan sur le bec de ceux qui voudraient poursuivre la guerre d’Algérie par d’autres moyens. Que ce soient ceux qui veulent que des Algériens soient forcément hostiles à la France et aux Français ou ceux, dans l’autre camp, qui ne veulent voir en eux que des profiteurs. Les deux existent mais, heureusement, ceux que nous connaissons n’appartiennent ni à l’un ni à l’autre camp et vivent paisiblement au point de partager l’enthousiasme des supporteurs français.

Toujours côté supporteurs, le quart de finale slave était plaisant à regarder tant le jeu était correct alors même que les deux nations sont hostiles. Seulement, le public russe, forcément en masse et entièrement acquis à son équipe arrivée à ce stade pour la première fois, ne se contentait pas de supporter sa sélection. Il leur fallait encore huer et siffler chaque fois qu’un joueur croate était en possession du ballon. Ce sont des choses comme ça qui font qu’on aime mieux regarder le football à la télévision. Au moins, n’est-on pas contraint de subir la mauvaise foi (et encore est-ce moindre mal) de la plupart des voisins de gradins.

 

socrates et tigana - 1986

Revenons sur la taille de la culotte pour observer que les tireurs de coups de pieds arrêtés ont presque tous dû la retrousser. En clair, ça gêne. Les différentes télévisions nous montrent des images d’anciennes Coupes du Monde ; généralement pour faire un clin d’œil au spécialiste présent sur le plateau. Donc, ça ne remonte pas aux temps antédiluviens quand les shorts méritaient bien leur nom. Ensuite, aux mauvais gestes habituels s’ajoute le tirage du short.

 

Parlons de mauvais gestes. On a tendance à penser qu’avec l’arbitrage vidéo, ils vont disparaître puisque tout se voit. Rien n’est plus faux. L’arbitrage vidéo ne fait rien à l’affaire puisque ce n’est pas la vidéo qui est nouvelle mais son usage pour assister l’arbitre à la demande. S’il n’y a pas demande, les pires mauvais gestes continuent à révolter le public sans qu’on n’y puisse rien. On sait que certains joueurs sont habitués à casser les tibias de l’adversaire. On sait que d’autres sont habitués à profiter du moindre frôlement pour s’écrouler dans des torsions indescriptibles. Malgré tout, rien n’y fait et ça continue. L’Uruguay qui avait montré un visage intéressant lors des dernières éditions est retombé dans ses travers : casser les tibias d’entrée de jeu. Pourtant, à part quelques protestations des commentateurs, il n’y a jamais de suite. Et encore, protestations il y a lorsque l’adversaire est français. Le reste du temps, on parle de gestes « un peu virils ». Le problème, c’est que, au cours de certaines rencontres, des fautes légères ont été sanctionnées à l’étonnement du fautif, tandis que la veille, la même faute n’avait même pas donné lieu à un coup franc. Un minimum de coordination est souhaitable.

Quant à l’Uruguay, il serait temps de mettre cette équipe au ban. Depuis 1930 (et même avant sans doute puisque « la celeste » affiche sans vergogne 4 étoiles sur son maillot), c’est l’équipe des coups de satons, des bousculades y compris contre le joueur qui n’a plus le ballon. Ça mérite au moins d’être dénoncé plutôt que de voir, à chaque fois, les commentateurs s’extasier, avant la rencontre, sur ce petit pays (donc forcément sympathique), toujours présent dans la compétition, sur ces joueurs qui enchantent les championnats européens, avant de s’étonner, horrifiés devant le sinistre spectacle offert. 90 ans qu’on entend les mêmes conneries sur l’Uruguay et 90 ans qu’ils cassent du bois à chaque rencontre, même amicale.

 

Un mot encore sur l’arbitrage. Comment se fait-il qu’un arbitre argentin officie dans un match où joue une équipe qui est pratiquement la sosie de l’Argentine ? Idem, un Hollandais pour arbitrer les Anglais et les Suédois. Il serait bon que, au moins pendant le Mondial, on choisisse un arbitre d’une autre confédération que celles des deux équipe confrontées. Il y a quand même six confédérations. Ça devrait être possible.

Justement, parlons de ces confédérations. Au niveau des quarts de finale, il n’y avait déjà plus que l’Amérique du sud (CONMEBOL) et l’Europe (UEFA). L’Amérique du nord et centrale (CONCACAF) ne peut compter, comme d’habitude, que sur le Mexique, surprenant vainqueur de l’Allemagne, tenante du titre. Aucune équipe africaine (CAF) n’a passé la phase de poule, qu’il s’agisse de l’Afrique du nord ou de l’Afrique noire. On se consolera en se disant que quelques équipes européennes, surtout la France, alignent des joueurs dont les parents ou eux-mêmes sont originaires de ces régions. L’Asie (AFC) a étonné avec la Corée et le Japon mais l’Iran, habitué de la compétition, ne parvient toujours pas à se hisser en huitièmes de finales. L’Océanie (OFC) est encore absente puisque l’Australie fait partie de la confédération asiatique. Pire, à l’issue des quarts de finale, ce sont encore quatre équipes européennes qui vont s’affronter ; dont le pays organisateur, la Russie. C’était déjà le cas en 2006 et il faut remonter à 2002 pour voir trois confédérations présentes en demi-finales : Brésil (*****), Allemagne (***), Turquie, Corée. Il y a presque toujours une équipe sud-américaine dans le dernier carré. Force est de constater que le football sud-américain n’existe plus. Le Brésil court après sa splendeur passée. Le maillot jaune surmontant la culotte bleue fait toujours rêver mais déçoit. L’Argentine et même l’Uruguay sont à bout de souffle, incapables de tenir plus d’une heure de jeu face à de très jeunes Français inexpérimentés. Ils vont rencontrer l’étonnante Belgique, troisième au classement de la FIFA et toujours très forte quoi que fort discrète ; à l’image de son peuple.

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Finalement, quel que soit le résultat final, ça fait plaisir de voir d’aussi jeunes joueurs arborant le maillot frappé du coq gaulois. Leur enthousiasme, leur technique, leur plaisir à jouer et à jouer ensemble sont une leçon qui dépasse largement le cadre du football français.

 

 

Sélection de liens :

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