Je dois à Pétillon nombre de fous rires. Le premier a dû se produire en découvrant le dessin de Pétillon dans BD Magazine,

pétillon - corseéphémère hebdo de l’équipe du Charlie-Hebdo historique, à moins que ça ne soit dans (À suivre) car je ne suis pas familier du Canard Enchaîné. Et puis, dans Le Matin de Paris (seul quotidien de gauche non communiste et artisan de la victoire de 1981), il y avait « Le baron noir ». Pétillon était bourré d’idées, toutes plus drôles les unes que les autres.

Sa valeur immense a été reconnue avec la parution de « L’Enquête corse », où son génie met en scène son détective maladroit qui, bien malgré lui, découvre l’ampleur de la question corse. Le peuple corse, si susceptible, a pourtant fait un triomphe à cette bande dessinée où il se reconnaissait trop bien. De passage sur l’île de beauté pour présenter et signer son « Intégrale corse », il a rencontré un succès auprès de ses lecteurs insulaires. Il a recommencé avec « L’affaire du voile », toujours avec le même personnage improbable, qui explore les quartiers où ceux qui en parlent le plus n’y mettent jamais les pieds. « Enquête au paradis » dénonce à la fois les paradis fiscaux et la presse à sensations.

L’humour dissimule mal la profonde connaissance des dossiers traités et nul doute que ses planches feront autorité quand il s’agira d’illustrer les questions qu’il a abordées, à l’instar du célébrissime dessin de Caran d’Ache sur l’affaire Dreyfus.

 

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