Une fois de plus, le sommet de la Francophonie s’achève en eau de boudin. Avec l’appui de la France qui veut remettre les pieds au Rwanda après que son Président (depuis 2000) lui ait tourné le dos, mis fin à l’enseignement du français au profit de l’anglais et adhéré au Commonwealth, la candidate appuyée par le Rwanda, Mme Louise Mushikiwabo a été élue au poste de Secrétaire. Les pays africains s’en réjouissent puisque la présidence revient à nouveau au continent noir après l’intermède américiain de Mme Michaëlle Jean, Canadienne d’origine haïtienne.

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À chaque réunion de l’OIF, nous faisons ce constat navrant et la question se pose : à quoi sert l’OIF ?

Quand on voit que, parmi les membres à part entière, figurent des pays comme l’Albanie, l’Arménie, la Bulgarie, la Grèce, la Macédoine du nord ou l’Égypte, on peut émettre des doutes sur la cohérence et le sérieux d’une telle institution.

Officiellement, l’OIF est née du besoin des pays francophones de disposer d’un cadre pour maintenir des relations privilégiées notamment entre la France et ses anciennes colonies. S’y ajoutent la promotion d’un style de vie et de valeurs face à la suprématie anglophone qui impose ses normes et ses standards au monde entier.

Or, dans les pays cités, on ne parle pas français et on ne l’utilise même pas comme langue internationale. En Égypte, les noms des rues sont traduits en anglais après l’avoir été en français et les Droits de l’Homme qui figurent dans les valeurs défendues par l’OIF n’ont jamais été respectés. Ne parlonspas de la situation chez les membres associés et observateurs.

 

Malgré tout, l’OIF enregistre sans arrêt de nouveaux candidats à l’adhésion. Il est vrai que si l’on s’assoit sur les Droits de la Personne humaine et même sur la francophonie, il n’y a pas de raison de refuser les demandes. L’OIF est en train de devenir une mini ONU ou UNESCO ; à moins qu’on préfère dire l’ONUESC. C’est bien ce que dis M. Jocelyn Coulon, diplomate québécois. Tout ceci est stupide surtout si l’on observe ce qui se passe à l’ONU depuis plusieurs années. Beaucoup d’États membres ne cachent pas qu’ils ont adhéré autrefois pour avoir la paix mais qu’ils exigent, aujourd’hui, des dérogations au respect des valeurs fondamentales de la Charte des Nations Unies, notamment en matière de respect des Droits de l’Homme et surtout des droits de la femme. Pour la Francophonie, on peut penser que ce sont les subventions qui intéressent certains pays qui s’empresseront aussitôt de réclamer des dérogations sur la diffusion de la langue française et sur les Droits de la Personne humaine. D’autan plus que’ils ne sont pas francophones puisque la population qui parle français ne représente que 3 % de la population mondiale.

 

Selon l’article https://culturebox.francetvinfo.fr/culture/sommet-de-l-oif-la-francophonie-a-l-heure-des-questions-280399#xtor=EREC-15-[Quotidienne]-20181009-[actu]&pid=

des membres souhaitent revenir aux fondamentaux de l’institution et ne plus se perdre dans des missions qui ne relèvent pas de sa compétence et pour lesquelles elle ne dispose d’aucun moyen. Rappelons ici, notre attachement à la langue française pour exiger de l’OIF que ses membres, au minimum, utilisent le français comme langue administrative ou comme langue internationale quand la langue officielle est peu diffusée ou utilise un alphabet localisé ; ce qui est tout même le cas de quatre pays sur les six cités précédemment. Il est de toute première instance qu’il n’y ait pas de cours en anglais dans les universités des pays membres à part entière ou observateurs. Seulement, comment l’exiger quand, en France même, on commence à envisager des cours en anglais dans certaines universités ou grandes écoles ? Comment l’exiger quand, en France, l’Institut Pasteur et d’autres organismes de recherche publient leurs travaux exclusivement en anglais ? Comment l’exiger quand, en France, on laisse des marques employer des slogans publicitaires en anglais, y compris des marques françaises comme Renault ou Air France dans lesquelles l’État a encore une participation ? Comment l’exiger quand on vient, aujourd’hui même, de changer les noms des carburants à la pompe pour adopter des sigles anglais ? le GPL devient le LPG…

 

Autre série de questions sur l’OIF : Que dire du Rwanda (avec un « w » selon les règles de l’anglais) qui vient d’adhérer au Commonwealth, dont le Président s’exprime désormais en anglais notamment pour annoncer sa candidate au poste de Secrétaire de l’OIF ? En tout cas, il a déjà adopté la mentalité anglaise puisqu’il entend s’éloigner de l’OIF dans les faits tout en espérant la diriger. Il dirige déjà l’Union Africaine depuis cette année. La réponse du Président français est édifiante puisque, selon lui, ce qu’il appelle le « plurilinguisme » est un avantage qu’il n’est pas loin d’encourager. « Plurilinguisme » est un euphémisme pour traduire l’abandon du français et des autres langues locales au profit de l’anglais et de ses standards. Rappelons en passant que l’influence de l’anglais dans le monde ne concerne pas seulement l’usage de la langue mais aussi de ses règles phonétiques pour les transcriptions en alphabet latin de mots – de noms propres en général – écrits dans un alphabet différent (arabe ou chinois surtout). C’est particulièrement vrai pour le son ‘je’ transcrit en anglais par ‘zhe’ puisque la lettre ‘j’ se prononce ‘dje’ en anglais. On en arrive à modifier des noms qui nous étaient familiers comme Djakarta (devenu Jakarta ainsi que le correcteur d’orthographe vient de le confirmer) ou djihad de plus en plus écrit « jihad » en anglais. Il ne vient plus à l’idée de personne d’écrire Changaï avec un ‘C’. Ça paraît anecdotique mais cette extension des normes anglophone dans tous les domaines et notamment de la vie courante, façonne notre manière de penser. Si nous défendons, ici, le français et les autres langues face à l’anglais, ce n’est pas par haine de la langue de Shakespeare mais parce que, comme l’a démontré George Orwell dans son fameux « 1984 », le contrôle du vocabulaire induit la façon de penser. Il n’est pas étonnant que quelqu’un comme le Président Macron, technocrate et financier anglophone, ne trouve rien à redire à la primauté de l’anglais parmi les membres de l’OIF et qu’il se trouve très à l’aise dans la « mondialisation » qui n’est autre que l’imposition du mode de vie anglo-américain et des standards anglais avec tout ce que ça signifie en matière économique.

 

Il est frappant de voir que le Guide du Routard utilise systématiquement la transcription des noms propres, noms de lieux, en anglais, comme si la présence de ‘k’, ‘w’, ‘z’ était une preuve d’authenticité pervertie par l’usage du français ou de l’espagnol, toujours présentés comme une rémanence de la colonisation. À croire que la diffusion de l’anglais a été un choix de bon goût des populations. Curieux de voir comme la culture protestante privilégie les standards anglo-américains. Quand la conscience s’exprime dans une langue, elle en adopte nécessairement le système de valeurs exprimé par cette langue. Par conséquent, la défense du français et des langues autres que l’anglais est une nécessité pour la défense de la diversité culturelle et humaine.

 

 

 

https://culturebox.francetvinfo.fr/culture/sommet-d-erevan-emmanuel-macron-appelle-a-reinventer-la-francophonie-280503#xtor=EREC-15-[Quotidienne]-20181011-[actu]&pid=

https://actualite.20minutes.fr/politique/2352519-20181011-deplacement-emmanuel-macron-arrive-armenie-francophonie-aznavour#xtor=EREC-182-[actualite]

https://www.la-croix.com/Monde/Francophonie-pleine-errance-2018-10-11-1200975208

http://www.rfi.fr/europe/20181011-oif-sommet-erevan-discours-macron-trudeau-baroud-honneur-michaelle-jean-francophonie

https://culturebox.francetvinfo.fr/culture/la-rwandaise-louise-mushikiwabo-elue-a-la-tete-de-la-francophonie-280559#xtor=EREC-15-[Quotidienne]-20181012-[actu]&pid=