Je fais ce blog pour apporter un regard différent et pour aborder un sujet sur un angle original.

Je sais bien que mes écrits n’ont aucune influence sur quoi que ce soit. Je partage mes observations. Ici, je remarque juste que la plupart des réticences à la féminisation des noms provient de femmes ; pas toutes les femmes mais celles qui ont le pouvoir de se faire entendre et qui prétendent, généralement, s’exprimer aux nom de toutes les autres. Les autres ont souvent d’autres préoccupations plus concrètes et plus terre à terre. Par conséquent, lorsqu’une femme s’exprime, elles ont tendance à approuver, pensant qu’elle ne peut pas aller contre les intérêts de la gent féminine. C’est ainsi, à mon avis que les métiers importants n’ont pas et n’auront pas de féminin, sauf avis contraire de l’une d’entre elles. On s’est focalisé, à la publication du rapport sur le mot « écrivaine » et ,pour ainsi dire, seulement sur ce mot. Ça me semble très révélateur.

Au lycée, une prof, nous faisait remarquer que même s’il existait des doctoresses, on ne leur disait pas « Bonjour doctoresse » ou « oui doctoresse ». Idem pour les avocates et les notaires qui ne se font pas appeler « maîtresse ». De « maître » qui impose le respect et une distance on passerait à l’appellation d’une simple institutrice, profession qui correspond à un complément de revenus pour un couple, à un premier effort de promotion sociale voire à un manque d’ambition ou de compétence. Ça explique aussi pourquoi notre directrice de la faculté d’anglais avait une plaque à la porte de son bureau qui mentionnait « Directeur de l’UER » et que c’était régulièrement barré par des doigts errants qui préféraient « Directrice de l’UER » et ainsi de suite. Il faut rappeler que les facultés de langues sont très majoritairement féminines. On oppose toujours le « ça fait », chaque fois qu’il y a une proposition de simple bon sens. « Directrice », ça fait directrice d’école, pouah ! « Entraîneuse », ça fait… Il y a toujours quelque chose qui ne va pas pour féminiser les noms et les noms de métier notamment et l’Académie Française n’y est pour rien.

Ce qui correspond à l’Académie Française au Québec (mais en moins guindé) propose, à chaque fois et rapidement des équivalents aux termes nouveaux qui sont en général d’abord en anglais. Les Français se sentiraient humiliés s’ils adoptaient les vocables trouvés par « nos cousins ». Toujours ce complexe de supériorité des Français vis à vis des anciennes colonies ou des petits voisins francophones. « Nos cousins », « nos amis » mais jamais « nos frères » ; toujours un intervalle. Je doute cependant que, même avec un autre point de vue, la population française, la plus intelligente du monde, se précipite sur des mots à consonance anglaise. Il suffit que quelqu’un découvre un mot (qui existe depuis toujours évidemment) pour qu’aussitôt il soit repris. En ce moment, deux mots ont été découverts par des Christophe Colomb à la petite semaine : « gap » et « spread » auquel il faut ajout le curieux « spoiler ». Tout ça pour dire un fossé et un écart. Oui mais « gap » ça fait mieux et c’est plus court. Même « challenge » pourtant autrement plus long que « défi » l’emporte. Il y a toujours un prétexte pour employer le vocable anglais ou prétendument. Je rappelle toujours que « consumérisme » désigne en anglais le mouvement de défense des consommateurs tandis qu’en français, il désigne le contraire, le système qui pousse à la consommation. Tout ça pour ne pas dire « capitalisme » parce que « ça fait » lutte des classes. J’ai rappelé récemment qu’à une époque, quelqu’un avait découvert que la livre irlandaise était appelée « pounte » et que ce découvreur état persuadé que c’était un vocable familier alors que « pound » veut dire « livre », tout simplement. N’empêche que pendant des mois, on a parlé de la « pounte ».

Je disais que ces débats n’ont pas vraiment d’importance parce qu’il n’y a pas assez d’internautes, de « fureteurs » qui lisent mes articles et encore moins qui adhèrent à mes observations. Au départ, j’ai fait ce blog pour des amis et pour quelques membres de ma famille que la vie a éloignés à qui je veux laisser une trace. D’autres sont venus parce qu’ils y trouvent ce qu’ils n’ont pas forcément le temps d’exprimer par écrit. Je propose donc un autre point de vue, une montée sur la table à la manière du professeur mythique du « Cercle des poètes disparus ».

Ici, j’ai voulu pointer ce recours, de plus en plus fréquent à l’argument spécieux. C’est drôle parce que, moi aussi, j’ai pensé au Vatican dans cette affaire. Je n’ai pas voulu en parler parce que, chaque fois qu’on parle de religion, on marche sur des œufs. Il y en toujours qui, parce qu’on ne dit pas les choses tels qu’elles sont dans les livres sacrés sont persuadés qu’on critique voire qu’on attaque quand bien même on dit la même chose mais autrement. J’évite même les allusions aux religions mais puisqu’on en est là, trop tard pour reculer. On reproche au pape de prêcher l’abstinence avant le mariage et les relations sexuelles dans un seul objectif de procréation. C’est prêter un pouvoir démesuré à l’évêque de Rome. C’est sur le continent le plus catholique, où la population est sans doute la plus fervente, à savoir l’Amérique du sud, qu’il est le plus facile de s’envoyer en l’air. Les jeunes portent volontiers une petite croix autour du cou qui ne les empêchent pas de flirter et même plus si affinités. En fait, l’argument spécieux, outre qu’il donne à celui qui en use la légitimité pour attaquer, insulter, calomnier, selon les cas, lui permet de s’exonérer de ses propres responsabilités. En l’occurrence, pendant qu’on accuse l’Académie Française d’être responsable du patriarcat (vocable qui a remplacé celui de « phallocratie »), on évite de remettre en cause les bases de la société. Tant qu’il y aura l’Académie Française, on dira que c’est à cause d’elle que la cause des femmes n’avance pas. Et comme elle ne sera jamais supprimée, les inégalités les plus flagrantes perdureront parce que la plupart des hommes ne sont pas prêts à lâcher le morceau et que le patronat n’a pas envie d’augmenter les salaires féminins. L’Académie Française a bon dos et permet de maintenir les inégalités. Je cite souvent Mme Michèle Dessenne, cofondatrice du mouvement des Pénélopes (féministe), qui affirme qu’à partir du moment où l’on accepte que les femmes ne gagnent pas autant que les hommes pour un même travail, on accepte toutes les autres inégalités et injustices.