D’abord, une précision, je n’ai aucune confiance dans les étudiants en Histoire puisque c’est justement en entendant l’un d’eux (à l’époque) me parler de périodes et d’événements que j’ai vécus que j’ai décidé de faire ce blog. Il se trouvait que ce qu’il m’en disait ne correspondait pas. Je ne prendrai qu’un seul exemple. Il m’a sorti que le Président Giscard était centriste et qu’il avait fondé l’UDF ; ce qui est d’ailleurs repris par tous les IEP. Absurdité puisque, s’il a été soutenu par les centristes, en effet, lui-même venait de la grande bourgeoisie de droite qui ne l’a plus soutenu quand il a prétendu « gouverner au centre ». On sait que dépité, il appelé alors Barre, qui loin d’être centriste a diffusé en France les idées les plus libéralistes de l’École de Chicago. Quant à l’UDF, la Constitution ne permet pas que le Président se mêle de politique intérieure quand bien même il en est l’acteur principal. Le PR est le Président de tous et pas d’une faction. En tout cas, aucun PR ne peut se permettre ni d’être membre actif d’un parti, ni encore moins d’en créer un pendant son mandat. L’UDF a été fondée au premier trimestre 1977 suite à la création du RPR (en décembre 1976) dont l’hégémonie menaçait l’équilibre de la majorité et, bien sûr, fragilisait le Président de la République. C’était une idée de Jean-Jacques Servan-Schreiber qui s’était fait traiter, à cette occasion de « turlupin de la politique » par M. Chirac qui sentait son initiative devant le porter à la Présidence le contrarier.

Je me suis dit que si, sur un épiphénomène (avec le recul) de la vie politique, on pouvait dire n’importe quoi, il devait en être de même pour des événements autrement plus importants. C’est aussi pour ça que je reviens souvent sur la mort de Malik Oussékine, au cours d’une manifestation, selon la version officielle. À 22 h 30, personne ne manifeste… d’autant que je me trouvais sur les lieux une demi heure auparavant. Par conséquent, je sais de quoi je parle.

Sur le gaullisme, je n’oublie pas non plus qu’à l’époque, De Gaulle était l’objet de critiques et de caricatures permanentes et que s’il est regretté par ceux qui auraient été ses adversaires aujourd'hui, c’est en raison de sa politique sociale (la « participation ») et sa fermeté sur le plan international qui assurait l’indépendance de la France. Dire aux É-U, de front, que la France quitte l’OTAN basé à Paris n’était pas seulement un symbole. Je me rappelle aussi que, à l’époque, les gens se plaignaient tout le temps et notamment des prix trop élevés. Également, en 1979, L’Express pouvait titrer sur « les années Pompidou, les années heureuses » en soulignant qu’elles correspondent à des relations apaisées avec les partenaires de la France. La Grande-Bretagne entrait dans le Marché Commun, le roi Fayçal ibn Saoud d’Arabie était reçu à Paris et les relations avec Nixon étaient au beau fixe. Il fallait en profiter puisque LA crise allait commencer en octobre 1973 avec le premier choc pétrolier à l’initiative de l’Arabie saoudite, d’ailleurs. Donc, mon intention n’est pas d’enjoliver la figure du Général qui n’en a pas besoin mais, simplement, de montrer qu’il existe une voie économique qui a fonctionné avec succès et qui fonctionne ailleurs, en Chine, avec succès également et que toutes les autres politiques menées depuis et notamment celles qui s’éloignent le plus de l’économie planifiée conduisent à l’impasse où nous sommes et où il est difficile, malgré le pouvoir des médias aux mains des partisans de ces politiques funestes, de nier l’échec patent.

Nous sommes dans une fuite en avant. Les années 2000, ont vu le capitalisme exiger la privatisation des pages jaunes et des renseignements téléphoniques pour continuer à se développer et trouver de nouveaux marchés. C’est dire où il en réduit : privatiser l’annuaireEn ce moment-même, le Mondial de football féminin fait l’objet d’un tapage qui ne s’explique que parce que le marché du football masculin est parvenu à son plafond et que, déjà, les droits télévisés vont baisser. Seule une coordination de l’économie peut encore le sauver. Je ne crois pas en un homme fort, type De Gaulle, même si une partie de l’opinion y est favorable et est même allée jusqu’à souhaiter que le général de Villiers joue ce rôle. Les temps ont changé mais les solutions qui ont marché et qui fonctionnent en Chine ne changent pas beaucoup. On ne peut pas compter sur la bonne volonté des populations ni sur la « main invisible du marché ». Tout ça n’est que foutaise (foutage de gueule comme on dit maintenant) et superstition. Sous le mandat du Président Sarkozy, quelqu’un comme M. Estrosi affirmait que c’est en travaillant davantage que la croissance allait repartir et que des emplois seraient créés. Il concluait : « c’est d’une logique implacable ! ». On connaît la suite. L’actuel PR parle, lui, de « ruissellement ». Or, on constate depuis des lustres qu’il n’y a pas adéquation entre l’augmentation de l’activité et la création d’emplois. La raison tient, en partie aux nouveaux modes de production qui nécessitent moins de recourir à la main d’œuvre. Seule une planification peut imposer une répartition équilibrée entre les besoins de travail et l’augmentation de la population, que ce soit par de manière traditionnelle par les naissances et l’allongement de la durée de vie ou par l’immigration qui ne cessera pas, qu’on le veuille ou non.

 

Sinon, je ne suis pas sûr que nous divergions tant que cela. Le constat dressé dès la 2e page (dactylographiée), à partir de «  Cependant, il y avait une relative homogénéité au sein de la population française »me convient parfaitement. Que pourront les 500 millions d’Européens (en supposant que tous se reconnaissent comme tels) et leurs belles normes environnementales face aux 7 milliards d’autres qui se fichent de leur environnement parce que, à court terme, il faut manger et faire manger sa famille et que, tant pis si le motoculteur qui arpente la rizière pollue presque autant qu’une locomotive diesel, si le car de transport régulier émet autant de CO2 qu’un avion.

Juste un mot sur le chauffage. Oui, cher Jérémy tu pointes un aspect fondamental du marché de la location en France. Les propriétaires installent des convecteurs électriques dans les appartements qu’ils louent parce que c’est pas cher, facile à poser et que, pour le reste, le locataire se débrouillera avec sa facture d’électricité. Sans compter que, dans le cas de maisons construites pour être louées, on fera monter de simples parpaings, sans trop d’isolation coûteuse et qu’on laissera au locataire le soin de se protéger du froid. Du reste, compte tenu de la forte demande de logements, il n’y a aucune raison pour qu’un propriétaire investisse dans l’isolation et un chauffage performant sachant que même sans ça, il trouvera pléthore de demandeurs. Pour le reste, tu as tout dit : l’Allemagne mais aussi le Danemark et les autres pays scandinaves sont équipés de panneaux solaires et construisent désormais des bâtiments et maisons individuelles à énergie positive, c’est à dire qui produisent plus qu’elles ne consomment. Malgré tout, l’arrogance proverbiale des Français les pousse à se gausser de ces Scandinaves et de ces Teutons qui privilégient les énergies soi-disant intermittentes et donc qui doivent s’éclairer à la bougie en hiver et se chauffer au charbon. Pourtant, on sait que ces peuples vivent plutôt mieux que la moyenne mondiale et ne semblent pas trop souffrir de cette intermittence énergétique qu’on met en avant ici pour ne rien faire. Seulement, là-bas, il n’y a pas de lobby nucléaire pour asséner que cette énergie de « l’ancien monde » a un avenir malgré l’évidence.

énergie

C’est dire l’ampleur de la transition écologique dans un pays comme la France qui a pris un retard sur toutes les énergies modernes et s’entête à faire de l’énergie avec un dérivé de la bombe atomique, aujourd'hui dispendieuse et menacée pour son approvisionnement en raison du terrorisme en Afrique de l’ouest, et pour sa maintenance, en raison de la cession à General Electric d’une part de la technologie nucléaire française. Retard sur l’énergie donc, mais aussi retard sur les économies d’énergie. Jusqu’à présent, tout ce que les pouvoirs publics ont trouvé, ce sont des spots publicitaires pour inciter à inciter les ménages à se brosser les dents en fermant le robinet, à prendre des douches plutôt que des bains, comme si l’on avait le temps de faire couler un bain le matin avant de partir au boulot et que toute la famille attend à la porte de la salle de bains que l’autre ait enfin fini. Il y a encore les spots pour inciter à maintenir 17° dans l’appartement à une époque où la frilosité est revendiquée. Pour finir : « L’énergie est notre avenir, économisons-là ! » et ça figure aussi sur nos factures ; un comble !

Juste une parenthèse pour rappeler que, dans les villages, alors que les rues sont désertes la nuit et même le plus souvent dès 18 h 30, on exige que l’éclairage public fonctionne toute la nuit. Idem dans les immeubles collectifs où l’on exige des couloirs et escaliers éclairés en permanence (plutôt que des minuteries) et des radiateurs dans les parties communes. Les contradictions sont aussi un frein à l’évolution.

Il n’y a pas que le chauffage et l’électricité. Dans un monde fini, on a besoin de transports en commun performants et pas seulement pour les grandes distances. Il se trouve que, en France, nous avons encore un réseau ferroviaire qui demande, certes, à être remis en état mais qui a le mérite d’exister au contraire des routes connectées pour des camions autonomes. Or, Sncf fait tout pour fermer ses lignes, tant les omnibus locaux que les trains de marchandises. En ce moment, on monte en épingle « le train de Rungis » qui va s’arrêter et mettre son équivalent en camions sur les routes et les autoroutes. Les routes plutôt parce que nombre de chauffeurs voudront rogner sur des péages hors de prix maintenant.

https://www.midilibre.fr/2019/06/04/train-primeurs-perpignan-rungis-on-nous-a-menti-il-sarretera-au-15-juillet,8237516.php

Mais on a raison de rappeler que c’était le dernier train frigorifique dans un pays comme la France…

À chaque remise en état d’une voie, on en profite pour mettre en place un service alternatif provisoire mais qui permet d’étudier la satisfaction du public en vue de le pérenniser quand bien même on a investi dans une nouvelle infrastructure. On a déjà vu Sncf démonter des voies toute neuves. Maintenant, il n’y en a plus que pour la voiture électrique alors même que les batteries ne sont pas encore au point, qu’on ne sait pas les recycler et que les terres rares sont issues des guerres et du travail des enfants. Déjà dit mais il est bon de le répéter. Une récente étude publiée par l’ADEME montre que les voitures électriques ont davantage d’impact sur l’environnement que les voitures thermiques actuelles.

https://www.amisdelaterre.org/L-ADEME-dit-enfin-la-verite-sur.html

 

En clair, la France fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait et accentue son retard, ce qui signifie que lorsque la transition écologique ne sera plus comprise comme un caprice de quelques privilégiés mais comme une nécessité impérieuse, il faudra faire appel aux autres et augmenter la dépendance. Ça se fera dans une situation où la France n’aura plus d’État fort et devra négocier en situation d’infériorité car oui, quand tout est fait pour affaiblir le rôle de l’État pour se conformer aux normes de l’UE favorables à tous ses concurrents, la France ne sera plus une puissance voire un recours pour nombre de peuples mais un membre parmi d’autres d’une union de pays qui agit d’abord contre leurs intérêts.

Notre propos n’est pas de cultiver une vague nostalgie, « de regretter la douceur de la lampe à huile, la marine à voile et les grands équipages », comme ironisait le grand Charles, ni de chercher des solutions dans un passé révolu. Nous savons que les époques ne sont pas transposables et que les Trente Glorieuses étaient mal vécues par beaucoup et que des poches d’exclusions existaient partout. Seulement, à la différence d’aujourd’hui, il existait pour tous l’espoir d’en sortir. En 1971, le Premier Ministre Chaban-Delmas pouvait dire : « C’est ma plus belle journée depuis que je suis Premier Ministre » en assistant à la destruction du dernier bidonville. Depuis vingt ans, ils sont revenus et se développent le long des autoroutes aux entrées des grandes villes. Notre propos est de rappeler ce qui a marché et qui marche ailleurs. En effet, il faut un État fort ; ce qui ne signifie pas nécessairement un État policier comme en Chine qui applique, par ailleurs et avec succès les solutions éprouvées ici pendant cette trentaine d’années après la guerre quand il fallait reconstruire et renforcer ; et dans un contexte de guerre froide. Aujourd'hui l’équivalent de la reconstruction s’appelle la transition écologique et la menace vient du terrorisme. Ce n’est pas en affaiblissant l’♫4tat qu’on parviendra à redresser la barre surtout si l’on considère que l’écologie est un luxe dispendieux et ce n’est pas en l’affaiblissant, en prêtant le flanc aux coups, qu’on pourra séduire la population tentée par le repli et porter un projet qui recueille un assentiment relatif. À l’heure où la politique montre, depuis deux ans que droite et gauche sont disloquées, où les problèmes environnementaux ne peuvent être dissimulés ni minimisés, où le chômage n’en finit pas depuis le temps qu’on prétend lutter contre, on ne va pas rassembler et encore moins susciter un semblant de patriotisme (qui n’existe plus en France depuis des décennies) en disant « il faut faire des économies » et en supprimant tout ce qui a fait le succès de la France.

 

 

https://muestracine.wordpress.com/2013/09/05/la-transicion-del-planeta-a-las-energias-renovables-un-sueno-que-se-esta-convirtiendo-rapidamente-en-una-realidad/