France Info Télévision propose un rappel salutaire de ce qu’est Astérix à l’origine, à savoir une satire de la France gaulliste. Il s’agissait de reproduire à l’échelle d’un village armoricain la situation de la France qui résiste au reste du monde sous l’impulsion de son chef « ombrageux » dans un contexte où l’occupation où le souvenir de l’occupation est encore présent. Par extension, chaque fois qu’un groupe isolé manifeste sa volonté de ne pas se laisser faire ou imposer une loi allogène, on parle du « village gaulois » ; il faut comprendre celui d’Astérix.

https://www.francetvinfo.fr/culture/bd/uderzo/on-vous-raconte-l-histoire-d-asterix-le-gaulliste-ou-comment-la-droite-drague-l-irreductible-gaulois-depuis-soixante-ans_3658961.html#xtor=EPR-749-[NLbestofhebdo]-20191026-[content3]

Nous avons, à plusieurs reprise rappelé cette base de départ et son dévoiement après le succès incroyable de cette série. Succès qui a été très tôt confirmé par l’utilisation des personnages d’Astérix dans les publicité. Dès le milieu des années 1960, Astérix est partout et cet enracinement lui confère un statut à part. Évoluant dans une époque ancienne mais réelle, le succès a très tôt insinué que l’environnement était forcément réel. Personne ne veut admettre qu’il peut se laisser entraîner et, par conséquent, il suffit de quelques personnages réels (Scipion, Cassivellaunos, Cléopâtre et surtout César) et de quelques faits historiques (Gergovie, Alésia et la capitulation de Vercingétorix) qui ancrent les aventures dans la réalité pour que tout le reste soit considéré comme authentique. Bien sûr, ce n’était pas l’intention des auteurs qui ont toujours privilégié la caricature, les clins d’œil (les pirates de la série « le Démon des Caraïbes ») et l’intrusion de personnages contemporains (James Bond, Annie Cordy, Chirac) mais le public s’est approprié la série et en a fait l’Histoire officieuse, remplaçant le roman historique par la BD satirique. Astérix a popularisé la bataille d’Alésia et permis au site douteux près de Semur-en-Auxois de s’imposer comme lieu officiel de la reddition de Vercingétorix.

Nous avons rappelé aussi que la formule « nos ancêtres les Gaulois » n’a pas plus de réalité que le poêle au fond de la classe près duquel la plupart des Français prétendent avoir suivi leur scolarité ou le nombre de gens qui ont assisté aux adieux de Brel à l’Olympia. Dans les années 1950, Boris Vian se saisit d’une anecdote que lui raconte Henri Salvador. Enfant, il apprenait sur les bancs de son école communale en Guyane la fameuse formule. Sauf que c’était dans les années d’avant-guerre. Salvador est né en 1917. Par conséquent, aucun Français de métropole n’a eu entre ses mains un manuel qui la comporte. Rien n’y fait, les plus jeunes des adultes sont persuadés l’avoir apprise et sont persuadés aussi que, Astérix à l’appui, la France (dont on voit la carte en page de garde) s’appelait la Gaule et que, par voie de conséquence, ses habitants étaient les Gaulois. On sait qu’il n’en est rien et, d’ailleurs, la carte astérixienne se garde bien de proposer des contours et des frontières.

https://www.lhistoire.fr/nos-anc%C3%AAtres-les-gaulois

 

astérix - AN

Si France-Télévision fait montre de pédagogie avec cet article et les sujets diffusés à l’antenne, il n’est pas sûr que le grand public le ressente de cette façon, accepte la conclusion du reportage et change son point de vue. Au contraire, en affichant des bulles d’Astérix sur les colonnes de l’Assemblée Nationale, Astérix acquiert le quitus institutionnel qui lui manquait encore et devient l’Histoire officielle. Nous reprenons notre formule : « Notre ancêtre Astérix » !

 

Notre ancêtre Astérix

Astérix a trouvé Alésia

..à l'image d'Astérix

Sarkozix

Le CETA et les Wallons