Tout cela nous ramène longtemps en arrière (Rien avant ma naissance !)

Et même si cela nous paraît douloureux/triste/surréaliste/impensable (rayer la mention inutile), et pour en revenir au sujet de l'article, il faut se dire que pour les gens nés après 1989, et même chez ceux nés dans le courant des années 70, la chute du Mur, ça a autant de sens que la tragédie de la baie des Cochons.
Il y avait un mur et au-delà, un système politique oppressif, des tyrans, des milices, le délit d'opinion, des dissidents, et en arrière-plan une idéologie révolutionnaire qui a échoué. Puis il y a eu des révoltes, il y a eu Gdansk, Solidarnosc, la venue d'un pape polonais en terre communiste, il y a eu Gorbatchev et la Perestroïka, et on a abattu le mur.
On ne s'interrogera pas plus avant sur la façon dont se sont orchestrées ces révoltes ni pourquoi elles ont éclaté à ce moment-là plutôt qu'en pleine guerre froide, au plus fort de la dictature communiste, quand les langues ont commencé à se délier sous l'impulsion des dissidents passés à l'ouest ; sur le sens que recouvrait cette binarité est-ouest, dissoute après 1989, et ce qui s'en est ensuivi.

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Nos jeunes quadras et leurs rejetons ont toujours connu l'Europe "unifiée" sous l'emprise des marchés qui a succédé à celle d'une tyrannie parée de généreux atours qui, très vite, sont devenus les uniformes cloutés de médailles en chocolat d'une litanie de sombres apparatchiks. Technocrates et tycoons ont pris le relais. L'oppression est patente mais ne se fait répressive que poussée dans ses retranchements. On va aujourd'hui faire du tourisme à Prague, Budapest, Saint-Pétersbourg, Bucarest. Ce qui subsiste du passé communiste, ce sont ces barres d'habitation gigantesques où l'on entassait les prolétaires.

Pour tenter d'établir un parallèle et essayer de comprendre quelque chose à cette faillite de la mémoire chez ceux pour qui rien n'était, antérieurement à leur entrée dans l'"âge de raison", essayons de nous glisser dans leur peau, nantis du bagage mémoriel de la génération à laquelle nous appartenons.

Nés dans le courant des années 60, devenus ados dans l'effervescence et idéologique et créative et libertaire des années post-soixante-huitardes, puis adultes dans ces années 80 fertiles en reniements où nombre d'entre nous situent l'entrée dans des années de plomb qui connaissent actuellement leur hapax, quel rapport avions-nous à l'Occupation, à la Shoah, aux guerres d'Indochine et d'Algérie ?

Je ne veux pas ici me faire l'avocat de ces journalistes et, au-delà, de ces générations sourds et aveugles à ce qui les a précédés. Je me demande juste si ce phénomène n'a pas toujours été là.

 

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