"C'est le serpent qui se mord la queue et qui à force de mordre, va s’auto-cannibaliser.
Cela dit, je ne me fais pas trop de souci pour les commentateurs-propagandistes de la Pensée unique promis aux barques de licenciements programmées à Radio-France. Ils ont leurs réseaux, ils sont partie intégrante du système, ils en sont les courroies, il y aura toujours un coup de piston pas loin. Et puis que sont-ils, sinon des minutes de fond sonore ? Que représentent-ils en tant que références ? Qu'on ne s'inquiète pas, parmi les auditeurs d'Inter qui n'ont pas connu "la différence", et pour qui la radio c'est de la télé qui parle dans le poste pour vendre de la télé : Nagui restera fidèle au poste entre midi et deux et Antoine de Caunes continuera d'assurer la tranche horaire jadis occupée par Daniel Mermet. (…)

 

baguettes

Dans cette province profonde dont les européistes convaincus ignorent tout, où ils ne mettent jamais les pieds, on ferme des classes mais on ouvre des Lidl pourvoyeurs d'emplois précaires aux horaires coupés ; on ferme des services hospitaliers, on regroupe des hôpitaux de campagne en une seule structure centralisée à cinquante kilomètres de petites villes où il faudra s'arranger pour ne pas avoir à accoucher en urgence, faire un AVC, un infarctus - sauf à habiter sur place ; on ferme des bureaux de poste dans un souci de rationalisation : quels courriers reçoit-on désormais, à part des factures ? Qu'on ne recevra bientôt plus, lorsque les prélèvements automatiques deviendront obligatoires. Quant aux colis, on ira se les chercher au tabac du coin, quand il en reste un, et on gérera son compte en banque par internet. (…)

En attendant, ce qui caractérise le mieux l'Europe néolibérale aux yeux du chaland, celui qui descend dans la rue se faire éborgner par la milice comme celui qui se contente de subir l'extension du domaine des privations de libertés, c'est la précarité, le chômage, la monnaie de singe qui d'un jour de 2002 à son lendemain, a amené la baguette de pain qu'il payait 0,90 centimes de francs à lui coûter 0,90 centimes d'euros, soit environ 5,90 francs. Mais oublions la vieille monnaie, nous a t-on martelé à l'époque, soyons modernes, l'euro est la monnaie commune à toute l'Europe... même si sa valeur n'est pas la même juste à côté, pour le frontalier qui va mesurer la différence en allant faire ses courses de la semaine en Allemagne, acheter ses cigarettes et son essence en Espagne, ses fruits et légumes et ses chaussures et ses vêtements et ses alcools en Italie. Quant au concept de concurrence libre et non faussée dont se targuent nos chers européistes, on voit ce qu'il en est au moment de choisir un fournisseur d'électricité, un fournisseur d'accès internet, qui va nous vendre l'eau du robinet.


Pas facile de faire jouer la concurrence : le produit de base, à savoir l'électricité et les paquets de données, tiennent à un monopole détenu par l’État, qui va ventiler au plus offrant des multinationales en lice, lesquelles vont revendre des fragments du produit de base à d'autres multinationales et fournisseurs d'accès moins importants dont certains sont de leurs filiales, l’État se ménageant le droit de lever diverses taxes qui s'ajoutant à l'abonnement forcé, vont grossir la facture des usagers que nous sommes. Quant à l'eau, pas trop de choix. Soit le maire a signé avec une multinationale, soit, dans le souci de conserver son fauteuil lorsque les tarifs se font scandaleux, il a re-municipalisé la distribution de l'eau, accordant à une multinationale la gestion des eaux usées. Dans tous les cas, le gagnant est l'actionnaire, l'usager le dindon de la farce européenne.

Comme le Français n'a pas la mémoire si courte qu'on le dit, et qu'il se souvient des factures modiques de la Compagnie Générale des Eaux, de celles d'EDF qui fut la Fée Électricité avant de devenir la bête noire des hivers accablés par le tout-électrique où on se chauffe avec parcimonie, du gaz dont on ne mesurait pas la consommation, de France-Télécom du temps où on avait un bureau sous la main pour ouvrir une ligne téléphonique, de la Poste qui assurait deux distributions de courrier par jour, du petit train qui permettait de gagner les villes voisines sans avoir à prendre sa voiture, de la petite école à deux rues de là où il emmenait encore ses gamins avant qu'elle ferme pour devoir entasser les mêmes gamins, trop tôt réveillés, dans un car scolaire en partance pour une autre école, plus loin, trop loin ; il se souvient de l'hôpital communal qui garantissait l'accès aux soins, et qui a fermé au profit d'une structure centralisée qui regroupe urgences et maternité, mais à l'autre bout de la ville ou carrément dans la ville voisine. Il faut sans cesse se déplacer et on nous dit qu'il faut sauver la planète en troquant sa voiture contre un vélo, prendre les transports en commun même s'il n'y en a pas, ou peu, aux horaires inadaptés. Plus largement, il se souvient, le Français, des loyers encore accessibles qui lui permettaient d'habiter où il le souhaitait et non il on le peut encore, c'était au temps où travailler voulait dire gagner sa vie et non créer les richesses des autres, à savoir, grossir leurs dividendes.

Eh bien, ce Français-là, il ne s'apitoiera guère sur le sort du chroniqueur-"journaliste"-propagandiste de la Pensée unique de France-Inter/France-Culture/France-Info/RFI qui se trouvera congédié au motif de restriction des "dépenses de l’État", argument qui structurait ses interventions à l'antenne."

 

 

L’intégralité est à retrouver en commentaire de Grève à Radio France