L'ami Gérard nous propose des extraits d'un livre de poésie qu'il vient de terminer

PETITES CHRONIQUES LITTÉRAIRES

 

Dans un petit livre de 88 pages, facile à lire, écrit par François CHENG, poète et académicien franco-chinois, publié aux éditions Desclée de Brouwer et portant le titre : 

« Œil ouvert et cœur battant - comment envisager et dévisager la beauté»,

j’ai lu avec beaucoup de bonheur les passages suivants, que je vous livre et que je vous invite à méditer :

 

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« Notre présence au monde peut nous paraître banale ou miraculeuse, selon la sensibilité de chacun. Mais, tous, nous admettons qu’il y a là un mystère. Nous n’étions pas là, et un beau jour, nous nous découvrons là, pour un laps de temps. Une fois plongés dans ce monde tel qu’il s’offre à nous, deux phénomènes, entre autres, nous frappent particulièrement, deux phénomènes extrêmes qui constituent pour ainsi dire des mystères dans le mystère, celui du mal et celui de la beauté. »

 

« Le mal, nous savons ce qu’il est, tant la vie humaine en est rongée. Il y a le mal causé par les maladies ou les calamités naturelles. Il y a celui que les hommes infligent aux autres hommes. Ce dernier est bien plus terrifiant. »

 

(…) « La beauté, nous savons aussi ce qu’elle est. Chacun en a l’expérience et nous partageons des impressions communes, depuis le ciel étoilé, les grandioses paysages, jusqu’au moindre vol d’oiseau entre les nuages, à la moindre herbe caressée par la brise. »

 

(…) « En effet, la beauté a le don de provoquer en nous les ressentis les plus forts et les plus immédiats, des ressentis aussi bien charnels qu’émotionnels. »

 

(…) « La beauté se révèle donc un élément primordial dans notre quête d’une lumière qui éclairerait notre destin. »

 

(…) « Nous ne sommes pas tous artistes ; mais tous, nous avons part à la beauté. En réalité nous sommes tous plus ou moins artistes. Le simple fait de vivre suppose un certain art de vivre. Nous savons par exemple disposer des fleurs pour égayer notre demeure, dresser l’oreille pour écouter un chant d’oiseau, jouir d’un jardin au printemps ou du coucher du soleil sur la mer. »

 

(…) « Nous devons apprendre à habiter poétiquement la terre (…) Il faut sauver les beautés offertes et nous serons sauvés avec elles. Pour cela, il nous faut, à l’instar des artistes, nous mettre dans une posture d’accueil, ou alors, à l’instar des saints, dans une posture de prière, ménager constamment en nous un espace vide fait d’attente attentive, une ouverture faite d’empathie d’où nous serons en état de ne plus négliger, de ne plus gaspiller, mais de repérer ce qui advient d’inattendu et d’inespéré. »

 

(…) « Dans cette optique, notre regard qui perçoit la beauté et notre cœur qui s’émeut de la beauté donnent un sens à ce que l’univers offre comme beauté, et, du même coup, l’univers prend sens et nous prenons sens avec lui. »