la lanterne de diogène

Il suffit d'AIMER (sœur Emmanuelle)

06 mai 2009

La Débauche

Combien de fois ai-je lu ce livre ? Des dizaines et des dizaines de fois depuis sa parution. Je l’ai emprunté dans plusieurs bibliothèques municipales, selon mon lieu de résidence, et plusieurs fois. Chaque fois je retrouve les mêmes impressions mêlées de sourires, de défouloir, de ressentiments. Désormais, je me le suis procuré et peux le relire à ma guise.

 

Il faut avoir été confronté à quelqu’un comme le DRH décrit dans cet album pour la_d_baucheéprouver des envies de meurtre puis de dégoût de soi pour n’avoir pas eu le courage de le faire, tel un personnage de cette fiction. Le problème, dans la vie, c’est qu’il existe des personnes qui ont de l’éducation, des scrupules, des sentiments et d’autres pas du tout. Les relations sont pipées d’avance. Impossible d’arriver à quoi que ce soit avec de telles créatures. On sera toujours perdant car on mettra en avant des convictions philosophiques ou religieuses. En fait, n’est-ce pas de la lâcheté ?

 

Pennac lui-même n’ose pas franchir le pas. Les mauvais sont éliminés mais ceux qui ont accompli la besogne ne leur survivent pas. Seul une bête s’en sort, peut-être, comme si, même dans une fiction où les animaux font la queue volontairement chez le vétérinaire, où le tigre se laisse arracher à vif son croc carié et la panthère noire se fait faire les ongles, l’auteur ne va pas jusqu’à faire exécuter un mauvais par un personnage positif sans conséquence pour lui.

 

La débauche est une histoire qui mêle un décor réel, la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris, et des personnages forts mais totalement improbables qui côtoient des animaux capables de faire la grève de la faim jusqu’à la mort parce que leur vétérinaire préférée ne s’occupe plus d’eux. L’histoire est celle d’un chômeur devenu bête de zoo et d’une multinationale qui fabrique de la nourriture pour animaux et se montre prête à tout pour que des humains s’en nourrissent, y compris en réduisant au chômage son propre personnel. C’est l’histoire d’un DRH qui détruit son personnel, humilie ses interlocuteurs, les pousse à bout, détruit leurs familles après les avoir convaincu qu’ils méritent leur licenciement. Il préfère payer des amendes plutôt que de renoncer à son entreprise de démolition de l’humanité, du moins celle qui a eu le malheur de travailler dans sa boite.

 

Le dessin de Tardi fait passer le goût amer mais on referme l’album avec une drôle d’impression. Des années après sa parution, il reste d’actualité et le restera tant que le chômage de masse sera utilisé pour isoler les salariés, les exclure du collectif et les réduire à la merci du grand capital et du petit qui en profite aussi.

 

La débauche de Tardi et Pennac a été publié par Futuropolis et Gallimard

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03 août 2008

Participe présent


Participes présents

Je participe au présent

Recevant en pleine gueule

Comme de coups de poing des mots blessants

Le plus marrant c’est que ces mots

Viennent de mecs aussi crédibles

Que ceux qui gueulent au premier rang

PINOCHET CON SALAUD TRUAND

Assis sur leur cul et fumant

Des joints à prix exorbitant

 

Participes présent

Je participe au présent

J’entends Chili Chili Chili

On crie Chili je vois des chilomes

Je m’dis y a quelque chose qu’est pas clair

Chili va pas avec chilome

Jusqu’où ira-t-on s’enfonçant

Dans l’absurdité de slogans

Derrière les slogans le néant

Les modes passent avec le temps

 

Participes présent

Je participe au présent

Chili s’en va dans les mémoires

Souffrances lointaines passant de mode

Cependant que les réfugiés

De là-bas aux gueules tragiques

S’enfoncent en grinçant des dents

Dans not’ pays si accueillant

Vous savez bien la Terre d’Asile

Des Réprouvés de tous les temps

 

Participes présent

Je participe au présent

Me tenant là debout chantant

Du plus qu’je peux avec mes tripes

Du plus qu’je peux sincèrement

Me tenant là et regardant

Les purs et durs qui n’sont souvent

Qu’des troubles et mous dissimulant

Tous leurs problèmes en les niant

 

Participes présents

Je participe au présent

Disant purs et durs troubles et mous

Cessez de larguer sur les autres

Vos propres malaises angoissants

Car savez-vous c’est étonnant

Ils pissent et chient comme les autres

Et disent que non c’est un miracle

Non ce n’est pas du tout-venant

La Nouvelle Race des Elus

 

Participes présent

Je participe au présent

Disant avec mes quarante ans

Mes quarante années de jeunesse

Jeunesse fais gaffe à tes arrières

Demain les vieilles moules cosmiques

Venues des contrées de l’Angoisse

Vont v’nir te pincer dans tes jeans

Pure dureté dure pureté

Fondront comme une glace dans l’métro

 

Participes présent

Je participe au présent

Revendiquant plus que jamais

Même me gourant même déconnant

Le droit de dire ce que j’ressens

Car je ne suis pas une image

Ni un gourou ni un slogan

Je ne suis pas votre alibi

Tarzan Zorro ou Jésus-Christ

Je ne suis qu’un simple con chantant

 

 

huma_seulLes paroles de la chanson ont été recopiées telles que parues sur la pochette d'un disque de 1978.

François Béranger avait été ouvrier et ne l'avait jamais oublié.

Ses chansons traduisaient au mieux les rêves et la réalité de ses semblables

http://ricky-banlieue.fr.gd/Fran%E7ois-B-e2-ranger.htm

http://fr.anarchopedia.org/Fran%C3%A7ois_B%C3%A9ranger

 

 

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26 avril 2008

« Il faut être bien seul, un moment ou l’autre,

pour être enfin soi-même »

André Suarès

 

« Seule la rose est assez fragile pour exprimer l’éternité »

Paul Claudel

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02 mars 2008

passage des grues

Je te propose une nouvelle rubrique.

Finalement, elle a déjà été expérimentée l’été dernier. Il s’agit de partager avec toi des notes prises au cours de lectures ou d’écoute de la radio. Des paroles pour susciter la réflexion ou pour se sentir mieux, tout simplement.

Comme il y a du rattrapage, je vais donc proposer quelques notes d’un coup :

 
« Si tu te sens mieux avec toi, tu te sens mieux avec les autres »

Emmanulle Béart (Elle, fév.07)

 
« Une fois passé l’enthousiasme contestataire, désengagé, indifférent et carriériste, le jeune des années 1980 se soucie surtout de lui, de ses plaisirs et de sa propre réussite. C’est l’individualisme narcissique. »

G.Lipovetsky (Sciences Humaines fév.07)

 
« Le rêve d’amour est toujours là, plus puissant peut-être que jamais. Mais il est devenu difficile de s’abandonner, au risque de perdre la maîtrise de son existence. Surtout pour des femmes… »

Jean-Claude Kaufmann à propos du film : « La fabrique des sentiments »

 

Et puis, le kiosque d’Ivan Levaï constitue toujours une mine de bonnes citations.

http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/lekiosque/

 Ce matin, il évoquait l’historien de

la Grèce

antique, Thucydide :

« La manifestation du pouvoir qui impressionne le plus les gens est la retenue… »

« L’épaisseur d’une muraille compte moins que la volonté de la franchir ».

« Les gens méprisent ceux qui les traitent bien et regardent vers ceux qui ne leur font pas de concessions ». (à noter que Nicolas Machiavel a repris ce propos dans son ouvrage Le Prince)

« On opprime ceux qui cèdent, on respecte ceux qui résistent ».

« Un homme qui ne se mêle pas de politique mérite de passer, non pas pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile ».

Le titre fait allusion aux grues qui passent au-dessus de moi depuis des jours et des nuits. Il fallait bien trouver un titre...


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