08 novembre 2009
Anne Consigny émerge des herbes folles
Les herbes folles, le dernier film d’Alain Resnais nous permet de revoir une actrice rare, trop rare, Anne Consigny. Cantonnée dans un second rôle, elle rayonne et occupe tout l’écran de sa fraicheur tandis que les deux protagonistes évoluent avec talent dans un registre qu’on leur connaît déjà. Celle en qui l’on voyait la nouvelle Isabelle Adjani a connu une carrière démarrée sur les chapeaux de roues avant de retomber dans un oubli relatif car l’époque n’était plus aux Isabelle Adjani mais à des beautés moins discrètes et moins cultivées.
la Cerisaie
Pour moi, Anne Consigny, c’est l’inoubliable Ania de
Anne Consigny, telle que je l’ai rencontrée en 2001 était
une comédienne d’une grande gentillesse doublée de simplicité. Elle était toute
surprise que je veuille l’interroger elle, et non pas le premier rôle (Rufus)
de la pièce dans laquelle elle jouait. Elle m’a surtout parlé de son
personnage, incapable de se mettre en avant. Même l’habilleuse semblait passer
avant elle dans son esprit. Une fois dit l’essentiel de la pièce de Schmitt,
nous avons évoqué la Cerisaie
Ces dernières années, Anne Consigny enchaîne les rôles au cinéma et ce n’est que justice. Mieux vaut tard que jamais. Alors, dans Les herbes sauvages, on retiendra Suzanne, seul personnage équilibré qui tempère les excès de Georges (André Dussolier), son mari, et accueille sa passion pour une aviatrice inconnue (Sabine Azéma). On attend maintenant un grand premier rôle. J’aimerais que ce soit au théâtre.
28 juin 2009
Jackson Fawcett
Il n’y a rien de pire pour un mort que de mourir le même
jour qu’un autre plus célèbre. C’est ce qui est arrivé à la belle Farah Fawcett
emportée peu avant Michael Jackson. C’était déjà arrivé à Yul Brynner, le jour
de la disparition d’Orson Welles. Plus loin mais différemment, Jean Cocteau
n’avait pas survécu en apprenant le décès d’Edith Piaf.
Farah Fawcett incarnait la beauté pour tous les adolescents qui l’ont découverte dans les Drôles de dames. Les garçons voyaient ce que pouvait être la beauté féminine et les filles rêvaient de lui ressembler à une époque où l’on en recyclait pas encore les blagues les plus éculées en histoires de blondes.
Michael Jackson laisse un grand vide. On l’a détesté ces dernières années. Ses frasques –réelles ou supposées –avaient fini par nous dégoûter. C’était lui qui était fini. Et puis, patatras, voilà qu’il meurt à cinquante ans, lui, l’éternel adolescent. On découvre que, en fait, on n’a jamais cessé de l’aimer, un peu comme Elvis pour une génération précédente. Il suffit de réécouter la première version de la chanson de Diane Dufresne : « Tu vieillis mal, Elvis. T’aurait p’t être dû mourir. ». Après sa mort, la chanteuse fan a changé cette ligne : « T’as vieilli mal Elvis mais t’avais pas le droit de mourir ».
http://www.youtube.com/watch?v=E_FzgtLVzbI&feature=featured
Il en est ainsi pour tous ceux qu’on aime. On croit oublier, on croit que le ressentiment est le plus fort mais face à la réalité, c’est l’amour qui se révèle.
Après la tristesse, on doit supporter le voyeurisme médico-légal. Heureusement, les fans du monde entier savent le faire revivre avec leurs touchantes tentatives de lui ressembler et d’imiter son pas de danse.
26 mai 2009
YACHVILI family
La première fois que j’ai vu Dimitri Yachvili,
c’était lors de la rencontre pour la troisième place de la Coupe
Yachvili, c’est un nom qui fait –comment dire ? –pas français. En effet, ça vient de Géorgie, une de ces nombreuses républiques caucasiennes que l’histoire (Atatruk et Staline notamment) a découpées pour diviser encore plus la mosaïque de peuples vivant dans ces montagnes austères.
Yachvili, c’est le nom d’un bonhomme qui s’est retrouvé en
France pendant l’occupation et qui s’est intégré, tout de suite dans un réseau
de Résistance, alors qu’il ne parlait même pas français. Surnommé
« Chaliko », il s’est fait remarquer par sa taille impressionnante,
son drôle d’accent. A la
Libération
Le fils, Michel, fait du rugby depuis tout petit. Avec les valeurs inculquées par ces parents hors du commun, il a tôt fait de se faire remarquer au C.A. Brive puis en équipe de France. Il fait partie de la sélection qui, en 1968, remporte le premier grand Chelem pour le pays. Dans le même temps, avec son épouse d’origine arménienne, ils auront trois garçons qui, en guise de nounours serreront dans leurs petits bras ce curieux ballon ovale que les professeurs de l’Education nationale nomment : « paramètre rebondissant à trajectoire aléatoire »sic.

Au hasard de l’évocation du talonneur Michel Yachvili,
l’auteur révèle quelques décisions contestables de l’ancien président de la Fédération 1968. A
En 2006, on pensait avoir trouvé mieux qu’un remplaçant à Fabien Galthié en fin de carrière comme demi de mêlée. La technique, la conscience professionnelle (eh oui, entre temps le rugby est devenu professionnel) et surtout le jeu de pied de Dimitri, fils de Michel, le désignaient et pour longtemps à ce poste stratégique s’il en est. Son arrivée en « petite finale » de la coupe du monde de 2007 contre les terribles All Black a, tout de suite, impressionné les amateurs. De toute évidence, il y avait une présence sur le terrain que personne ne pouvait ignorer parmi les quinze bleus ainsi qu’une voix grave propre à mener le pack. Grand seigneur, le demi d’ouverture et butteur de la sélection, Gérald Merceron, lui a tout de suite apporté le ballon pour que tous, y compris l’intéressé lui même, comprennent que, désormais, le butteur de l’équipe de France sera le jeune Dimitri Yachvili. Le rugby, ce sont aussi de grands gestes, dignes des chevaliers.
Les derniers mois vécus par Dimitri Yachvili sont également
exemplaires d’un autre point de vue. Après ce que l’auteur n’hésite pas à
qualifier de piège, le demi de mêlée biarrot a vu toute son expérience, son
travail déconsidérés suite à un match contre l’Angleterre que notre numéro 9
craignait de jouer en raison d’une longue absence sur les terrains. Le Quinze
de la rose, lui, était galvanisé et voulait sa revanche. Le sélectionneur a
fait payer au seul Yach la responsabilité de la défaite. Or, si la concurrence
avec Jean-Ba Elissalde est saine et motivante, l’incompréhension du
sélectionneur demeure profondément blessante.
Dès lors, tout s’enchaîne. Incapable de marquer des buts,
critiqué par la DTN
Il était arrivé la même chose en 2000 à Titou Lamaison qui a vu son travail lors de la demi-finale historique contre les All Blacks méprisé. Eloigné de la sélection, il n’a plus jamais retrouvé son niveau et a sombré en deuxième division. Ce ne sont pas là les valeurs du rugby, même professionnel. On ne juge pas un joueur sur un match.
A ce stade, il convient de revenir sur le passage de M.
Bernard Laporte comme sélectionneur. En 1999, il trouve un Quinze de France au
sommet après avoir battu les terribles All Blacks –avec une différence de
points jamais atteinte –et titulaire du titre honorifique de vice champion du
monde. On aurait pu penser que les joueurs qui avaient fait leurs preuves à
l’occasion de cette compétition difficile seraient reconduits sous réserve de
quelques ajustements. Nenni, la première tâche du nouveau sélectionneur a
consisté à renvoyer celui qui marquait les buts, Titou Lamaison, celui qui
marquait les essais, Philippe Bernat-Salle, et le capitaine, Raphaël Ibanez.
Rappelons qu’à ce jour Lamaison détient toujours –et sans doute pour longtemps
–le record de points marqués sous le maillot bleu avec 380 pts la France la
Coupe
Disons tout de suite que la grande réussite de Laporte aura
été de discipliner ces Français, volontiers tricheurs et offrant des buts de
pénalités à leurs adversaires. Ce n’était pas une mince affaire. Pour le reste,
comme sélectionneur, c’est une catastrophe dont on mettra longtemps à se
remettre. Un exemple ? Une quarantaine de charnières en huit ans. Un
autre ? le rappel de Delaigue, en fin de carrière, comme demi d’ouverture
alors qu’il n’était même plus titulaire dans son club et qu’il n’était pas non
plus un élément exceptionnel. Cette parenthèse Delaigue reste incompréhensible quand
on pense que le jeune Michalak, révélé au cours du Mondial 2003 et encensé par
la presse internationale avait besoin de s’aguerrir au plus haut niveau. Il
part alors jouer dans l’hémisphère sud –chose rare pour un Français – mais sa
carrière ne s’en remettra pas. Après avoir brisé celle de Lamaison, reconnu
aujourd’hui comme l’artisan de la qualification pour la finale de 1999, Bernard
Laporte semble s’être fait une spécialité de lutter contre les individualités
qui font le renom des meilleurs équipes et qui leur assurent la victoire et le
respect. De toute évidence, Michalak ne connaitra pas la gloire de ses
homologues britanniques Wilkinson, Patterson ou O’Gara. Laporte a encore cru
bon de rappeler pour un match amical Thomas Castagnaide (pour qui je n’ai pas
une grande admiration). Il est resté sur le banc de touche, concentré et
crevant d’envie de jouer. Pourquoi ne pas le faire rentrer alors que c’était là
sa dernière sélection ? Pourquoi priver un grand joueur du plaisir de jouer
une dernière fois avec le maillot bleu ? Encore des interrogations. Quant
à la dernière Coupe du Monde à domicile, tout ou presque a été dit. Il suffit
juste de rappeler que c’était l’objectif principal du sélectionneur dès sa
nomination (alors qu’il a pris une équipe en finale de la Coupe
La qualité principale du livre de Denis Lalanne, c’est qu’il a su dépasser l’anecdote pour évoquer brièvement trois générations de Français issus de l’immigration.
La loi du genre ‘livre sportif’ consiste à encenser une personnalité en vue sur le moment, de louer les parents et la famille et de livrer nombre de petites histoires. Ici, l’ancien rédacteur de L’Equipe est parti d’une page douloureuse de l’Histoire contemporaine à travers Chalva, le Résistant. Il montre comment un terroir façonne les hommes à son image, enrichis de leurs origines et de ce qu’il y a de meilleur dans l’environnement. Dans le cas présent, c’est le rugby qui a joué ce rôle.
Lalanne établit un parallèle entre les valeurs de la Résistance 9, a
La seconde moitié du livre est consacrée à Dimitri Yachvili, beau gosse et figure imposante du rugby des années 2000. Les déboires avec Bernard Laporte semblent faits pour rappeler que c’est dans l’adversité qu’un homme se révèle. La carrière de Dimitri est avant tout une vie d’homme servie par une force de caractère exceptionnelle. C’est en cela que réside l’intérêt de ce livre. On notera un style correct illustré de belles expressions imagées qui en font un régal pour le lecteur. C’est un livre à recommander pour tous ceux qui voudraient connaître l’univers si particulier du rugby. De toute évidence, quand le nom de Laporte restera associé à deux Coupe du Monde calamiteuses (pour rester dans le sport), on retiendra longtemps celui des Yachvili. Juste retour des choses.

En attendant, Dimitri Yachvili n’a toujours pas été retenu dans la sélection qui part en Océanie. Dur de constater que le talent et le travail ne sont pas reconnus par un ancien co-équipier.
03 mai 2009
Lavilliers Ferré
Une cinquantaine de minutes avec Lavilliers, c’est toujours
ça de pris.
C’était sur France-Inter, dans Eclectik tantôt. Laurence Garcia fait partie de ces journalistes qui laissent parler leurs invités, qui ne se mettent pas en avant et qui n’essaient pas de ne leur faire dire que des anecdotes. Avec Laurence Garcia, Lavilliers est parti d’anecdotes, de souvenirs pour évoquer quelque chose, pour transmettre une information, pour donner à réfléchir. Ça change beaucoup de l’animatrice habituelle toute entière à se trouver originale et à guetter le moment où l’un des invités va renverser son gobelet de thé sur le plateau pour interrompre un propos qui commençait à être intéressant.
Et puis, Lavilliers ne s’est pas mis en avant. Ça aussi, c’est devenu rare. Il a plutôt parlé de Léo Ferré et de la condition des ouvriers d’il y a une quarantaine d’années. Dans une ville, dans une région, on savait où l’on allait travailler, où l’on allait passer sa vie parce que les parents en étaient passé par là et qu’on le souhaitait aux enfants à venir. D’un côté, c’était une fatalité insupportable, d’un autre une sécurité rassurante. C’était pas folichon, on gagnait pas bien sa vie, on vivait pas longtemps mais on vivait dignement et l’on faisait des rêves.
Laurence Garcia avait déjà fait fort en interrogeant des
témoins de Mai 68, l’été dernier.
Ce n’était pas nouveau en soi. Raison de plus
pour souligner la performance sur un sujet archi rebattu. C’était loin d’être
ennuyeux, surtout le jour où Cavanna était l’invité.
En attendant, j’imagine qu’on peut écouter l’entretien avec Bernard Lavilliers
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/eclectik_dim/

27 avril 2009
MAcHA
Je n’ai pas beaucoup écouté Masha Béranger. Je sais qu’elle
donnait la parole à ceux qui avaient besoin de parler la nuit. Sans doute
auraient-ils eu, aussi, besoin de parler le jour mais la nuit semble plus
propice. Il fallait l’incroyable fatuité d’un Guy Carlier pour s’en moquer
régulièrement en affirmant qu’elle n’en avait rien à foutre des dépressions des
auditeurs et qu’elle se faisait les ongles pendant les appels. Ça ne rapportait
rien ni à Macha, ni à France-Inter. Son émission était emblématique de ce que
doit être une radio publique, distrayante et conviviale. C’est sans doute pour
ça qu’en plein sarkozisme, on a supprimé son heure d’écoute.
Macha a débuté sur les ondes un peu après les autres et
surtout Gonzague Saint-Bris qui œuvrait sur Europe 1 à la fin des années 1970.
Pour nous, adolescents, c’était un peu la découverte de la vie, de la vie qu’on
n’apprend pas au lycée. Macha a tenu plus longtemps, preuve qu’elle répondait à
des besoins. En même temps, c’est un peu le signe de l’anonymat de nos
sociétés. Il faut des écoutes téléphoniques comme SOS Amitié ou La Porte
Macha était un personnage, une personnalité, surtout. C’était une dame de la nuit, une sœur de la nuit. Elle vient de rejoindre la nuit définitive.
20 avril 2009
René Monory
René Monory mérite qu’on s’arrête un peu sur lui. Titulaire du Brevet élémentaire (comme ma grand-mère), son premier engagement a été de refuser le STO. Comme beaucoup d’entrepreneurs qui ont réussi, on souhaite le voir à la mairie de Loudun. La suite, on la connaît, c’est une carrière politique au plus haut niveau qui commence et à laquelle rien ne le prédestinait.
Il incarne le rêve républicain, l’idéal démocratique qui permet à un modeste apprenti dans le garage de son père de devenir ministre des Finances et, finalement, d’être soumis à l’impôt de solidarité sur la fortune. Il est aussi l’initiateur du Futuroscope, premier parc d’attraction à vocation scientifique fréquenté par les Français*. C’est drôle de voir comme les autodidactes gardent le souci de populariser les connaissances.
En effectuant une recherche sur l’Internet, j’ai découvert que sa ville de Loudun est jumelée avec Ougadougou, la capitale du Burkina Faso, pays qui m’est cher. Le site de la mairie http://www.mairie-ouaga.bf/
lui rend un hommage chaleureux. Pour moi, cela signifie surtout que René Monory était un homme de cœur, chose rare en politique. René Monory faisait partie des meilleurs hommes politiques et serviteurs de l’Etat. Est-ce pour cela que l’hommage national a été plus discret que le controversé Druon ?
*Disneyland Paris est le premier en terme de fréquentation mais attire des visiteurs de toute l’Europe tandis que, le Futuroscope, plus ancien, détenait la palme au niveau national et continue d’attirer les Français.
01 avril 2009
Christian Magdelaine à Rosny-sous-Bois
Christian Magdelaine
J’avais envie d’écrire quelque chose sur une voix que j’entends depuis une quarantaine d’années et un nom facile à mémoriser. Christian Magdeleine, c’est la voix de Rosny-sous-Bois où se trouve le centre d’information sur la circulation routière.
Au début, ses interventions s’effectuaient dans le cadre d’Inter-Service route. C’était l’époque des Inter-Services. Il y avait aussi Inter jeunes. Le numéro de téléphone était Bagatelle 33 33.
Le speaker en place disait : Inter-Services route, nous rejoignons maintenant Christian Magdelaine en direct de Rosny-sous-Bois.
La mise en place de ce service a été une innovation importante qui accompagnait la croissance des « trente glorieuses » et le tout automobile. Il y avait des embouteillages de partout car le réseau autoroutier était très insuffisant pour faire face à l’opulence nouvelle qui s’exprimait en prenant la voiture le dimanche pour aller respirer l’air pur avant de faire du sur-place en regagnant Paris le soir. La voix chaude de Christian Magdelaine rassurait quelque peu. Toujours est-il que le principe a été repris par toutes les autres radios et que Pierre Perret l’a évoqué dans une chanson.
Ce qui me surprenait le plus, ces dernières années, c’était d’entendre encore et toujours Christian Magdelaine, en direct de Rosny-sous-Bois, avec la même voix. Je me demandais quel âge il pouvait avoir. La réponse m’a été donnée ce dernier jour de mars 2009, son dernier jour de travail. On attendait un peu que France-Inter salue un de ses plus vieux collaborateurs. Comme d’habitude, cela a été rapide. A peine deux minutes pour dire que Christian Magdelaine intervenait après les flashes horaires et qu’il gardait de mauvais souvenirs comme les grands accidents qu’il a été obligé de commenter à l’antenne. On s’en doutait. Comme d’habitude, on ne saura rien des dessous, de la cuisine interne. J’aurais aimé savoir comment il a été recruté et par qui, quel a été son parcours, ce qu’il faisait toute la journée, comment il préparait ses courtes interventions.
Décidément, France-Inter n’est pas une famille ni une bande.
C’est une sorte de grosse maison avec des guichets bien délimités et des gens
qui travaillent mais ne se connaissent pas et tolèrent à peine leurs auditeurs*.
Aucune complicité n’est établie avec l’auditeur puisqu’aucune complicité
n’existe entre les animateurs. A l’occasion de sa dernière émission, avant de
prendre ses fonctions de directeur, Jean-Luc Hees avait simplement évoqué son
départ pendant l’indicatif de fin en se justifiant : « on aurait
pu faire un feu de bois mais ce n’est pas le genre de la maison ».
Justement, on aurait aimé entendre les meilleurs moments de l’émission, les
moments forts. Pour les 50 ans du « Masque et la Plume
Quand même, ne plus entendre l’annonce de Christian Magdelaine en direct de Rosny-sous-Bois, ça va manquer.
http://www.radiofrance.fr/services/inforoute/route_rf/
*comme l’a montré le dernier dérapage de Noëlle Bréham, s’emportant contre l’heure d’été et, finalement, interdisant à ceux qui sont pour d’écouter son émission.
20 octobre 2008
Yallah !
Comme je n'ai pas le talent de Bossuet pour prononcer des éloges funèbres, je préparais un texte pour son anniversaire. Las, il faudra encore rendre hommage à une disparue. Pourtant, le centenaire de sœur Emmanuelle aurait été l'occasion de la mettre en avant et d'évoquer son œuvre et, à travers son œuvre, les causes qui restent à défendre.
On sait qu'elle a passé toute sa vie au service des plus
démunis et que peu avant l'age où l'on prend sa retraite, elle s'est lancée
dans l'aventure des chiffonniers du Caire. Au départ, dans un pays où le
ramassage des ordures n'existait pas (et n'existe encore pas partout) elle a eu
l'idée de le faire avec tous les va-nu-pieds et de récupérer ce qui pouvait
l'être. Quelques années plus tard, elle lançait « l'opération orange » dont le
but était de fournir aux enfants d'Egypte, du Liban et du Soudan un minimum de
vitamines en leur distribuant une orange par jour. Ces dernières années, son
action a abouti à bâtir le lycée de Mokhattam (près du Caire) qui met l'accent sur
la scolarisation des filles. Elle savait que les filles instruites deviennent
des femmes qui ne se soumettent pas. D'ailleurs, elle avait des problèmes à
cause de ça. Comme l'important était l'émancipation des pauvres par
l'instruction, elle refusait les conversions des enfants. Elle savait que
l'école fermerait s'il en sortait plus de chrétiens qu'il n'en entrait.
Ces dernières années, elle a passé le relais sur place à des
personnes qu'elle estimait dignes de confiance parce que humbles et ici, à tout
un réseau d'associations et de relais qui récoltent de l'argent sans tapage
mais efficacement. Depuis qu'elle avait quitté l'Egypte, elle était parfois
invitée sur les plateaux de télévision. Elle impressionnait beaucoup par son
intelligence et sa grande bonté. Elle émerveillait par son enthousiasme. Elle
avait pris l'habitude de lancer cette interjection en arabe : yallah ! (en
avant). J'étais allé chez des amis afin de la voir dans une émission de M.
Michel Drucker. J'avais
été très ému lorsque l'Abbé Pierre et elles avaient
serré leurs mains l'une dans l'autre. Dans le silence du geste, il passait
énormément.
Quelques souvenirs personnels : « Quand vous voyez un balayeur dans la rue, allez le trouver et dites-lui simplement : merci monsieur, comme la rue est belle grâce à vous ! » C'est vrai que ça ne coûte rien et que ça ferait plaisir à un homme qui n'a pas choisi ce métier.
A Dominique Dimey : « Toi, tu chantes avec ton âme ! ». Laisser parler son cœur, ça manque beaucoup en ces moments de crise de la mondialisation.
En attendant, c'était bel et bon de savoir que sœur Emmanuelle était parmi nous.
http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/les_plus_belles_phrases_de_soeur_emmanuelle_137168
http://www.medium4you.be/J-ai-100-ans-et-je-voudrais-vous.html
http://www.kipa-apic.ch/meldungen/sep_show_fr.php?id=4625
http://lecourant.info/spip.php?article1630
03 août 2008
THURAM, tout simplement
Sur la pointe des pieds, un grand joueur se retire. Lilian Thuram raccroche ses crampons. On gardera de lui, l’image d’un footballeur modeste et loyal, un exemple pour tous.
Merci l’artiste !
http://foot.fluctuat.net/lilian-thuram.html
http://sport.fr.msn.com/HTML/Portfolio/Football/PORTFOLIO_FRANCE98.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2006/07/10/2266846.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2006/09/06/2618672.html
10 juillet 2008
VAUBAN
Quand on expose d’honnêtes gens à se faire tuer autant que je le fais, on doit du moins rendre témoignage de leur mérite et de leur bon cœur.
Vauban
Une belle promenade mise en valeur par la décision de l’UNESCO qui vient de rendre hommage au génie de Vauban en considérant son œuvre comme patrimoine de l’humanité.
http://www.macommune.info/actualite/les-bisontins-invites-feter-vauban-1705.html
http://www.lemonde.fr/culture/article/2007/11/23/architecture-vauban-en-majeste_981849_3246.html
http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5i19zrB7QfucaairPVs84ZqZMsmtg
Vauban demeure méconnu à l’ombre de son patron le roi Louis XIV dont il assurait, en quelque sorte, le service après-vente. Le caractère belliqueux du roi de France a rendu les questions de sécurité publique particulièrement pointues. En revanche, la générosité de Sébastien le Prestre de Vauban se trouvait bien appuyée par une intelligence hors du commun. Ainsi, l’ingénieur ingénieux s’est ingénié à protéger les populations et les soldats. Tout le monde connaît l’adage : « Une ville construite par Vauban est une ville sauvée, une ville attaquée par Vauban est une ville perdue".
A Paris, il est à l’origine de l’Hôtel des Invalides destiné à soigner les blessés des guerres. Ne pouvant les éviter, il essayait de réparer les pots cassés.
Dans les Hautes-Alpes, certains reprochent aux ouvrages de Vauban de n’avoir pas servi. Cela fait toujours bien de critiquer ce qui est reconnu. En fait, il avait inventé la dissuasion. Les fortifications de Vauban avaient acquis une telle réputation que tout le monde savait qu’il serait vain de s’y frotter, épargnant ainsi aux populations les horreurs de la guerre et les excès de la soldatesque.
Une promenade dans les ruines des fortifications constitue déjà un plaisir. Le hasard fait qu’elles se situent toujours dans des sites magnifiques. De plus, si l’on peut bénéficier d’une explication, on pourra mesurer le génie du maréchal morvandiau.
Vauban est tombé en disgrâce après avoir suggéré au roi d’instaurer un impôt afin de faire participer la noblesse à l’effort commun. Il était trop en avance.
Ce n'est ni à l'intempérie de l'air, ni à la faute des peuples, ni à la stérilité des terres qu'il en faut attribuer la cause, puisque l'air y est excellent [en France], les habitants laborieux, adroits, pleins d'industrie ; mais aux guerres et au défaut d'économie
D'où se serait ensuivie la suppression des passe-droits et des injustices qui s'exercent à cette occasion dans les paroisses
Pour peu qu'on veuille s'appliquer à bien examiner ce système, il sera facile de se convaincre qu'il est le meilleur, le mieux proportionné et le moins sujet à corruption qui se puisse mettre en usage
Tant que la levée des revenus s'exigera par des voies arbitraires, il est impossible que les peuples ne soient exposés à un pillage universel répandu par le royaume
A noter que dans le très bon article du Figaro, cet épisode est présenté comme une tentative du grand homme de renflouer et d’assainir les finances royales et que le côté égalitaire est passé sous silence. On ne se refait pas…
D’autres citations :
http://www.vaubanecomusee.org/citations.htm

