28 novembre 2009
Introuvable nation arabe même sur un terrain de foot
A l’occasion d’un simple match pour la qualification à la Coupe
Pourtant, régulièrement, des dirigeants arabes en appellent
à la fraternité. Pour les y aider, rien de mieux que de se trouver un ou
plusieurs ennemis communs. Israël fait très bien l’affaire pour ça.
Episodiquement, on en ajoutera un autre : les Etats-Unis, le plus souvent,
la France
La nation arabe pourrait se rassembler autour de l’islam. Pourtant, elle n’y est jamais parvenue même aux temps des califats tant les guerres intestines étaient récurrentes. Cordoue est tombé suite à une montée de l’intégrisme et le calife a cédé le pouvoir à des roitelets ennemis et faibles. L’empire ottoman a engendré le ressentiment des Arabes contre les Turcs mais, une fois le sultan balayé, les divisions ont reparu. Rien qu’en Afrique du nord, au moins cinq pays ont émergé des ruines de l’empire. Malgré une langue commune diffusée par la religion commune, la nation arabe se cherche toujours.
Parlant d’ennemi commun, on a vite fait de découvrir
qu’Israël n’est qu’un leurre. Lorsque son armée a chassé du Liban les
Palestiniens de l’OLP sous la protection de la France
A l’occasion d’un match de foot qui devrait permettre aux pays arabes d’échanger et de fraterniser comme les autres, on assiste, au contraire, à des règlements de comptes. Ces comptes, ce sont les accusations sempiternelles d’être des traitres à la cause arabe ou à l’islam ou aux deux. Les drapeaux sortent, sont brandis comme pour une guerre. A côté, les hooligans anglais ou italiens, les ultras du PSG aux crânes rasés passent pour d’aimables turlurons.
Le match retour a eu lieu en terrain neutre, à Khartoum. Rencontre sous plus haute tension encore après que des rumeurs ont fait état de supporteurs algériens tués au Caire. D’autres ont été étonnés du choix de la capitale soudanaise dont ils n’avaient jamais entendu parler. Pourtant, si le Soudan est multiracial et multiconfessionnel, le pouvoir est détenu en sa capitale par les Arabes musulmans. La méconnaissance géographique est universelle mais là, il s’agit de méconnaissance d’un peuple de l’oumma, l’ensemble des nations musulmanes. Il est à noter que la plupart des Arabes ignorent qu’ils sont minoritaires dans l’islam. Cela fait beaucoup pour pouvoir prétendre rapprocher à défaut d’unir tous les Arabes.
Les Arabes qui, dans le passé ont refusé l’imprimerie et la
caravelle, refusent aujourd’hui l’unité et préfèrent haïr les Etats –d’Amérique
d’abord puis d’Europe aujourd’hui –qui s’unissent plutôt que d’engager le
processus, quand on songe aux décennies qu’il faut pour réaliser un semblant
d’unité.
24 novembre 2009
L'Europe à la sauvette
Donc, l’Union (hem !) Européenne s’est dotée d’un président et d’une haute représentante. En fait, il ne s’agit que d’un président du Conseil Européen.Ce n’est pas tout à fait pareil. L’Europe, toujours prompte à donner des leçons au monde entier devrait se cacher toute honte bue. Car enfin, ce président est la conséquence du traité modificatif constitutionnel ; l’autre ayant été rejeté par les populations consultées. Ce traité modificatif, dit de Lisbonne a été adopté à la sauvette, c'est-à-dire sans demander l’avis des populations. A peine le dernier chef de l’exécutif a-t-il, du bout des lèvres et sous une pression indécente, apposé sa signature en bas du traité qu’aussitôt on a désigné les personnalités qui représenteront l’UE au plus haut niveau. Aucun candidat, à part M. Tony Blair, ne s’est déclaré. On a donc propulsé des non-candidats. On ne sait presque rien d’eux.
On ne peut s’empêcher de penser que depuis des années, l’Union Européenne marche sur la tête. Elle refuse de consulter la population sur son avenir européen. Pourtant, nous payons des impôts. Elle met, systématiquement, la charrue avant les bœufs. Encore cette fois, on ne sait même pas quel sera le numéro de téléphone de son président, pour reprendre la boutade bien connue. On ne sait même pas où il se trouvera ni comment il se déplacera. Avant, on a imposé un élargissement sans avoir prévu les structures pour accueillir douze pays politiquement et économiquement très différents. Cette fois, on désigne un « président » sans que même le parlement élu cette année n’ait son mot à dire. De qui se moque-t-on ? De l’avis des observateurs cette désignation parait encore plus obscure que les conclaves du Vatican, c’est dire…
On remarque, aussi, que l’Europe doit toujours passer sous
les fourches caudines de l’Angleterre et lui donner des gages quand ce pays se
trouve en dehors des principaux dispositifs unitaires tels que l’espace
Schengen, la charte européenne et l’euro. Le comble est de nommer une Anglaise totalement étrangère aux
subtilités de la diplomatie au poste de « haute représentante »,
c'est-à-dire ministre des affaires étrangères. De qui se moque-t-on ? On
voit mal la même Grande-Bretagne se soumettre à un président belge. D’ailleurs,
même s’il avait été allemand, des pays comme la Pologne la Grande-Bretagne
Egalement, on se demande quel sera le poids de ce président
flanqué d’un autre président : celui de la Commission
L’Europe a peut-être un numéro de téléphone mais n’a toujours pas la tonalité.
08 juillet 2009
La Chine malade de ses minorités ?
Après les Tibétains, ce sont les Ouïgours qui se font taper dessus. En fait, comme eux, cela fait bien longtemps qu’ils sont réprimés dans l’Empire du Milieu. Seulement, comme c’est loin, on n’en parle que lorsque l’armée chinoise en fait un peu trop. La répression au quotidien n’intéresse personne sauf ceux qui en sont victimes.
La Chine

Le monde ne manque pas de conflits latents de ce genre. Un
coup de force perpétré à un moment donné de l’Histoire a fait basculer un
territoire et ses habitants sous une coupe étrangère hostile. Parfois, c’est
même un traité reconnu par tous qui légalise l’occupation étrangère. C’est le
cas de la Cilicie la Turquie. D
L’Amérique latine a aussi ses sources de conflits. Souvent,
un Etat a possédé dans le passé un territoire qui lui a été retiré par une
population qui n’en voulait pas. Les livres d’histoire et de géographie de ces
pays parlent de « territoires contestés ». Il s’agit, notamment, du
Bélize revendiqué par le Mexique, de la cordillère du Condor revendiquée par
l’Equateur, les Malouines réclamées par l’Argentine. En revanche, que dirait le
Mexique si le Guatémala réclamait le Chiapas qui lui a appartenu dans le passé
et dont la population possède une évident parenté avec le petit pays ? Que
diraient le Chili, le Paraguay et l’Argentine si la Bolivie
Pour ajouter à la confusion ou, tout simplement, par ignorance, les commentateurs évoquent des « affrontements inter-ethniques ». C’est faire le jeu de Pékin qui considère que tout son territoire est chinois et doit être sinisé. D’abord, on donne à ces pays des noms en langue mandarine. Ainsi le pays des Ouïgours, le Turkestan oriental est devenu le Xinjiang, ce qui signifie en chinois “nouvelle possession” et le Tibet est le Xizang. Ensuite, on rend minoritaires chez eux leurs populations. L’administration et l’armée sont chargées d’imposer ces changements. Ainsi, l’heure à Kachgar ou à Lhassa est la même qu’à Pékin à l’extrémité du continent. Que dirait-on si l’on parlait d’affrontements inter-ethniques chaque fois qu’une population occupée résiste contre son occupant ? Parle-t-on d’affrontement inter-ethniques quand les Palestiniens affrontent les Israéliens, pourtant beaucoup plus proches ethniquement ? Aurait-on osé qualifier d’affrontements inter-ethniques les conflits entre les Français et les Allemands ou pire encore, de la volonté des nazis allemands d’éliminer les ethnies non germaniques de son territoire.
Ce que l’on veut bien qualifier d’ignorance sert les intérêts de Pékin à l’étranger. Tant que l’on considérera les révoltes des indigènes contre l’occupation chinoise comme de simples « affrontement inter-ethniques », on donne raison aux Hans de vouloir remettre de l’ordre dans leur pays. Leur pays est constitué en grande partie de territoires obtenus à l’issue de guerres d’annexion menées par les empereurs et autres seigneurs de guerre. Malgré l’internationalisme affiché depuis la prise du pouvoir par les communistes au siècle dernier, prompts à défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes aux tribunes de l’ONU et des sommets des non-alignés, l’occupation des territoires non chinois continue avec l’appui des grands puissances.

En fait, on essaie toujours d’occuper une parcelle de l’autre et si possible de le faire partir. A l’échelle individuelle, il suffit de prendre l’escalier d’une HLM pour s’en faire une idée. Un locataire va commencer par laisser sécher son parapluie sur le palier et, presque tout de suite, son déposer chariot, puis ses vélos, puis ses chaussures, puis ses pommes de terre. L’idée est d’occuper le plus possible le palier à son profit, de s’en approprier la plus grande surface. Ainsi, on suggère que l’étage appartient à celui qui occupe le plus les communs. On pèsera plus quand il faudra prendre en collectivité une décision. Cette démonstration de force est destinée à impressionner les voisins et le gardien de l’immeuble. Si un voisin proteste, alors, il y aura conflit et, celui qui occupe le plus perdra le moins dans le cas, fort rare, où justice serait faite. Tout au plus, il rentrera ses godasses et ses patates mais comme l’autre n’y mettra pas les siennes par respect de la loi commune, le premier réoccupera l’espace assez rapidement et là, personne ne dira plus rien. Le voisin lésé se retrouvera tout seul ou s’écrasera.
A l’échelle planétaire, c’est bien ce qui se passe. Les Chinois –mais pas seulement eux –jouent ce rôle du voisin irascible à qui tout le monde finit par donner raison tant qu’il met ses bottes devant la porte de ses voisins et qu’on n’est pas sur le même palier.
25 juin 2009
Iran suite
Désormais, l’Iran occupe l’essentiel de l’information en provenance de l’étranger. Ce qui s’y passe mérite qu’on s’y attarde. On a déjà dit le rôle d’exemple joué par ce pays situé au cœur du Moyen Orient, dans le prolongement du Caucase –autrement dit du monde occidental, aux marches du monde arabe, et premier pays avant les Etats musulmans montagnard d’Asie. Faut-il rappeler qu’il contrôle le golfe Persique sur toute sa longueur et le détroit d’Ormuz –porte de l’océan Indien –, qu’il a une façade maritime sur la Caspienne, de l’autre côté de la Russie ? C’est dire l’importance stratégique de l’Iran. Importance qui l’a placé au cœur de conflits depuis l’Antiquité et qui a connu une de ses heures de gloire à l’époque de la Route de la Soie. A ce stade, il faut revenir sur l’histoire. Dans la hiérarchie voulue par Ernest Lavisse, les Perses ont pris le relais des Egyptiens dans la chronologie des grandes civilisations passés. L’Iran, pays des Aryens, a donné au monde le manichéisme, une des premières parmi les grandes religions ou aménagements de religions nées dans ce pays. C’est dire que les yeux sont focalisés sur l’Iran, et pas seulement dans le monde musulman, et pas seulement dans les pays qui craignent la puissance de cet Etat stratégique du Moyen Orient.

Nous avons déjà dit que c’est la réaction intégriste, impulsée par l’ayatollah Khomeini qui a lancé cette vague intégriste et changé de fond en comble tout le monde musulman y compris –et peut-être davantage encore –dans les communautés minoritaires du monde occidental.
Ce qui parait, également, intéressant, c’est que la rue a découvert son pouvoir. En fait, la population iranienne ne fait que réitérer ce qui s’est passé en 1979 lorsqu’elle a réclamé le retour de l’ayatollah exilé en France puis acclamé et plébiscité sa dictature théocratique. Dictature n’est sans doute pas un terme adéquat dans la mesure où tous les instruments de la démocratie sont en place et ne demandent qu’à être utilisées. La pluralité des candidatures aux présidentielles le montre même si, au bout du compte, c’est le Guide de la Révolution et successeur de Khomeini qui appose son imprimatur. Jusqu’à présent, cela fonctionnait peu ou prou. Seulement, comme tous les régimes, il subit l’usure et l’ayatollah Khamenei pensait qu’il pourrait pousser son emprise encore un peu plus puisque, jusqu’à présent, la population n’avait jamais moufté. Pourtant, la nature humaine est ainsi faite que l’injustice révolte au point que l’on dépasse ses limites. En l’occurrence, la tricherie est telle que, même des électeurs du président sortant contestent. Face au mensonge, à l’injustice, on est hors de soi. On a pu entendre des personnes complètement ébranlées en constatant qu’un responsable musulman mente à d’autres musulmans. C’est probablement ce point qui va affaiblir le régime.
Maintenant, bien malin qui peut dire ce qui va se passer à présent. Ici, pays de la Révolution, on espère que la population va renverser ce régime que l’on ne comprend pas. Ce n’est pas si simple. D’abord, même si les manifestations sont massives, ce n’est pas toute la population qui conteste. Ensuite, le régime a mis en place un appareil répressif qui maintient l’autoritarisme depuis trente ans. Passés la surprise, le pouvoir organise la répression au point de dissuader toute nouvelle descente dans la rue. Déjà, il demande à Mir Hossein Moussavi de rendre des comptes pour les morts de ces derniers jours, comme si le mouvement était déjà éteint et que les règlements de compte avaient commencé. L’opposition n’est pas organisée et probablement moins unie qu’il n’y parait. L’armée a été affaiblie par la guerre du Golfe de 1980 à 1988. Le Guide a probablement impulsé des politiques sensibles, voire secrètes, que le président Khatami peut seul mener. Il y a trop de risque pour lui-même pour qu’il tente la moindre aventure politique. Reste que, contrairement à ce que l’on imagine ici, où l’on aimerait que Mir Hossein Moussavi devienne président, l’élection de celui-ci n’aurait, probablement pas changé grand-chose. Mir Hossein Moussavi a été Premier ministre de Khomeini durant cette première guerre du Golfe. Même en acceptant l’idée que l’on évolue, il y a peu de chances qu’il remette en cause l’essentiel. Certes, il ne donnerait pas dans l’outrance et la caricature dont le président actuel s’est fait une spécialité.
En attendant, les manifestants sont privés de téléphone et de la couverture des médias occidentaux. Quand bien même, la caractéristique des régimes autoritaires est justement qu’ils n’ont que faire du ‘qu’en dira-t-on’. L’Histoire propose des exemple à foison notamment ces dernières décennies. Il est difficile d’imaginer ce qui va se passer et si l’appel au deuil – autre forme de grève en pays chiite –va impulser un nouvel élan à la contestation. Pourtant, la rue a pris conscience de son pouvoir et le pouvoir a pris conscience qu’une forte mobilisation le fait vaciller. Pour le moment, l’appareil tient bon mais il n’en sera pas toujours ainsi.
17 juin 2009
Nouvelles de l'étranger
De graves troubles suivent les élections présidentielles en Iran. L’importance de ce pays dans le monde musulman est considérable. Il n’est que de se rappeler que c’est à la suite du retour de l’ayatollah Khomeini et de sa prise du pouvoir qu’une réaction islamiste s’est répandue non seulement dans les pays musulmans mais également dans tous ceux où des communautés musulmanes sont établies. Dans ce dernier cas, la dynamique propre aux minorités amplifie la tendance au conservatisme et à la religiosité ainsi qu’en témoigne le nombre grandissant de femmes voilées en Europe contrastant avec la tendance, en Iran justement, à retirer le foulard.
Ces élections méritent donc l’attention qu’on leur porte. Pour savoir s’il y a eu fraude ou non, il suffit de savoir que, pendant ces troubles, le président quasiment auto-proclamé se trouve en Russie pour participer à un somment de chefs d’Etats. S’il n’avait pas été sûr de sa ré-élection dès le premier tour –chose surprenante dans ce pays depuis qu’il y a plusieurs candidats possibles –il aurait fait reporter ce rendez-vous afin de faire campagne en vue du second tour. L’empressement de l’ayatollah Khamenei, à reconnaître la victoire du président sortant constitue le premier indice d’une volonté de mépriser le choix populaire.
Dans ce contexte, la mort du président Bongo du Gabon – souvent cité ici –paraît anecdotique. Bongo est controversé dans son pays. Les uns voient en lui un « père » dans la mesure où ils n’ont connu d’autre chef que lui. Ils le louent pour avoir évité des famines à son pays ainsi que des affrontements. Les autres le voient comme un tyran soutenu par la France
On notera surtout la présence du président de la république française et de son prédécesseur qui ne s’était pas déplacé pour Senghor du Sénégal, homme de lettres, ami de la France
Justement, l’information française à destination du monde est en danger depuis que la nouvelle directrice générale de l’entité qui chapeaute tous les médias audiovisuels destinés à l’étranger a décidé de fermer des services. Christine Ockrent, puisque c’est elle, par ailleurs épouse de son ministre de tutelle n’a aucune connaissance de l’importance de ces émissions pour des millions de personnes dans le monde qui aiment la France la France. Si
France Monde (TV5, France 24, RFI) a décidé de couper dans le budget d’une radio historique et qui jouit d’une excellente réputation au profit de France 24, chaîne tv qui se voudrait une CNN à la française. On est dans le grand « n’importe quoi » et l’on a trouvé la personne apte à encourager ces balivernes. S’il ne s’agissait que d’argent public mal dépensé, on en rirait mais là, ce sont des postes de journalistes et techniciens à l’étranger et l’espoir de millions d’auditeurs qui sont en jeu. Comme en France même, RFI n’est pas connue, Mme Kouchner-Ockrent joue le pourrissement du conflit.
http://www.courrierinternational.com/article/2009/05/22/sans-rfi-l-afrique-est-en-manque
http://www.rue89.com/2009/05/28/rfi-la-greve-se-poursuit-les-auditeurs-dans-lignorance
http://www.acrimed.org/article3145.html
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-12-02-RFI
Quand on lit que Mme Goetzinger, directrice générale déléguée, déclare sans rire : « Il faut réfléchir à une nouvelle stratégie », elle montre seulement que l’on n’a pas réfléchi avant de lancer le plan de licenciement de 206 personnes. Comme trop souvent, on licencie d’abord, on économise un peu d’argent ensuite et on se demande ce qu’on va en faire. On aura sans doute droit à une très belle campagne de publicité en France où RFI n’a pas grand intérêt mais où l’on pourra mettre en avant quelques personnalités sur le déclin.
Encore une fois, à l’heure où l’on parle de francophonie, où existe une Organisation Internationale pour la Francophonie la France
04 avril 2009
Mayotte fait de l'ombre à l'Afrique
Au-delà des clichés qui font que presque tout le monde pense qu’il n’existe pas un seul habitant de l’Afrique en bonne santé, force est de constater que l’Afrique souffre et, à travers elle, les Africains.
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2007/01/13/3677037.html
Depuis des siècles, ce continent est pillé, ses richesses volées, ses fils et ses filles exploitées partout. Dire que c’est pire depuis l’indépendance serait absurde. Sous statut colonial, l’Afrique n’était pas à égalité avec les métropoles européennes. Depuis, après les rêves qui ont suivi le départ des Blancs, les pays africains s’enlisent et aucun espoir ne point à l’horizon. Tout a été dit. Il faut, pourtant, insister sur la corruption de ses classes politiques.
Ce sont elles les vraies responsables de la pauvreté des populations. Quand le sol, le sous-sol, la mer regorgent de richesses, même payées vil prix, il est tout à fait inconcevable que ceux qui travaillent en tirent si peu de bénéfice. Inutile de revenir sans cesse sur le cas emblématique du Gabon qui, avec sa petite population d’à peine un million d’habitants, un sous sol gorgé de pétrole et une nature fertile traine dans la pauvreté tandis que son président à vie possède des palaces en France ?
Dans ce contexte, les populations qui ont eu le recul nécessaire pour choisir ou non l’indépendance se sont montrées très partagées. Bien sûr, il faut parler des Comores. Le sens de l’Histoire va vers l’indépendance de tous les Etats. Pourtant, il se trouve des populations qui, devant la corruption et l’impéritie des classes politiques africaines préfèrent encore la tutelle de l’ancien colonisateur plutôt que la soumission à l’un des leurs dont le seul objectif sera de vivre dans un luxe insolent et de protéger ses richesses volées au peuple par une armée suréquipée. Le référendum à Mayotte montre que, décidément, on préfère les Blancs qui leur lèguent des miettes plutôt qu’un Noir qui gardent tout pour lui. Personne ne peut s’en réjouir.
Devant ce résultat, les instances africaines ont réagi
promptement, Union Africaine en tête. Selon elles, ce référendum est nul et la France
L’Union Africaine a réagi promptement pour condamner le souhait des Mahorais de rester sous tutelle française. On l’a peu entendue quand il s’agissait de reconnaître l’indépendance du Somaliland et de sa population lassée des guerres de chefs à Mogadiscio.
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2006/06/13/2079694.html
On l’a peu entendue quand Mugabe a dénié le résultat sorti des urnes donnant la victoire à son opposant et quand il précipite son pays dans l’inflation tandis que le choléra décime la population. On l’a peu entendue quand il s’agissait de condamner le dictateur soudanais Omar El-Béchir voire d’appliquer le mandat international contre celui qui fait la guerre aux Noirs de son pays depuis des années. Le conflit au Darfour, sur fond de pétrole pour les Chinois n’est
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2007/02/05/3907736.html
que l’épisode en cours de décennies de guerres dans cet immense pays arrosé par le Nil et situé au bord de la mer. Les Soudanais émigrent vers l’Egypte qui n’est pourtant pas un pays d’abondance. C’est dire ce que ce doit être au Soudan. On n’entend pas l’Union Africaine quand des centaines d’hommes se noient en mer pour échapper à la misère dont sont responsables ses membres. Non, le principal est bien de condamner le référendum à Mayotte et le choix des électeurs mahorais.
Tant que l’Afrique sera dirigée par des gens qui pérorent entre eux dans le meilleur des cas, qui font la guerre à la moitié de leur peuple ou à leurs voisins, qui spolient leurs pays et leurs habitants, il n’y a rien à attendre. Les Africains continueront de vouloir rejoindre les anciennes puissances coloniales, pourtant honnies, au péril de leurs vies. Décimée par la traite négrière autrefois, l’Afrique l’est, aujourd’hui, par l’émigration. Partout dans le monde, la démocratie s’est accompagnée de progrès économiques et matériels. Quelques pays africains commencent à effectuer cet effort et les résultats sont, encore, à peine perceptibles. Ils ne sont pas encouragés car trop d’intérêts sont en jeu. Les grandes sociétés étrangères et –pourquoi ne pas le dire ? –certains Etats préfèrent s’arranger avec un roi nègre plutôt qu’avec un gouvernement qui devra rendre des comptes devant un parlement.
La Ligue Arabe la France la
Ligue la Ligue Arabe
A noter que la presse parle de « clandestins ». Ils n’ont même pas droit d’être des « hommes », tout simplement. On dénie à ces gens l’appartenance à l’humanité.
On retiendra du référendum à Mayotte que l’immense fossé
s’est encore élargi entre les classes politiques africaines et les populations
qui n’en peuvent plus.

Dans les années 1980,
un homme avait décidé de tourner le dos à cette fatalité : Thomas Sankara
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-10-15-Thomas-Sankara-l-homme-integre
Un peu avant, le grand François Béranger avait parfaitement compris la situation. Près de trente ans ont passé :
Mamadou m'a dit la Crise
Mamadou m'a dit
On a pressé le citron
On peut jeter la peau
Les citrons c'est les négros
Tous les négros d'Afrique
Sénégal Mauritanie
Haute -Volta Togo Mali
Côte d' Ivoire et Guinée
Cameroun et Tutti Quanti
Les colons sont partis avec des flons-flons
Des discours solennels des bénédictions
Chaque peuple c'est normal dispose de lui-même
Et doit s'épanouir dans l'harmonie
Une fois qu'on l'a saigné aux quatre veines
Qu'on l'a bien ratissé et qu'on lui a tout pris.
Les colons sont partis
Ils ont mis à leur place
Une nouvelle élite
Des noirs bien blanchis
Le monde blanc rigole
Les nouveaux c'est bizarre
Sont pires que les anciens
C'est sûrement un hasard.
Le monde blanc rigole quand un petit sergent
Se fait sacrer empereur avec mille glorioles
Après tout c'est pas grave du moment que les terres
Produisent pour les blancs ce qui est nécessaire
Le coton l'arachide le sucre le cacao
Remplissent les bateaux saturent les entrepôts.
Après tout c'est pas grave
Les colons sont partis
Que l'Afrique se démerde
Que les paysans crèvent
Les colons sont partis
Avec dans leurs bagages
Quelques bateaux d'esclaves
Pour ne pas perdre la main.
Quelques bateaux d'esclaves pour balayer les rues
Ils se ressemblent tous avec leur passe- montagne
Ils ont froid à la peau et encore plus au cœur
Là-bas c'est la famine et ici la misère
Et comme il faut parfois manger et puis dormir
Dans les foyers taudis on vit dans le sordide.
Et puis un jour
Nous
Qu'on les renvoie chez eux
Ils seront plus heureux
Qu'on leur donne un pourboire
Faut être libéral
Et quant à ceux qui râlent
Un bon coup de pied au cul.
Vous comprenez Monsieur c'est quand pas normal
Ils nous bouffent notre pain ils reluquent nos femmes
Qu'ils retournent faire les singes dans leur cocotiers
Tous nos bons nègres à nous qu'on a si bien soignés
Et puis c'qui est certain c'est qu'un rien les amuse
Ils sont toujours à rire ce sont de vrais gamins.
10 mars 2009
Tibet : 50 ans
la Chine la
Chine
Le Tibet est loin de nous. Le Tibet est loin de tout même
loin de
L’invasion du Tibet par l’armée chinoise survient dans une période de tensions extrêmes, exacerbées par la guerre froide. Officiellement, il y a peu de protestations. Seulement, à l’aube du 21ième siècle, ces procédés ne sont plus tolérés par l’opinion publique, surtout dans la vieille Europe qui a bâti la paix après avoir été écartelée par les guerres, les invasions et les désirs de vengeance.
Aujourd’hui, les Tibétains vivent sous un régime militaire
imposé par la
République Populaire
Au quotidien, la politique chinoise tente de détruire la culture tibétaine qualifiée d’arriérée. On cherche, en vain, des caractères en tibétain tandis que les autels, que chaque bouddhiste doit vénérer chez lui, sont prohibés et que des quotas de moines sont imposés. En revanche, les slogans en chinois et les portraits de Mao sont protégés par des grilles. Sinon, le petit peuple, tout comme en Chine, d’ailleurs –subit l’autoritarisme du régime de Pékin et de la loi du profit. Ainsi, doit-on se faire soigner à l’hôpital qui expulsera le malade quand il ne pourra plus payer les soins.
On est bien loin du souhait de Bernard Dimey interprété par Henri Salvador qui voulait « voir le palais du Grand Lama » (chanson Syracuse).

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2008/04/23/8931726.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2008/03/16/8348451.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2007/07/30/5760298.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2007/05/21/5024941.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2007/02/05/3907736.html
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2006/07/08/2257021.html
23 février 2009
PETROLE
Le pétrole représente sûrement mieux que n’importe quel produit, n’importe quel objet, n’importe quelle personne le monde dans lequel nous vivons, grosso modo depuis la fin de la seconde guerre mondiale et probablement un peu avant.
Toute l’économie, toutes les relations internationales du 20ième siècle s’articulent autour du pétrole. C’est que le pétrole est facile à utiliser et a pu remplacer la houille –à l’origine de la révolution industrielle –sans avoir à modifier en profondeur les machines utilisées. Il n’y a pas loin du poêle à charbon au poêle à mazout ni de la locomotive à vapeur à la motrice diesel.
C’est, sans doute, la raison principale de la focalisation de l’opinion publique sur quelques sujets d’actualité. D’abord, il y a les profits énormes de Total pour 2008 : 13.9 milliards d’euros en 2008, soit une hausse de 14%. C’est un record et c’est aussi le plus gros profit jamais réalisé par un groupe français avec une baisse pour le dernier trimestre de l’an dernier, un peu à l’image d’ENI (Agip) en Italie. De son côté, Exxon-Mobil a enregistré 45,2 milliard de dollars (record absolu pour une entreprise), Royal Dutch (Shell) 31,4 milliards, Chevron (pas présente en France) 23,9 milliards, BP 21,2 milliards, là encore c’est un record pour cette société.
Pourtant, en France, on se focalise sur Total et le
chauvinisme n’explique pas tout. Ça rappelle un peu les réactions des lecteurs
de La Vie
Il n’y a pas qu’à Total à qui il convient de demander des comptes mais à toutes les autres
Le pétrole c’est aussi l’origine des constructions
pharaoniques dans les Emirats Arabes Unis comme cette piste de ski au bord de
la mer par 40° à l’ombre. Cependant, il ne faut pas en rester aux apparences.
Ces pays anticipent la fin du pétrole et se dépêchent d’en profiter. Dans le
même temps, ils assoient les bases de pays qui devront se passer de l’or noir.
Ils utilisent les énergies modernes qui prendront le relais après le pétrole et
la grande tour de 420 m la France
C’est à croire qu’on préfère les Harpagons qui mettent leur
or dans une moche cassette en bois et vivent dans la gêne. En fait Harpagon
vivait dans la solitude et la gêne mais les présidents genre Bongo contraignent
leurs populations tandis qu’ils empochent tous les revenus du pétrole pour leur
seul profit. Le Gabon, avec une population inférieure–en réalité – au million
d’habitants est un pays pauvre alors qu’avec une population quadruple, les
Emiriens roulent sur l’or et depuis longtemps et n’ont jamais connu la pauvreté.
Bongo préfère posséder des appartements dans les beaux quartiers de Paris
plutôt que d’enrichir son pays. En plus, le pétrole gabonais est déjà
intégralement vendu. Il ne faut donc pas espérer qu’à sa mort on trouvera des
réserves pour faire démarrer le pays. Au Congo voisin, en Angola, en Algérie, en
Egypte, en Irak une forte population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le
Soudan, nouveau producteur à grande échelle, suit le même chemin. Dans ces
pays, les revenus du pétrole servent d’abord à construire des palais
présidentiels et des résidences d’été, et à renforcer les moyens de l’armée. Le
rare profit durable, ce sont les infrastructures, dans les ports notamment,
pour accueillir les pétroliers. Pour faire bonne mesure, au mieux, on
construira un centre commercial dans la capitale et surtout une avenue qui
portera le nom du dictateur avec une belle place qu’on appellera « place
de l’Indépendance » ou « place de la Révolution
Ceux qui dénigrent le président Chavez ou qui se moquent de ces Arabes qui se construisent un pays de cocagne n’ont que peu de mots contre les dictateurs assis sur les revenus du pétrole et qui ne font pas grand-chose (voire rien du tout) pour ceux qui travaillent à l’extraction de l’or noir. Finalement, ils ont raison. Le Tiers-monde se doit de demeurer pauvre et les Arabes se doivent de se prosterner sur des tapis et claquer leurs pétrodollars dans les casinos pour rester conformes à l’idée préconçue que l’on se fait d’eux.
Lamentable…
14 février 2009
Gaza - Carthage
Pour le moment, les armes se sont tues… jusqu’à la prochaine fois. Les victimes tâchent de panser leurs plaies. Tout a été dit sur l’horreur de cette offensive. Ici même, l’attention était attirée sur la masse de civils victimes, les bâtiments publics détruits avec leurs occupants, les structures sanitaires anéanties. Revenons sur les hôpitaux puisque le personnel soignant étranger a observé des pathologies très différentes des traumatismes habituels dus aux batailles, aux balles, aux éclats de projectiles, aux effondrements. En clair, il s’agissait de lésions qui continuaient à se développer après les premiers soins et pendant longtemps, ce qui laisse penser que des armes non-conventionnelles ont été utilisées. Le problème n’est pas de se conformer à un règlement de la guerre mais que ces armes infligent des souffrances encore plus horribles. Pourquoi ? Pourquoi ajouter à l’élimination physique de l’adversaire des souffrances atroces et des séquelles pérennes ? Encore un élément qui ajoute à l’horreur de cette guerre.
Pourtant, nous voudrions, ici, insister sur un autre point, généralement négligé. C’est bien l’intérêt d’un blog que de se focaliser sur autre chose que ce que les grands médias couvrent traditionnellement.
On sait que les fermes autour des villes de la bande de Gaza
ont été détruites également. Nul doute que l’armée israélienne prétend qu’elles
abritaient des combattants du Hamas ; et c’était sans doute vrai car, le
propre du combattant est de chercher un abri lorsqu’il ne combat pas. Cet argument
fallacieux est utilisé chaque fois que de braves gens sans histoire s’ajoutent
aux victimes. En d’autres lieux on appelle cela des « dégâts
collatéraux ». La belle affaire. Ceux qui pleurent un proche se moquent
bien du nom et de la justification. En fait, la destruction des fermes s’ajoute
à quantités d’actions menées depuis des années par l’autorité d’occupation des
territoires palestiniens. En Judée et en Samarie, on a
construit des routes
goudronnées sur des terres cultivables afin de relier les colonies illégales de
juifs et de contourner les villages arabes. Il s’agit aussi de morceler le
territoire palestinien afin de le rendre ingouvernable par une administration
palestinienne. En effet, un arabe ne peut ni emprunter ni traverser ses routes.
Tout comme pour la transamazonienne, les accotements ont été largement dégagés.
Le fameux mur antiterroriste est lui aussi édifié sur des terres cultivables
confisquées aux Palestiniens. En fait de confiscation, il s’agit de vol
puisque, jamais ces parcelles ne pourront être restituées. Sans doute, les
Israéliens d’aujourd’hui vengent-ils les pionniers qui ont dû acheter à vil
prix les terres caillouteuses dont voulaient se débarrasser leurs propriétaires
arabes. N’empêche que, sur un territoire (celui d’Israël et des régions
occupées ou annexées) constitué aux deux tiers de terres incultes, la
destruction de celles qui sont fertiles constitue un autre crime. Justement,
pour construire les colonies juives en territoires arabes, ils procèdent
souvent à la destruction de forêts. D’ailleurs, si l’on regarde l’équivalent du
plan d’occupation des sols du « grand Jérusalem », on se rend compte
que les quartiers ou villages arabes sont entourés soit d’espaces verts
inconstructibles (pour le moment), soit de colonies juives. On sait qu’arrivera
le jour où les zones vertes deviendront des extensions des colonies et
qu’encerclés, les Arabes n’auront d’autre solution que de partir car ils ne
pourront même plus sortir de chez eux pour s’approvisionner ou aller
travailler. Là encore, le peu de terre fertile est utilisé pour construire et
ne pourra plus être récupéré.
En quittant les colonies juives installées dans la bande de Gaza, leurs occupants ont, non seulement, détruit leurs maisons mais l’armée a bétonné la terre. Toujours cette stratégie pour empêcher toute agriculture vivrière. Un film qui passe encore actuellement, « Les Citronniers » raconte la procédure engagée par une veuve palestinienne pour empêcher les militaire israéliens de raser les citronniers de son mari, sa seule source de revenus. Tsahal s’est engagé à détruire tous les vergers palestiniens dont les arbres sont susceptibles de dissimuler des combattants. Ainsi, l’Union européenne a-t-elle financé, il y a quelques années, la replantation d’oliviers sur une terre palestinienne où les arbres avaient été abattus. Le lendemain de l’inauguration par des officiels, l’armée abattait les oliviers fraîchement plantés. A Gaza aussi, des oliviers viennent d’être renversés. Inutile de souligner la charge émotionnelle que représente l’olivier ni le symbole de paix abattu par les engins militaires.

Quand on pourra reconstruire, on utilisera encore des terres
arables (moins chères et vides de gravats) qui viendront diminuer encore la
capacité d’autosuffisance alimentaire de la population. Le temps est proche où
il n’y aura plus de terre cultivable dans la bande de Gaza. Israël pense,
peut-être, que les Arabes leur achèteront les produits alimentaires et qu’ils
pourront faire pression grâce au prix et au bon vouloir ; bref, maintenir
les Palestiniens dans une sujétion sans fin. Les Arabes préfèreront prendre
tous les risques plutôt que de s’en remettre à ceux qui les asservissent. Déjà,
les tunnels –pourtant l’objectif principal de l’armée –ont été rouverts,
renforcés pour reprendre le trafic avec l’Egypte. Certains s’en offusquent
mais, dans une situation de blocus, c’est la seule issue. Nul doute que les
Egyptiens qui participent à ces échanges profitent également de ce débouché
inattendu. Les fermes détruites n’étaient pas seulement des structures d’une
économie de survivance. Ces fermes étaient regroupées en coopératives ; la
plupart prospères. C’est donc un pan essentiel de l’économie de Gaza qui est atteint,
en plus de la survie alimentaire rendue impossible. 
On voudrait empêcher les Arabes palestiniens de se relever, on voudrait les affamer qu’on ne s’y prendrait pas autrement. C’était déjà la stratégie d’Attila. C’était aussi celle de Rome après avoir vaincu Carthage : détruire ce qui reste de la ville, répandre les gravats et saler pour que rien ne repousse. Delanda Cartago !
Encore une fois, Israël a le droit de se défendre contre le terrorisme qui touche sa population civile. En revanche, la stratégie de vexation, d’humiliation, d’asservissement ne conduit qu’à entretenir la rancœur qui alimente le terrorisme. La diffusion de l’information renforce autour du petit Etat hébreu le radicalisme islamiste qui fournit les cohortes prêtes à tout pour anéantir les Juifs, où qu’ils soient et leur alliés réels ou supposés. En humiliant un peuple, en l’affamant, Israël forge les armes de ses ennemis.
http://www.resister.biz/photo-159670-la-barriere-a-bil--in_jpg.html
http://www.horyzon.ch/ob/aktion.fr.html
http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Haaretz.030207.htm
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=2996
http://www.zatoun.com/vivelesoliviers.htm
06 février 2009
Obama lancé
Il fallait s’y attendre : les premiers mots prononcés par le nouveau président Obama ont suscité des réactions de rejet. Il fallait s’y attendre aussi : c’est sa position sur Gaza qui les a provoquées.
Un commentateur a écrit la semaine de sa prestation de serment : « Obama ne pourra que décevoir ». C’est, malheureusement, très vrai. Quand un Sharon arrive à la présidence du Conseil israélien, on sait qu’il ne décevra pas. S’il continue la guerre contre les Palestiniens et s’il favorise les colonies de peuplement illégales dans les territoires palestiniens, il sera conforme avec ce qu’on attend de lui. En revanche, s’il tend la main aux Arabes, il surprendra en bien. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé. Pour M. Obama, c’est le contraire. On attend tout de lui et le meilleur. Il ne pourra que décevoir car, avec la meilleure volonté du monde, il ne pourra pas tout faire.
Avant lui, M. Jimmy Carter avait suscité des espoirs similaires. Il se présentait après les années Nixon-Kissinger et après la pitoyable transition de Gerald Ford. Lui aussi apportait un style neuf, une honnêteté qu’on n’osait plus espérer. Homme de paix, il a multiplié les initiatives pour apaiser l’URSS de Brejnev et tous les feux qu’elle avait allumés partout dans le monde. Lui aussi avait été élu dans des circonstances difficiles, au début de « la crise » provoquée par l’utilisation du pétrole comme arme de pression par les producteurs. Il avait promis qu’il n’y aurait plus de scandales dans la sphère du pouvoir. Las, même dans son camp il y avait des corruptibles et, les étatsuniens, imprégnés de morale protestante ne supportent pas le mensonge et le parjure. Ce genre de promesse non tenue ne pardonne pas. Ici, on peut tout se permettre et se payer le luxe d’être réélu par-dessus le marché.
Trois ans après sa brillante élection, M. Carter était le président le plus impopulaire de l’après-guerre. En 1979, il manquait l’occasion de rebondir : les jurés d’Oslo lui refusaient le Nobel de la Paix au profit de Mère Térésa et devait faire face à la réaction (et non la révolution) iranienne qui avait pris en otage quarante deux diplomates étatsuniens. Deux mois plus tard, les Soviétiques envahissaient Kaboul. Au passage, on paie encore les conséquences de cette invasion. In fine, M. Carter était battu aux élections qui auraient pu lui permettre un second mandat. Et battu par qui ? Hélas ! par un sinistre pitre : l’ancien acteur Reagan, celui-là même qui racontait des blagues au sommet de Versailles tandis que la délégation française essayait, en vain, d’attirer l’attention des grands du monde sur la situation dans le Tiers-monde.
Déjà, l’affaire de la mise aux enchères du siège de sénateur d’Obama donne une idée de l’honnêteté toute relative de ceux qui le soutiennent. Qu’il s’empêtre en Irak ou en Afghanistan et il aura tout le monde à dos. Aucun régime du Moyen-Orient ne lui fera le moindre cadeau. La Chine va le mettre à l’épreuve rapidement, notamment en jouant avec sa monnaie et, probablement, en se lançant dans des provocations concernant le Tibet ou l’Asie centrale. Bien sûr, le pire n’est jamais certain. Pourtant, les larmes de joie versées sur l’immense pelouse de Washington et devant les écrans de TV du monde entier seront vite séchées quand viendront les premières déceptions. Il faudra beaucoup de talent à M. Obama pour tenir le cap.
En cherchant une
photo, j’ai trouvé ces liens :
http://www.huffingtonpost.com/2008/06/21/obama-carter-comparisons_n_108442.html
http://www.nationalinterest.org/Article.aspx?id=20312
