27 juillet 2009
compléments juillet 2009 (1)
Des informations de première main et fiables pour compléter
l’article sur les ethnies administrées par la Chine
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2009/07/08/14338079.html
ce reportage du Monde Diplomatique :
http://blog.mondediplo.net/2009-07-23-Menaces-sur-Kashgar
Un livre à (re) découvrir : Dans la peau d’un Chinois
ou comment l’écrivain Marc Boulet s’était fait passer pour un Ouïgour :
http://marc-boulet.over-blog.com/
26 juillet 2009
Au feu les pompiers !
Comme chaque été, les médias comptabilisent les hectares qui brûlent et les pompiers qui meurent au feu. Les politiques sortent. Les uns pour dire qu’ils vont faire encore plus pour lutter contre les incendies, les autres pour réclamer des crédits à l’Etat pour ne pas entamer leurs propres ressources.
Au moment d’écrire ces lignes, six pompiers ont trouvé la mort en Catalogne. Six veuves et plus encore d’enfants : des femmes qui se sont senties fières d’avoir été épousées par des hommes dévoués et courageux et des enfants tout heureux d’avoir un héros à la maison. Ces hommes courageux, on ne peut que souhaiter qu’ils soient morts asphyxiés car la lenteur des brûlures garantit une mort encore plus douloureuse et longue. Qui s’en préoccupe ?
En Corse, on nous dit que la moitié des incendies est accidentelle et la moitié d’origine criminelle. N’empêche, là comme ailleurs, une fois éteintes les flammes, les terrains rendus inutilisables à court terme sont transformés en lotissements. Tout le monde le sait. Il y a quelques années, le ministre Haroun Tazieff avait été censuré par les médias pour l’avoir déclaré. Il a fallu l’entendre en direct car les propos n’ont jamais été repris. Les hommes politiques pensent y gagner davantage en déclarant qu’ils vont débloquer des crédits pour acheter de coûteux Canadairs qu’en payant quelques bergers qui vont faire paître des chèvres qui vont nettoyer les terrains de ce qui sert à propager les incendies.
A Carpiane (près de Marseille), ce sont des militaires en manœuvre qui ont fichu le feu.
http://marseillelabelle.over-blog.com/
En cause, les balles traçantes qui ont la propriété de brûler à l’endroit de l’impact. On a mis en examen le sous-officier responsable des tirs. Quiconque a connu l’armée sait que ce n’est pas le fait d’un gradé isolé mais de la mentalité qui règne dans la grande muette.
L’armée s’est toujours crue au-dessus des lois qui régissent la société civile. Paradoxe pour une institution dont la seule raison d’être est, précisément, de servir et de protéger la nation. Or, l’armée gaspille, détruit, pollue. Gaspillage des moyens, des munitions, du carburant, de nourriture, des vêtements, d’eau, d’énergie. Des exemples ?
http://marseillelabelle.over-blog.com/article-20719472.html
En 1979, en plein « deuxième choc pétrolier », en
décembre, on a fait tourner des camions à vide sur la place du rapport afin d’user
le carburant pour que la dotation en carburant ne diminue pas et pour pouvoir
en réclamer plus encore. Les camions étaient nettoyés au fioul blanc (gazole).
Il y avait toujours une revue quelconque qui justifiait un nettoyage pour
lequel on ne lésinait sur aucun moyen. Un banc de lavage performant existait au
niveau de la division (la 1ère DB) mais n’était jamais utilisé afin
de faire trimer les appelés. On trouvait encore des chars Patton fonctionnant à
l’essence et qui ne démarraient qu’après avoir brûlé 25 litres la
Nation
Un brave adjudant m’a déclaré qu’une fois, il avait dû, sur ordre de la division, réformer 500 treillis pour le lendemain. N’ayant pas le temps de rappeler les vêtements défectueux il avait été contraint de prendre les 500 qu’il avait sous la main, presque tous encore dans leurs sachets de cellophane.
Ainsi fonctionne l’armée. L’administration civile n’est pas en reste. Dans les bureaux, le gaspillage de papier ne gêne personne. Le moindre employé va déchirer une photocopie légèrement mal centrée. Quand la direction générale demande le tri sélectif dans les bureaux, rien n’y fait. Les gobelets sales finissent immanquablement dans les corbeilles à papier. Les femmes de ménage, peu au fait du recyclage, regroupent les déchets quand, par le plus grand des hasards, une ébauche de tri a été faite par quelques fonctionnaires civiques. Les lumières brûlent en plein jour et le chauffage est à fond en hiver et jusqu’au printemps. Là encore, en fin d’année, on se dépêche d’utiliser toute la dotation car sinon les crédits de l’année d’après seront diminués.
L’Education nationale est sans doute la plus dépensière de toutes. Coutumiers du dédoublement de personnalité, les enseignants, toujours prompts à se plaindre de leurs élèves, ne tarissent pas d’éloge sur l’intelligence des citoyens, pourtant leurs anciens élèves irrécupérables. Il en va de même pour leur sens civique. Militants du développement durables en dehors de leurs établissements, ils photocopient à l’envi, toujours insatisfaits des livres qu’ils choisissent. Ils exigent que leurs élèves utilisent le format A4 dès la sixième, alourdissant les cartables tandis que seule la moitié du recto est utilisée pour les exercices courants et que ces grands cahiers sont loin d’être remplis en fin d’année. Quel exemple ils donnent à leurs élèves !
Alors, dans un tel contexte de je-m’en-foutisme institutionnel, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’à Carpiane, des militaires –et pas seulement ce sous-off –se soient cru affranchis des règles de sécurité minimum et du bon sens courant. En attendant, ça brûle. Le reste du temps, ce n’est pas l’armée qui met le feu. Le ministre de l’Intérieur, M. Hortefeux, répond, fier de lui, à Isabelle Dor de France-Inter Marseille qu’il a fait déférer deux incendiaires. « Pour combien d’affaires qui n’ont pas abouti, demande la journaliste ? – allez, merci… ». En attendant, ça brûle. Des pompiers vont encore y laisser la peau.
* Le même Président avait demandé aux constructeurs
d’orienter leurs recherches vers la voiture qui consomme 3 litres La Commission 20 litres
20 juillet 2009
Inter-Variétés : du Tour de France à la lune
Jeune garçon
(on ne disait pas pré-ado à l’époque), je passais une partie du mois de
juillet, l’oreille collée à mon transistor : je suivais le Tour de France
sur Inter-Variétés. Pour capter cette station, il me suffisait d’actionner le
commutateur et je passais directement de France-Inter en Grandes Ondes à
Inter-Variétés en Petites Ondes aussitôt terminé le journal d’Yves Mourousi que
je ne ratais pour rien au monde.
Après un
indicatif jazzy, une voix familière, celle d’un membre du service des sports
annonçait le programme et l’étape du jour. Tout de suite, il prenait contact
avec les trois envoyés spéciaux : Jean-Paul Brouchon sur la moto, Emile
Thoulouze dans la voiture et Pierre Salviac sur une autre moto pour prendre la
température de l’étape. A l’époque, à part mon quartier de la
Goutte
La magie de
la radio, c’était ça : pouvoir visualiser, pouvoir imaginer. Contrairement à ce qu’on pourrait
penser, l’auditeur n’est pas passif. Dans mon cas, des images formidables
prenaient vie en
écoutant le Tour de France se courir en direct. Les
journalistes faisaient parfaitement bien leur métier. Lorsqu’il y avait des
échappées, l’un d’eux cherchait un point de repère. Il s’agissait d’une
affiche, d’une boutique remarquable, d’une voiture isolée, d’un monument, voire
d’un spectateur qui ferait signe. Une fois d’accord sur ce point, le premier
clamait « top » et aussitôt le deuxième enclenchait son chronomètre.
En passant devant le signal convenu, il l’arrêtait et l’on avait l’écart.
Jean-Paul Brouchon, grâce à la souplesse d’utilisation de la moto, pouvait se
déplacer au cœur de l’action, généralement en tête de peloton ou pour suivre
une échappée. Le mieux, c’était dans les Alpes. Je n’avais pas la moindre idée
de ce qu’était la montagne et encore moins des routes alpines pourtant, je
visualisais comme si j’y étais. Des années plus tard, je découvrais ces routes
que m’avaient décrites les reporteurs de France-Inter et d’Inter-Variétés. En
fait, il n’y a que les lacets que je n’avais pas imaginés, pas plus que je
pouvais savoir que la plupart de ces routes de montagne n’étaient pas
goudronnées à l’époque. Je découvrais aussi que les spectateurs écrivent les
noms de leurs favoris sur la route ainsi que, souvent leur nationalité. C’est
qu’il en vient de toute l’Europe et, parfois, de plus loin encore depuis
quelques années.
Plus tard,
j’ai suivi des étapes du Tour à la télévision. Au début, je me réjouissais de
voir les coureurs en action, de voir leur physionomie, leur style. En fait,
jamais je n’ai vécu les étapes avec autant d’intensité qu’à la radio. Il faut
dire que les commentaires redondants ou déplacés de Chapatte n’aidaient non
plus à la compréhension pas plus que sa mauvaise foi évidente. Avec la
lassitude devant l’évolution du Tour, avec un favori qui ne fait qu’une course
importante par an, le dopage de plus en plus perfectionné, les sommes d’argent
brassées, le mauvais comportement des spectateurs, le spectacle des courses
cyclistes a fini de m’exaspérer.
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2009/07/07/14326287.html
Chaque année,
je ne peux m’empêcher de me remémorer avec nostalgie la grande époque
d’Inter-Variétés. Le souvenir le plus fort reste, en 1974, le démarrage de
Poulidor dans l’ascension du col du Chat,
laissant le grandissime favori,
Merckx, sans réaction. Jean-Paul Brouchon relatait benoitement les efforts des
deux courreurs quand, surpris, il haussa le ton, précipita son débit pour
annoncer le démarrage du grand Raymond. Il me semblait voir les dos voûtés, les
balancements douloureux des corps et l’écart se creuser entre les deux champions.
Le lendemain étant journée de repos, la pression a été telle sur le vétéran
français qu’il a perdu tous ses moyens le surlendemain et le reportage
traduisait au mieux les souffrances du coureur incapable de recouvrer ses
moyens dans le Galibier. Cela, la télévision ne l’aurait pas rendu. Depuis,
chaque fois que je passe par le Chat (au-dessus du lac du Bourget) et par le
Galibier, j’ai une petite pensée pour ces deux coureurs hors-pair.
La coïncidence
des dates fait que France-Inter rappelle cet été l’opération « Radio
Terre » mis en place par Roland Dhordain à l’occasion du premier voyage
sur la lune. Il est bien évident que si je ne connaissais pas les routes du
Tour, je connaissais encore moins l’espace interplanétaire. Quoi que … j’avais
lu « On a marché sur la lune » du grand Hergé et, finalement, pour
moi, ce n’était que redite. Toujours est-il que les flashes d’intervention en
direct de Cap Kennedy (on ne disait plus Cap Canaveral à l’époque) rendait
vivante la conquête de la lune. L’indicatif faisait : « ici Houston –
Houston – Houston - …ton » avec un effet d’écho. Il me semble l’entendre
encore. Il résonne dans mes meilleurs souvenirs. La radio possède cette magie.
Je ne me rappelle quasiment rien de la télévision tandis que des souvenirs de
radio, j’en ai en pagaille. Dans l’ascension des sommets alpins et pyrénéens,
dans la conquête de la lune, la radio, Inter-Variétés, constituait une fenêtre
sur ce qu’il y avait de meilleur dans le monde et dans l’homme. Aucun conte,
aucun film et peu de reportages m’ont apporté autant. Bravo à ces
professionnels de la radio. Ils créaient un métier au fur et à mesure.
Un lien utile
dont on excusera les nombreuses fautes d’orthographe :
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/ete/terre-lune/
14 juillet 2009
14 juillet : embastillage programmé
En parcourant les journaux, on trouve ici ou là l’annonce de
ce qui sera ouvert ou fermé à
l’occasion de la fête nationale. Déjà, depuis
quelques jours, sur les devantures des magasins, des affiches préviennent de
l’ouverture exceptionnelle en ce jour chômé. Or, certaines enseignes utilisent le
drapeau tricolore pour annoncer l’ouverture. Il est particulièrement choquant
que l’emblème national soit détourné précisément pour une démarche qui s’oppose
à la célébration de la fête nationale, c’est à dire de la fête de tous. En ce
jour, au lieu de se reposer, de profiter d’une journée d’été, de se rappeler un
moment important de l’histoire de France et même du monde (presque partout on
connaît le 14 juillet ce qui n’est pas le cas des autres fêtes nationales),
certains travailleront et d’autres dépenseront leur argent.
Depuis plusieurs années, les jours fériés sont pris avec
plaisir tant ils offrent une possibilité de coupure en attendant les vacances.
Ces jours sont mis à profit pour le repos et, surtout, pour d’autres activités
auxquelles on ne peut se livrer le reste du temps faute de disponibilité.
Pourtant, la plupart ignore le pourquoi du comment et cela contribue à
culpabiliser ceux qui ont le privilège de pouvoir chômer ces jours. Il suffirait
qu’on ait une petite pensée pour l’origine de la dédicace pour redonner un sens
aux jours fériés et rappeler qu’ils n’ont pas été inventés pour les fainéants.
Avec le 1er mai, le 14 juillet est probablement le plus populaire.
Il survient en été et donne lieu à une débauche de débordements et de
mouvements de liesse : pétards et bals traditionnels. Le détournement de
la fête nationale par l’armée depuis des lustres contribue fortement à
entretenir la confusion.
Qu’on ouvre boutique le 14 juillet passe encore (c’est dans
l’air du temps et il ne faut pas s’en réjouir) mais qu’on attire le client en
arborant l’emblème national que, précisément, on bafoue en ouvrant, cela ne se
doit pas. Le jour anniversaire de la prise de la Bastille

12 juillet 2009
Rhoda Scott à Toucy
Mon histoire avec Rhoda Scott se perd dans la nuit de l’enfance lorsque j’écoutais la radio qui était la seule fenêtre ouverte sur le monde chez moi. A l’époque, le grand Yves Mourousi avait besoin de place, lui aussi. Il emmenait toute son équipe hors des studios et présentait un journal parlé de deux heures où alternaient l’actualité, les reportages, les entrevues et un peu de variété. C’est ainsi que, une fois, il avait eu l’idée de présenter son émission « Inter-Actualité magazine » en direct de l’Opéra de Paris. En même temps, ça donnait une image un peu moins austère du monument de Garnier.
http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2006/07/24/2347188.html
A un moment, il annoncé Rhoda Scott. Alors, les sonorités et le rythme ensorcelants de l’orgue Hammond ont éveillé en moi quelque chose qui devait s’appeler la beauté. Je n’avais jamais entendu quelque chose d’aussi fort et qui correspondait pleinement à ma personnalité en devenir. Il y avait tout dans ce que j’entendais. Ainsi que rappelé précédemment, ce n’est que quelques années plus tard que j’ai découvert le visage de Rhoda dans une autre émission d’Yves Mourousi, passé à la tv entre-temps. Je découvrais aussi ce curieux instrument qu’est l’orgue Hammond que j’appelais l’orgue électrique. Les années ont passé. J’ai entendu d’autres musiques, vu d’autres beautés mais je gardais, comme un trésor caché le souvenir des notes de Rhoda Scott. La chance a voulu que je fasse sa connaissance à l’occasion d’un reportage que j’ai effectué lors du « Sommet du jazz » de Serre-Chevalier. Rhoda Scott est une femme d’une rare simplicité et d’une grande gentillesse. Je lui ai raconté l’anecdote et nous avons sympathisé. Lors de son départ, je suis allé lui dire au revoir sur le quai de la gare juste avant d’aller interroger le grand Didier Lockwood. Elle et son entourage ont été très contents de me revoir après son concert. J’étais devenu un familier de la grande dame et tous l’avaient compris.
Depuis, j’ai eu l’occasion de la revoir aussi souvent que ses déplacements le permettent. Ainsi, chaque fois que je traverse le village de Cravant, je pense à ce concert donné un soir de printemps et à la confusion que j’avais faite l’après-midi en voyant sortir de l’église une petite nana qui ressemblait à Rhoda. En fait, c’était elle. Comment fait-elle pour paraître aussi jeune ?
Cette fois, Rhoda était l’invitée d’honneur du premier
festival de jazz de Toucy, capitale de la Puisaye. On
Rhoda interprète les morceaux de jazz qu’elle a arrangés
pour son instrument. Pourtant, il me semble que là où elle excelle, c’est
lorsqu’elle revisite les negro spirituals.
Cette musique sortie de la chair des Noirs travaillant dans les plantations
d’Amérique communique à travers les âges une force et traduit une émotion
incomparables. Rhoda sait particulièrement rendre le rythme du travail forcé
avec son instrument et l’on croit ressentir la sueur et les larmes d’espoir de
leurs lointains auteurs. Et puis –pourquoi ne pas le dire –lorsque l’espoir du
peuple noir rejoint Bach, c’est l’apothéose. A Toucy, la toccata en ré mineur s’est fondue dans « Autumn leaves »,
preuve que Bach reste le compositeur le plus moderne. Un jour Rhoda Scott m’a
dit : « Bach, c’est le plus grand jazzman de tous les
temps ! ». Quand la
fameuse toccata introduit
« Sometimes, i feel like a motherless child », l’émotion vous
submerge. A bientôt, Rhoda !
Rhoda Scott a été rejointe par le saxophoniste Ricky Ford, principal animateur du premier festival de jazz de Toucy.
08 juillet 2009
La Chine malade de ses minorités ?
Après les Tibétains, ce sont les Ouïgours qui se font taper dessus. En fait, comme eux, cela fait bien longtemps qu’ils sont réprimés dans l’Empire du Milieu. Seulement, comme c’est loin, on n’en parle que lorsque l’armée chinoise en fait un peu trop. La répression au quotidien n’intéresse personne sauf ceux qui en sont victimes.
La Chine

Le monde ne manque pas de conflits latents de ce genre. Un
coup de force perpétré à un moment donné de l’Histoire a fait basculer un
territoire et ses habitants sous une coupe étrangère hostile. Parfois, c’est
même un traité reconnu par tous qui légalise l’occupation étrangère. C’est le
cas de la Cilicie la Turquie. D
L’Amérique latine a aussi ses sources de conflits. Souvent,
un Etat a possédé dans le passé un territoire qui lui a été retiré par une
population qui n’en voulait pas. Les livres d’histoire et de géographie de ces
pays parlent de « territoires contestés ». Il s’agit, notamment, du
Bélize revendiqué par le Mexique, de la cordillère du Condor revendiquée par
l’Equateur, les Malouines réclamées par l’Argentine. En revanche, que dirait le
Mexique si le Guatémala réclamait le Chiapas qui lui a appartenu dans le passé
et dont la population possède une évident parenté avec le petit pays ? Que
diraient le Chili, le Paraguay et l’Argentine si la Bolivie
Pour ajouter à la confusion ou, tout simplement, par ignorance, les commentateurs évoquent des « affrontements inter-ethniques ». C’est faire le jeu de Pékin qui considère que tout son territoire est chinois et doit être sinisé. D’abord, on donne à ces pays des noms en langue mandarine. Ainsi le pays des Ouïgours, le Turkestan oriental est devenu le Xinjiang, ce qui signifie en chinois “nouvelle possession” et le Tibet est le Xizang. Ensuite, on rend minoritaires chez eux leurs populations. L’administration et l’armée sont chargées d’imposer ces changements. Ainsi, l’heure à Kachgar ou à Lhassa est la même qu’à Pékin à l’extrémité du continent. Que dirait-on si l’on parlait d’affrontements inter-ethniques chaque fois qu’une population occupée résiste contre son occupant ? Parle-t-on d’affrontement inter-ethniques quand les Palestiniens affrontent les Israéliens, pourtant beaucoup plus proches ethniquement ? Aurait-on osé qualifier d’affrontements inter-ethniques les conflits entre les Français et les Allemands ou pire encore, de la volonté des nazis allemands d’éliminer les ethnies non germaniques de son territoire.
Ce que l’on veut bien qualifier d’ignorance sert les intérêts de Pékin à l’étranger. Tant que l’on considérera les révoltes des indigènes contre l’occupation chinoise comme de simples « affrontement inter-ethniques », on donne raison aux Hans de vouloir remettre de l’ordre dans leur pays. Leur pays est constitué en grande partie de territoires obtenus à l’issue de guerres d’annexion menées par les empereurs et autres seigneurs de guerre. Malgré l’internationalisme affiché depuis la prise du pouvoir par les communistes au siècle dernier, prompts à défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes aux tribunes de l’ONU et des sommets des non-alignés, l’occupation des territoires non chinois continue avec l’appui des grands puissances.

En fait, on essaie toujours d’occuper une parcelle de l’autre et si possible de le faire partir. A l’échelle individuelle, il suffit de prendre l’escalier d’une HLM pour s’en faire une idée. Un locataire va commencer par laisser sécher son parapluie sur le palier et, presque tout de suite, son déposer chariot, puis ses vélos, puis ses chaussures, puis ses pommes de terre. L’idée est d’occuper le plus possible le palier à son profit, de s’en approprier la plus grande surface. Ainsi, on suggère que l’étage appartient à celui qui occupe le plus les communs. On pèsera plus quand il faudra prendre en collectivité une décision. Cette démonstration de force est destinée à impressionner les voisins et le gardien de l’immeuble. Si un voisin proteste, alors, il y aura conflit et, celui qui occupe le plus perdra le moins dans le cas, fort rare, où justice serait faite. Tout au plus, il rentrera ses godasses et ses patates mais comme l’autre n’y mettra pas les siennes par respect de la loi commune, le premier réoccupera l’espace assez rapidement et là, personne ne dira plus rien. Le voisin lésé se retrouvera tout seul ou s’écrasera.
A l’échelle planétaire, c’est bien ce qui se passe. Les Chinois –mais pas seulement eux –jouent ce rôle du voisin irascible à qui tout le monde finit par donner raison tant qu’il met ses bottes devant la porte de ses voisins et qu’on n’est pas sur le même palier.
07 juillet 2009
Tour de France : ce qu'il est devenu
Qu’on le veuille ou non, le Tour de France demeure un événement de toute première importance, ne serait-ce que parce que son départ coïncide avec le début de la période des vacances. Pourtant, il y a bien des années qu’il n’arrive plus à mobiliser le pays tout entier dans une joyeuse atmosphère où chacun pouvait adresser ses commentaires à quelqu’un en sachant parfaitement que l’autre y répondra et en rajoutera. Tout le monde était au courant de ce qui s’y passait. Tout le monde baignait dans le Tour. Tout le monde avait quelque chose à en dire. Tout le monde avait ses favoris et ceux qu’on détestait presque. Encore aujourd’hui, on évoque les duels entre Fausto Coppi et Louison Bobet, Anquetil et Poulidor, Merckx et Thévenet. Curieusement, il serait difficile de prolonger la liste. A partir d’Hinault, on sait qui va gagner à l’avance. Il faut un accident pour déjouer la fatalité et tout le monde ne va pas au cirque pour voir dévorer le dompteur. Les critériums d’après Tour sont beaucoup moins nombreux et il importe peu de se faire remarquer. Les coureurs ont pris l’habitude de viser des classements intermédiaires ou une victoire d’étape. Les chefs d’équipes fixent leurs objectifs. L’un veut la victoire finale. Il n’aura pas vraiment d’opposant. L’autre veut y croire mais n’a pas le soutien de la presse, partant du public. Un autre encore vise le maillot vert ou celui de la montagne. Depuis qu’il est blanc à pois rouge, on le voit (avant il n’y avait pas de signe distinctif). Quantité d’autres espèrent une victoire d’étape mais, pour cela, il faut l’accord du chef d’équipe et, surtout, des sponsors. En fait, les victoires d’étapes sont le plus souvent achetées. Les sommes en jeu sont énormes et l’achat d’une épreuve ne représente pas beaucoup dans un budget ou dans les revenus d’un professionnel de haut niveau.
Cette évolution a détourné quantité de passionnés. Les énormes moyens mobilisés pour le chef d’équipe ont achevé les amateurs de courses cyclistes. L’oreillette (interdite cette année) pour suivre les indications du directeur sportif dans sa voiture, le changement de vélo quand avant on changeait juste la roue, ont détruit la part d’incertitude du sport. Dans un récent entretien, l’ancien coureur Raymond Riotte rappelle que pour tous les anonymes, le Tour était une occasion de se faire remarquer. Certes, depuis Anquetil, toute l’équipe se met au service d’un chef qui partagera ses primes en cas de victoire. Cependant, les porte-bidons pouvaient briller au moins un jour où ils se sentaient en forme. C’était le temps des longues échappées, des passages de col en force. Depuis Hinault, les co-équipiers servent surtout à empêcher les autres prétendants de gagner, surtout le jour où le champion se sent un peu moins à son aise. Ils l’accompagnent et n’ambitionnent même pas une victoire d’étape ou un classement intermédiaire. Ils ne sont pas payés pour…
On disait souvent pique pendre de Merckx, de son envie de tout gagner et du mal qu’il faisait en décourageant ses adversaires. Pourtant, il gagnait et ne se demandait pas si une victoire lui apporterait quelque chose de plus. Il gagnait, c’est tout. Malgré une supériorité évidente, il ne manquait pas d’adversaires et les duels qu’il ne gagnait pas toujours passionnaient les foules. Depuis quelques années, la passion a laissé la place au fanatisme. On court à côté des coureurs, en haut des cols, le grimpeur doit se frayer un passage entre les spectateurs qui veulent le toucher, le déséquilibrent et, parfois, le font tomber. Ils sont couverts de bleus à l’arrivée. La course à la performance a remplacé l’exploit sportif. Tout comme les stades de football qui ne réunissent plus seulement les passionnés mais nombre de fanatiques souvent violents, les routes du Tour de France ont remplacé les arènes antiques où les gens se repaissaient de spectacles violents, du sang qui coulait et de morts à la fin. Si l’on n’attend plus de morts, on recherche l’expression de la force dans sa brutalité. On veut un super champion et par tous les moyens. Les sponsors l’ont bien compris. Malgré la tricherie et le mensonge, la popularité d’un Virenque n’a jamais faibli. Les marques se battaient pour qu’il coure pour elles. Voilà quelqu’un qui a longtemps déclaré les larmes aux yeux qu’il ne se dopait pas. Finalement, en changeant d’avocat, il a avoué. Le même a acheté une victoire d’étape à Ulrich en 1997. Comme par défi, les spectateurs hurlaient encore plus fort après l’affaire. Le message était clair : on défend notre héros envers et contre tout. On a les héros qu’on mérite, n’est-ce pas ?
Malgré la tricherie évidente de Lance Armstrong, il a retrouvé toute sa popularité avant même le départ du Tour. Venu d’un pays resté la seule super-puissance, il jouit, par définition, de l’appui de ce type de supporteurs toujours prêts à se ranger au côté du plus fort, de celui qui gueule le plus fort, parfois. Le journal L’Equipe, qui monopolise l’information sportive depuis des décennies et organise le Tour, a attendu l’arrivée du dernier Tour de France auquel il participait pour sortir une enquête sur Armstrong. Cette année, on n’en parle plus. Il n’est question que du retour du septuple vainqueur et de la cause qu’il défend : la lutte contre le cancer. Rappelons que c’est le traitement post cancéreux qui permet au champion d’outre Atlantique d’absorber des produits dopants en toute légalité. Sa préparation a été entourée du plus grand secret. Des gardes du corps l’escortent en permanence. Il s’est assuré les services d’un médecin spécialiste du dopage afin de connaître les produits indécelables. Il n’y aurait rien d’étonnant qu’il remporte son huitième Tour et, pourquoi pas dix ? A l’issue de la quatrième étape, le Tour semble déjà plié.
La France
Le Tour de France est loin d’être mort mais il ne fait plus rêver.
05 juillet 2009
transports tropicaux : des profiteurs et des larmes vite séchées
L’accident qui s’est produit au large des Comores n’a rien qui puisse surprendre quiconque connaît un peu les pays dans lesquels une stricte législation concernant les transports n’existe pas ou, du moins, n’est pas respectée.
Il faut dire tout de suite que dans ce qu’on peut appeler
–pour simplifier –les pays du Tiers-monde, les transporteurs sont les
véritables maîtres et les chauffeurs de véritables seigneurs. L’apogée de cette
suprématie a été, au Chili, la grève des camionneurs (soutenue par le trust ITT
et la CIA
Au jour le jour, on est loin de l’appareil répressif de la junte chilienne. Cependant, les transporteurs règnent sur toute l’économie et interviennent au quotidien dans la vie des personnes les plus humbles. Concernant l’économie générale, ce sont eux qui acheminent les marchandises. Pas la peine d’en rajouter puisque c’est leur raison d’être. Au jour le jour, ils permettent les déplacements pour aller au marché dans une autre ville, pour rendre visite à un proche, pour aller passer un examen. C’est dans ces occurrences que l’on mesure leur pouvoir.
D’abord, les transports partent à l’heure où ça les arrange le mieux obligeant parfois les clients à se lever aux aurores et à poireauter en arrivant à destination en attendant que les commerces et les administrations ouvrent. Il est vrai qu’il n’est nul besoin d’aller si loin pour trouver des horaires de trains ou de cars inadaptés.
Ensuite –et c’est le point le plus important –ils pratiquent les tarifs qu’ils veulent. Les chauffeurs ou leurs aides estiment à la tenue vestimentaire quelle somme ils peuvent exiger. Les locaux vont négocier le tarif tandis que les étrangers, peu au fait de ces pratiques vont raquer. Parfois, une personne s’improvise intermédiaire et négocie par avance. Ça peut être plus avantageux dans la mesure où l’on peut expliquer les raisons de son déplacement et les moyens réels dont on dispose.
Jusque là, il n’y a rien de bien méchant. Simplement, ici, nous sommes habitués à l’affichage des prix et à l’égalité de traitement. Les tarifs préférentiels sont bien acceptés même quand on n’en bénéficie pas. Ce marchandage sur le bord des routes passe pour folklorique vu d’ici. Ça l’est un peu moins quand on sait que ces pratiques ont lieu dans les pays industrialisés, dans les ambassades et, surtout, dans les agences de voyages pour le transport maritime et, surtout, le transport aérien.
Ce qui choque, véritablement, c’est que le véhicule ne
partira que lorsqu’il sera plein à ras bord. Tant qu’il arrive des clients, on
les prend, eux, leurs bagages, leurs marchandises, leurs animaux. Si le
véhicule démarre, pas de problème. Tout le monde est entassé mais content. Bien
sûr, on s’arrêtera pour prendre d’autres clients en cours de route. Ces arrêts
permettront d’ailleurs aux passagers en place de se dégourdir les jambes car on
est serré. S’il tombe en panne, pas de problème : on répare sur la route
avec les moyens du bord. Dans ces pays, les mécaniciens font preuve d’une
ingéniosité qui force l’admiration. Les voyageurs s’organisent. Si la panne
survient dans un village ou mieux une ville, c’est encore mieux. On trouvera à
manger, à boire et pour dormir. Si c’est en rase campagne, les plus malins
trouveront un arbre pour s’abriter du soleil et improviseront une sorte de
campement. Bien peu protesteront. On sait que ce sont les aléas. On est déjà
bien content d’avoir pu partir.
Revenons sur les véhicules. La plupart sont des véhicules
d’occasion et la plupart en bon état au moment de l’achat. Cependant, nombre
d’entre eux ne le sont pas. Dans tous les cas, ils sont entretenus au minimum,
réparés avec des pièces d’occasion voire avec un bricolage fait de bois, de
plastique, de ferraille. L’essentiel est de dépenser le moins pour le
véhicule
et de gagner le plus. Nous avons déjà dit qu’on charge tant que le véhicule
peut démarrer. Les amortisseurs sont écrasés, partant inefficaces. Qu’importe
le confort du moment qu’une roue ne reste pas dans un trou sur la route. Encore
une fois, personne ne s’en plaint du moment qu’on est parti et qu’on avance. On
sait qu’on arrivera. Voire. Le long des routes d’Amérique latine, d’Asie et,
surtout, d’Afrique, il n’est pas rare d’apercevoir les restes d’un camion, d’un
car, d’un mini-bus, d’une voiture. Cela fait froid dans le dos (ce qui n’est
pas mal venu quand on souffre de la chaleur) en voyant ces carcasses au fond
d’un ravin, en dessous de la route où l’on se trouve et où l’on croise d’autres
véhicules. Là encore, peu s’en émeuvent. Ça fait partie des risques. On le
sait.
Bien entendu, les routes, déjà soumises à des variations météo extrêmes telles que les fortes chaleurs suivies, parfois sans transition, de pluies diluviennes, d’inondations doivent encore supporter ces poids lourds surchargés ajoutés aux engins spéciaux qui se rendent sur les chantiers.
Seigneurs, les chauffeurs de camion sont conscients de leur force. Ils se conduisent comme tels. Ils prennent les autostoppeurs qu’ils veulent. On leur fait place nette dans les restaurants et les hôtels. On trouve normal qu’un chauffeur fasse chauffer son moteur à 4 heures du matin sous les fenêtres des autres clients. Quelque soit leur comportement, personne ne trouve à redire. Ils sont conscients d’appartenir à une caste dominante puisque liée au progrès du siècle passé. Ce sont les nouveaux chevaliers, l’esprit chevaleresque en moins.
Jusque là, ici, nous affichons une belle indifférence. Peu
de Blancs s’aventurent dans ces contrées, encore un peu moins circulent avec
les indigènes. En France, on s’indignera parce que le TER (train en retard)
parvient avec un quart d’heure de retard et que la SNCF
Dans
bien des pays existent des golfes parsemés d’îles, des lacs navigables voire
des rivières. Les bateaux sont chargés à ras bord, au sens propre cette fois.
Il arrive qu’ils coulent comme au large du Sénégal en 2002 faisant environ 750
morts. Environ car on ne peut savoir le nombre exact vu que beaucoup n’avaient pas
de billet mais s’étaient arrangés avec un des marins du bord pour voyager.
Encore une fois, tant que le véhicule peut démarrer, on charge. D’ailleurs,
jusqu’à présent, n’est-il pas toujours parti ?
A l’occasion de la chute en mer d’un avion, on découvre qu’il en est de même pour le transport aérien. On charge la soute à bagages, on met deux enfants par siège sans compter les « bagages en main », c'est-à-dire tout ce qu’on essaie de garder avec soi pour ne pas payer de supplément. Sur certaines destinations, on en emporte autant qu’on en a mis dans la soute. Dans des conditions de navigation difficiles, ces négligences ne pardonnent pas ; pas plus que sur route d’ailleurs mais c’est plus spectaculaire.
la France. On La Mecque
Dans les deux derniers accidents évoqués, les fortes
communautés sénégalaise et comorienne de France se sont mobilisées. Ces gens
vivent en France depuis longtemps et tolèrent moins que leurs compatriotes ses
coupables errances. Ici, ils ont l’habitude de prendre le train, le car, le
bateau, l’avion et d’arriver sains et saufs à peu près à l’heure. Ils sont
conscients que, lentement et sous leur impulsion, les choses s’améliorent dans
leurs pays d’origine. Ils sont d’autant plus scandalisés quand les pratiques en
vigueur au pays ont cours ici, dans des agences de voyages qui ont pignon sur
rue ou qui exercent dans un pays qui croule sous les réglementations. Ces
agences de voyages dénoncées par les nombreux Comoriens de Marseille apportent,
ici même, ce qu’il y a de pire chez eux. La réaction des proches des victimes
est d’autant plus forte qu’ils se croient à l’abri de ce genre d’accident en
achetant un billet au départ de
Si les choses évoluent lentement –trop lentement –dans ces pays lointains, il est tout à fait intolérable que ces pratiques de margoulins, de maquereaux, de maquignons aient cours dans l’Union Européenne.

Quelques liens en rapport avec de belles photos :
http://wiki.france5.fr/index.php/LES_ROUTES_DE_L%27IMPOSSIBLE_-_CONGO_-_LE_SALAIRE_DE_LA_SUEUR
http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=5115
un blog avec plein de photos de transports en Amérique :
http://www.greg-et-so-en-sac-a-dos.com/
01 juillet 2009
Un TGV sur la Côte d'Azur ou un TER rapide ?
http://www.lgvpaca.fr/scenarios.php
comme on pouvait s’y attendre, les élus ont eu raison de
logique du TGV qui, rappelons-le, signifie Train à Grande Vitesse. A moins
d’une aberration en matière énergétique consistant à installer un moteur qui
monte vite en puissance associé à des freins puissants capables d’arrêter
rapidement des vitesses dépassant les 250 km/h
Or, les élus et les candidats aux élections mettent un point
d’honneur à demander l’arrêt du TGV dans leur circonscription. Ils sont sûrs
de recueillir l’approbation de tous, à
commencer par ceux qui ne prennent jamais le train. De même, ils réclament qui
le passage d’une autoroute, qui la création d’une sortie dans leur fief. Ainsi,
le TGV Rhin-Rhône a-t-il traîné pendant des années, principalement à cause de
l’obstination des élus de Franche-Comté qui exigeaient les arrêts à Belfort,
Besançon, Dole, Lons-le-Saunier. Les autres régions françaises étaient prêtes,
les régions allemandes aussi, jusqu’à la Catalogne
C’est un peu ce qui s’est répété en Provence où les élus veulent
à tout prix que le TGV remplace les trains régionaux et assurent la desserte de
la Côte-d la Blancarde
Un tracé plus au nord aurait permis au TGV de rouler à grande vitesse, ce qui est sa seule raison d’être. L’avantage, outre le temps gagné aurait été de pouvoir échelonner les travaux au fur et à mesure de l’avancée de la construction. Nice aurait été desservie la première puis une branche aurait pu être construite vers Toulon et l’on aurait pu envisager une autre vers Digne afin de désenclaver les Basses-Alpes. En outre, ce tracé aurait longé l’autoroute A8, limitant les nuisances sonores et sur l’environnement. L’inconvénient majeur aurait été de relier Nice à Lyon et Paris en occultant Marseille. La traversée du Luberon aurait également porté préjudice à la tranquillité des lieux mais ce n’est pas cet argument qui a été pris en compte, comme on peut s’en douter.
Bien entendu et, quelque soit le tracé retenu, les futurs
riverains ne manqueront pas de protester et on peut les comprendre. Compte tenu
du relief et des autres contraintes, le résultat devrait ressembler davantage à
un métro souterrain (genre RER) qu’au train de la Riviera.
Au total, l’ineffable Gaudin aura réussi à embobiner les élus locaux et à faire plier les partisans d’autres tracés. Comme très souvent avec lui, le projet retenu demeure un monument de flou même pas artistique puisque l’itinéraire n’est qu’un accord de principe et que la réalité va se heurter aux nombreuses collines, à la mer, à l’urbanisation, aux difficultés d’accéder au chantier en milieu accidenté. Avec lui, on ne sait pas d’où partiront les trains –qui ne seront plus à grande vitesse –ni où ils arriveront, ni par où ils passeront. On ne sait pas plus qui financera et à quelle hauteur. Qu’importe. En fait, son seul projet d’avenir c’est qu’on dira de lui à sa mort : il est à l’origine du TGV PACA mais n’aura pas eu la chance de l’inaugurer vu les retards à répétition. C’est que certains appellent « la politique ».
28 juin 2009
Jackson Fawcett
Il n’y a rien de pire pour un mort que de mourir le même
jour qu’un autre plus célèbre. C’est ce qui est arrivé à la belle Farah Fawcett
emportée peu avant Michael Jackson. C’était déjà arrivé à Yul Brynner, le jour
de la disparition d’Orson Welles. Plus loin mais différemment, Jean Cocteau
n’avait pas survécu en apprenant le décès d’Edith Piaf.
Farah Fawcett incarnait la beauté pour tous les adolescents qui l’ont découverte dans les Drôles de dames. Les garçons voyaient ce que pouvait être la beauté féminine et les filles rêvaient de lui ressembler à une époque où l’on en recyclait pas encore les blagues les plus éculées en histoires de blondes.
Michael Jackson laisse un grand vide. On l’a détesté ces dernières années. Ses frasques –réelles ou supposées –avaient fini par nous dégoûter. C’était lui qui était fini. Et puis, patatras, voilà qu’il meurt à cinquante ans, lui, l’éternel adolescent. On découvre que, en fait, on n’a jamais cessé de l’aimer, un peu comme Elvis pour une génération précédente. Il suffit de réécouter la première version de la chanson de Diane Dufresne : « Tu vieillis mal, Elvis. T’aurait p’t être dû mourir. ». Après sa mort, la chanteuse fan a changé cette ligne : « T’as vieilli mal Elvis mais t’avais pas le droit de mourir ».
http://www.youtube.com/watch?v=E_FzgtLVzbI&feature=featured
Il en est ainsi pour tous ceux qu’on aime. On croit oublier, on croit que le ressentiment est le plus fort mais face à la réalité, c’est l’amour qui se révèle.
Après la tristesse, on doit supporter le voyeurisme médico-légal. Heureusement, les fans du monde entier savent le faire revivre avec leurs touchantes tentatives de lui ressembler et d’imiter son pas de danse.
