Si la France est le pays le plus visité au monde, ça n’est pas seulement parce que c’est un beau pays. Des beaux pays, il y en a d’autres et où l’on est autrement mieux accueilli qu’en France. Les étrangers viennent massivement en France parce qu’ils savent trouver une qualité de vie qui n’existe nulle part ailleurs. Ils savent compter sur des divertissements de qualité qui ne sont possibles que parce que la culture est subventionnée : musées, spectacles, cinéma, monuments historiques, festivals d’été. Partout des fonctionnaires assurent le bon accueil ou le bon fonctionnement. Autre particularité française, le nombre de bénévoles qui s’affairent pour rendre possible tout cela. Les visiteurs savent aussi pouvoir compter sur un réseau de santé publique performant en cas de problème. Ils savent que la sécurité est assurée : en ville, sur route, à la plage, à la montagne. Ils savent qu’ils peuvent se déplacer partout dans de bonnes conditions. Et il y a peu de pays dans le monde où l’on trouve tout ça en même temps. Si, comme telle est la tendance, on devait employer de plus en plus l’imparfait, ça serait catastrophique pour ceux qui vivent en France mais aussi pour tout le secteur du tourisme. Ça n’est pas en placardant des affiches publicitaires à l’étranger ni en diffusant des vidéos pour vanter la France que les touristes vont venir. Tout le monde connaît la France. Si la France continue de perdre ce qui fait son charme, sa qualité de vie, parce que, pour des raison dogmatiques, on affaiblit ses moyens et ses leviers, on affaiblit un État fort et performant (en le rendant impuissant), les étrangers ne viendront plus aussi nombreux.

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Nous avons vu que certains services publics font tout pour diffuser l’idée qu’ils ne sont plus là pour rendre service mais pour commercialiser des produits dans leur « boutique ». Les employés ne doivent plus paraître comme des fonctionnaires mais comme des « commerciaux », et pas seulement pour faire sauter le verrou du CDI. Ces services publics ont honte de leur héritage, de leurs valeurs et veulent contribuer à diffuser cet égoïsme mondialisé qui veut mettre les pays en concurrence, les populations en concurrence et les individus en concurrence avec leurs semblables. Chacun est appelé à se débrouiller pour se soigner, pour se déplacer, pour sa retraite, pour l’aide aux anciens et au petits. Chacun est incité à écouter les conseils de ces « commerciaux » rémunérés à l’acte et qui cherchent à placer leur produit phare. La notion de solidarité, de nation, même, est mise en cause par cette évolution lente qui s’appuie sur les instruments de propagande que sont les médias aux mains des groupes financiers ou industriels (dont Bouygues) en reconversion. D’abord, on recourt à l’argument spécieux : la situation est grave, l’État coûte cher. Ensuite, vient la solution : quittez le navire tout seul, vous occupez pas des autres et confiez nous vos sous. Tous les jours des chroniqueurs viennent nous convaincre qu’il faut abandonner toute idée de collectivité. Ils sont relayés par les humoristes chargés de ringardiser les valeurs qui ont fondé les nations et particulièrement la France issue des Lumières.

À l’occasion du choc que représente l’actuelle mutation du monde et de chacun de ces composants – nations, individus, entreprises, collectivités – les puissances financières tentent d’imposer leurs intérêts à des individus désemparés, des collectivités affolées, un personnel politique dépassé. Pourtant, chaque soubresaut de la crise, chaque nouveau choc (crise de l’énergie, crise de l’immobilier, crises financières) met en évidence que ce sont les valeurs de solidarité, coordonnées par des pouvoirs publics forts (l’État) qui ont permis de limiter les dégâts et éviter aux plus vulnérables de rejoindre la cohorte de ceux qui sont à la rue et, qui plus est, aux responsables de ces crises de se renforcer grâce aux aides de l’État. Normalement, les services publics ne sont pas là pour renflouer les erreurs de gestion et les prises de risques des entreprises privées. Ils ne sont pas là non plus pour assurer le SAV de l’inconséquence de la recherche du profit à tout prix. Les services publics contribuent à une réelle qualité de vie et à faire que chacun voie dans l’autre, non pas un adversaire à éliminer mais un semblable qui partage le même sort sur bien des points de vue.

 

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